Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 mai 2007 7 06 /05 /mai /2007 22:04


Actrices favorites Hitchcock titre
 
Alfred Hitchcock était réputé pour son goût prononcé pour les belles actrices qui ont, pour la plupart d'entre elles, contribué au succès de ses films.
Il a dit un jour à François Truffaut qu'il n'aurait pas pu tourner un film avec Marilyn Monroe ou Brigitte Bardot car leurs intentions étaient trop clairement affichées, elles portaient, selon lui, le sexe sur leur figure. Il leur préférait les beautés froides qui "passent pour des femmes de la bonne société en public et vous arrachent votre braguette si vous vous trouvez seul avec elles dans un taxi".
Le meilleur exemple se trouve dans La Main au collet, quand Grace Kelly belle indifférente et austère est raccompagnée jusqu'à sa chambre d'hôtel par Cary Grant et au moment de le quitter, sans que rien ne le laisse présager, l'embrasse fougueusement.
Nul doute que les frustrations du réalisateur étaient nombreuses et il reportait son affection, voire son surcroît d'amour sur les actrices répondant à ses critères de beauté et les façonnait à sa manière.
Parmi les plus célèbres, qui ont plus ou moins fait l'objet de fascination, citons Ingrid Bergman, Grace Kelly ou Tippi Hedren, mais il y en a eu beaucoup d'autres, ne répondant pas forcément au stéréotype convenu des héroïnes hitchcockiennes, blondes et froides.

Je vous propose une promenade en charmante compagnie.
 
 
 
 

 

 

 

 


Madeleine Carroll   Carole Lombard regard
(1906-1987)
 

 
Les 39 Marches (1935) : Pamela
(The 39 steps)

Quatre de l'espionnage
(1936) : Elsa Carrington
(Secret agent)

Madeleine Caroll et Hitchcock
 
Incontestablement la première actrice qui a envoûté le metteur en scène qui n'en était encore qu'à ses débuts. Elle avait été remarquée quelques années auparavant par son épouse et fidèle collaboratrice Alma Reville sur le tournage d'un film et il avait souhaité travailler avec elle. Elle s'est donc retrouvée à l'affiche de deux films successifs en 1935 et 1936 pour le plus grand plaisir d'Hitchcock, mais non sans avoir émis quelques réticences avant d'accepter.
Actrice pétillante et pleine de charme, au caractère bien trempé, Madeleine Carroll provoquait chez Hitchcock, dont les frustrations étaient nombreuses, une fascination réelle. Tour à tour Pamela dans Les 39 marches et Elsa dans Quatre de l'espionnage, elle donne la réplique à Robert Donat dans le premier film et à Robert Gieglud dans le second avec le même bonheur.
Son talent était éclatant mais Hitchcock lui demandait avant tout d'être elle-même et de ne pas chercher à s'inventer un personnage.
Elle a été la première actrice répondant au stéréotype hitchcockien, blonde et récalcitrante, froide et distinguée.
Ce sera la seule comédienne de la période anglaise, qui prend fin en 1939, à avoir vraiment compté pour le réalisateur.
Née en 1906 et morte en 1987, elle a arrêté sa carrière prématurément peu après la seconde guerre mondiale.
 
Madeleine-Carroll-1935-2.jpg
 
 
Pellicule-Hitch4.jpg

Joan Fontaine   Joan Fontaine regard
(1917-2013)


Rebecca (1940) : Mme De Winter

Soupçons (1941) : Lina Mac Kinlaw
(Suspicion)


Hitchcock et Joan Fontaine
Joan Fontaine a été choisie parmi une quantité impressionnante de candidates pour interpréter, dans Rebecca, le rôle de la nouvelle Mme de Winter, dont le prénom n'est jamais cité dans le film.
Pour cette première réalisation américaine d'Hitchcock, après bien des essais, quatre actrices restaient en concurrence : Margaret Sullavan, Anne Baxter, Olivia de Havilland et Joan Fontaine, sœur de cette dernière qui avait été l'héroïne de Autant en emporte le vent et s'est donc effacée pour laisser la place.
Le producteur David O. Selznick réussit à imposer Joan Fontaine et finalement Hitchcock ne regretta pas ce choix.
L'actrice dégageait en effet une profonde sensibilité et une fragilité qui firent merveille, aussi bien dans Rebecca que dans Soupçons qu'elle tourna l'année suivante. Elle a d'ailleurs été nommée pour chacun des films comme meilleure actrice aux oscars et l'a obtenu pour le rôle de Lina Mac Kinlaw dans Soupçons qu'elle interprétait aux côtés de Cary Grant.
Parfaite dans les interprétations d'épouse soumise et aveuglément amoureuse, persécutée par la terrible Mme Danvers dans Rebecca et en proie à de profonds doutes sur l'honnêteté de son époux dans Soupçons.
Joan Fontaine a été une actrice importante pour Hitchcock, même s'il n'a jamais ressenti d'attirance particulière envers elle. Il appréciait la qualité de son travail et sa bonne collaboration.
Née au Japon, de parents Anglais, sa carrière a marqué le pas au milieu des années soixante, avant de redémarrer quelques années plus tard grâce à la télévision.
 
Joan-Fontaine-1940-2.jpg
 
Pellicule-Hitch4.jpg

Carole Lombard   Carole Lombard regard    
(1908-1942)

Joies matrimoniales (1941) : Ann Smith-Kransheimer
(Mr and Mrs Smith)


Carole Lombard et Hitchcock
La famille Hitchcock fraîchement arrivée à Hollywood en 1939 fait la connaissance de Carole Lombard et de son époux Clark Gable et rapidement une amitié se noue entre eux. Les dîners chez les uns ou chez les autres sont fréquents, Hitchcock appréciant tout particulièrement l'humour corrosif et assez macabre de l'actrice, point commun qu'il partageait avec elle.
Carole Lombard a donc, tout naturellement demandé à Hitchcock de travailler avec elle, ce qu'il accepta bien volontiers.
C'est d'ailleurs l'unique raison qui le poussa à tourner ce film, tout à fait à part dans sa filmographie puisque Joies matrimoniales est une comédie typiquement américaine, très légère et diamétralement opposée aux thrillers qu'il réalisait habituellement.
Il s'agit de l'histoire d'un couple qui découvre que suite à une bévue administrative leur mariage n'est pas valide, toute l'intrigue se résumant ainsi : et si c'était à refaire ? Après une séparation et quelques tensions, le couple découvrira finalement qu'il en est toujours un, tant administrativement qu'amoureusement.
Le film est bien enlevé, souvent drôle et même si Hitchcock a toujours prétendu ne l'avoir tourné que pour faire plaisir à son amie, il semble bien qu'il a, en fait, souhaité réellement réaliser ce type de comédie. Il était en tout cas très content du scénario que l'on doit à Norman Krasna.
L'ambiance tout au long du tournage a été des plus joyeuses, Carole Lombard partageant avec son metteur en scène le goût des farces et des plaisanteries.
Hitchcock ayant affirmé peu avant le film que selon lui "les acteurs sont du bétail", Carole Lombard lui a répondu de la plus drôle des manières, en faisant construire sur le plateau un enclos à trois compartiments dans lesquels elle avait fait enfermer trois jeunes vaches portant chacune une pancarte au nom des acteurs principaux du film : elle-même, Robert Montgomery, son époux dans le film et Gene Raymond, le collègue de David Smith et accessoirement avocat de son (ex)épouse.
Promise à une belle carrière, Carole Lombard est malheureusement disparue prématurément, en janvier 1942 à l'âge de 34 ans dans un accident d'avion, ce qui attrista profondément Hitchcock.
 
Carole-Lombard-1941-2.jpg
 
Pellicule-Hitch4.jpg
 
Teresa Wright   Teresa Wright regard
(1918-2005)

L'Ombre d'un doute (1943) : Charlie Newton
(Shadow of a doubt)


Hitchcock et Teresa Wright
La carrière de Teresa Wright a démarré sur les chapeaux de roue puisque ses trois premiers films lui valurent autant de nominations aux oscars en 1941 et 1942, elle a d'ailleurs obtenu la récompense pour son second rôle dans Mrs Miniver de William Wyler. C'est donc tout naturellement qu'Hitchcock a fait appel à elle pour tenir le rôle de Charlie Newton, la nièce du dangereux tueur des "veuves joyeuses" comme l'a surnommé la police qui le pourchasse. L'oncle se prénomme également Charlie et sa jeune nièce, en proie au mal être dans sa petite ville de province, reporte son affection sur lui et pense qu'il va résoudre tous les problèmes de la famille. Elle découvre toutefois sa vraie nature et fait alors tout pour qu'il parte.
Parfaite représentation de la jeune fille américaine issue de la classe moyenne, Teresa Wright tient là, à 24 ans, un rôle magnifique qu'elle interprète avec talent.
Elle fut rapidement impressionnée par le professionnalisme du metteur en scène et affirma que lorsqu'il lui a raconté le film en détail, elle croyait l'avoir vu tant il en avait une idée précise et racontait son déroulement avec passion.
Il faut dire que L'Ombre d'un doute est sans doute le film le plus personnel d'Hitchcock et est resté à jamais son préféré.
Le réalisateur estimait beaucoup sa vedette féminine et était très satisfait de son travail, la jugeant très consciencieuse.
Elle ne répondait pas aux critères habituels de la beauté hitchcockienne, mais son rôle particulier n'en faisait pas une femme amoureuse au sens charnel du terme et elle dégageait un charme indéniable qu'Hitchcock a su filmer au mieux.
Ils se revirent régulièrement par la suite, même s'ils n'eurent pas l'occasion de faire un nouveau film ensemble.
La carrière de Teresa Wright s'essouffla quelque peu dès les années cinquante et elle joua principalement dans des séries télévisées.
 
Teresa-Wright-1943.jpg
 
Pellicule-Hitch4.jpg

Ingrid Bergman   Ingrid Bergman regard
(1915-1982)


La Maison du Dr Edwardes (1945) : Dr Constance Petersen
(Spellbound)


Les Enchaînés (1946) : Alicia Huberman
(Notorious)

Les Amants du Capricorne (1949) : Lady Henrietta Flusky
(Under Capricorn)
 
Ingrid Bergman et Hitchcock
Alors que Greta Garbo était pressentie au départ pour jouer dans La Maison du Dr Edwardes, c'est finalement Ingrid Bergman qui a décroché le rôle principal féminin. C'est le début d'une fructueuse collaboration avec Alfred Hitchcock puisqu'ils ont tourné trois films ensemble. Actrice suédoise, orpheline à 12 ans, elle a entamé sa brillante carrière à 20 ans et en a 29 lorsqu'elle démarre son premier tournage avec Hitchcock.
Le réalisateur appréciait son côté scandinave, sa beauté froide et son regard intense.
Elle interprète le Dr Constance Petersen dans La Maison du Dr Edwardes, médecin psychiatre qui tombe amoureuse d'un faux confrère (Gregory Peck) avant de découvrir qu'il n'est pas le dangereux psychopathe qu'il paraît mais au contraire un malade qu'elle parviendra à guérir. Sa prestance et son jeu subtil ont convaincu Hitchcock qui ne tardera pas à en faire son actrice fétiche du moment, mêlant admiration et attirance.
Son rôle suivant dans Les Enchaînés, aux côtés de Cary Grant lui vaudra un grand succès, cette histoire d'espionnage dans les milieux nazis où elle va jusqu'à se sacrifier en épousant un traître (Claude Rains) pour mieux le confondre est un des films majeurs d'Hitchcock. La quintessence de son œuvre selon François Truffaut. Elle est parfaite dans ce film, sa beauté et son interprétation en nuances font mouche.
Hitchcock a toujours prétendu que ce n'est que pour faire plaisir à son actrice qu'il a accepté de tourner ce qui devait être leur dernière collaboration, à savoir Les Amants du Capricorne. Il prisait peu les films en costumes mais en a quand même retardé le tournage, réalisant entre-temps La Corde, Ingrid n'étant pas libre. Elle n'a pas hésité à jouer sans fard dans ce film, incarnant une femme en proie aux problèmes d'alcool, rongée par le remords et manipulée par une gouvernante jalouse.
Le tournage fut assez difficile, Ingrid supportant mal les longues scènes filmées sans interruption (un peu dans le style de La Corde), les conflits avec son metteur en scène étaient fréquents.
Peu après ce film, elle a rencontré Roberto Rossellini, célèbre cinéaste italien, en est tombée amoureuse et l'a suivi en Europe, abandonnant son mari et sa fille Pia. Cette liaison fit scandale et jeta l'opprobre sur la célèbre actrice qui eu trois autres enfants, dont Isabella devenue également actrice sous son vrai nom. Jusqu'en 1955, elle n'a tourné que cinq films, tous sous la direction de son époux.
Hitchcock, qui ne pouvait supporter qu'on l'abandonne, lui en a beaucoup voulu, même s'ils ont continué à entretenir des relations épisodiques.
Ingrid Bergman qui a eu une belle carrière, elle a notamment remporté 3 oscars, est morte en 1982 des suites d'une longue maladie, 67 ans jour pour jour après sa naissance.
 
Ingrid-Bergman-1945.jpg
Pellicule-Hitch4.jpg

Grace Kelly   Grace Kelly regard 2
(1929-1982)

Le Crime était presque parfait (1954) : Margot Wendice
(Dial M for murder)

Fenêtre sur cour (1954) : Lisa Fremont
(Rear window)

La Main au collet (1955) : Frances Stevens
(To catch a thief)
Grace Kelly et Hitchcock
 
De toutes les actrices qui ont tourné sous la direction d'Alfred Hitchcock, Grace Kelly est sans conteste celle qu'il a le plus appréciée.
Il l'a enrôlée pour jouer dans Le Crime était presque parfait, alors qu'elle n'était encore qu'une inconnue qui n'avait tourné que dans trois films et différents rôles pour la télévision.
Il a réussi à tirer le meilleur parti de ses qualités d'actrice et a toujours su magnifier sa beauté pour la faire devenir l'impératrice du glamour, icône de son époque.
Profitant de sa superbe photogénie, Hitchcock savait, en collaboration avec Edith Head sa costumière attitrée, la faire paraître belle et froide, l'exacte représentation de ce qu'il considérait comme le summum de la beauté féminine.
A ces critères physiques s'ajoutaient une grande complicité entre les deux êtres et de cordiales relations qui ont fait dire à Hitchcock de Grace qu'elle était l'actrice la plus coopérative de toutes.
Avant de devenir la Princesse Grace de Monaco par son mariage avec le Prince Rainier en 1956, elle avait tourné trois films successifs pour Hitchcock : elle a incarné Margot dans Le Crime était presque parfait, en 1954, elle interprétait une riche épouse adultère que son mari tente de faire assassiner par un tueur sans scrupules, rémunéré pour cette tâche mais qui finira assassiné par sa victime, poignardé par une paire de ciseaux. Le film décrit la machination du mari qui tente de faire accabler son épouse afin de détourner les soupçons.
Grace est parfaite dans cette descente aux enfers, ses toilettes de plus en plus sombres au fur et à mesure que l'étau se referme sur elle n'enlèvent rien à son charme et ajoutent au dramatique.
C'est elle qui a d'ailleurs suggéré que Margot se présente en léger déshabillé lorsqu'elle se lève quand le téléphone sonne, jugeant la robe prévue peu crédible pour une femme qui sort du lit en pleine nuit.
Durant tout le tournage, Hitchcock ne cessa de lui parler de son film suivant qu'il était en train de préparer avant même de lui dire qu'il l'avait choisie pour en être l'héroïne. Elle a dû se décider en une après-midi, sans lire le scénario et alors qu'elle était retenue pour jouer dans Sur les quais d'Elia Kazan.
Ce film était Fenêtre sur cour, qu'il réalisa la même année et dans lequel Grace Kelly incarne Lisa Fremont, jeune femme travaillant dans la mode et éprise de Jeff le photographe immobilisé dans son fauteuil roulant. Le rôle permet là encore d'admirer la prestance mais aussi la qualité de l'interprétation de Grace dans une personnalité plus profonde encore. Ce film qui connut un grand succès, permit de la révéler complètement au public et de faire d'elle définitivement une star.
Son dernier film avec Hitchcock, La Main au collet, en 1955, est plus léger et nul doute qu'il a surtout servi à magnifier Grace avec des toilettes somptueuses, l'apogée étant atteinte lors de la scène du bal masqué avant le déroulement final. Sûrement le long métrage le moins accompli de la trilogie mais un agréable divertissement qui nous fait admirer les paysages de la Côte d'Azur.
Après avoir volé vers d'autres cieux, rappelons que Grace et Rainier se sont rencontré
s lors du tournage de ce dernier film et se sont mariés peu après mettant un terme à sa carrière, Hitchcock rêvait de faire à nouveau tourner son actrice favorite dans Pas de printemps pour Marnie, en 1963, le rôle ayant été écrit en pensant à elle.
Grace avait accepté la proposition et devait faire son come-back, mais au dernier moment elle dut renoncer devant la pression de son entourage qui jugeait qu'une Princesse ne pouvait se compromettre au cinéma. Hitchcock y renonça donc, la mort dans l'âme et confia le rôle à Tippi Hedren, sa nouvelle égérie qui venait de tourner dans Les Oiseaux.
Malgré tout, les rapports entre la belle et son mentor sont restés cordiaux jusqu'à la mort du réalisateur en 1980, Grace ayant participé avec bonheur à la cérémonie hommage de l'American Film Institute en 1979.
Victime d'un terrible accident de la route alors qu'elle roulait avec sa fille la princesse Stéphanie, Grace devait succomber à ses blessures le 14 septembre 1982 laissant à jamais le souvenir d'avoir incarné dans les films d'Hitchcock le talent, la beauté et l'élégance. Terrible ironie du sort, elle a eu son accident sur la corniche, à l'endroit où elle tournait avec Cary Grant en 1955 une célèbre scène de La Main au collet, lorsqu'elle est au volant du superbe cabriolet Sunbeam bleu. Le destin a parfois de bien cruelles coïncidences...

Grace-Kelly-1954.jpg
 
Pellicule-Hitch4.jpg


Doris Day   Doris Day regard
(née en 1924)


L'Homme qui en savait trop (2ème version, 1956) : Dot Mac Kenna
(The Man who knew too much)
 
 Doris Day et Hitchcock

Hitchcock souhaitait depuis plusieurs années tourner un film avec Doris Day. Il passait outre sa réputation d'actrice qui chante (ce qu'elle fera pourtant dans le film) et la considérait comme une actrice à part entière.
Elle joue sans doute le meilleur rôle de sa carrière dans la seconde version de L'Homme qui en savait trop, interprétant une ex-chanteuse ayant arrêté sa carrière pour suivre son mari médecin (James Stewart).
Pendant des vacances au Maroc, leur fils est enlevé par des espions, le garçon servant de moyen de pression pour forcer le couple au silence, un meurtre devant être commis et Ben Mac Kenna ayant reçu un message l'avisant de ce forfait de la part d'un agent français juste avant de mourir.
Doris Day est parfaite en rôle de mère de famille anéantie de douleur lorsque son époux lui annonce l'enlèvement de leur fils. Elle est touchante et pleine de vérité dans cette scène et avouera s'être inspirée de son propre instinct de mère de famille pour l'interprétation. Une seule prise a été nécessaire tant elle l'a jouée juste du premier coup.
Elle avait pourtant failli arrêter le tournage, reprochant à Hitchcock de ne lui donner aucune directive et aucun commentaire sur son jeu. Il lui précisa que s'il ne disait rien, c'était tout simplement parce qu'il n'y avait rien à ajouter et qu'elle devait continuer ainsi. Le réalisateur se montrera d'ailleurs satisfait du travail de Doris Day et elle n'est pas étrangère, loin s'en faut, à la réussite du film, d'autant plus que James Stewart, grand acteur hitchcockien, est comme toujours impeccable en Américain moyen.
Après des débuts au music-hall, Doris Day née en 1924, a entamé une carrière de comédienne, habituée aux rôles légers et aux comédies musicales. Sa carrière a connu son apogée au moment de L'Homme qui en savait trop, déclinant par la suite. Elle y a mis fin en 1968, se contentant par la suite d'interpréter des chansons dans certaines séries. C'est elle qui chantait le titre "Que sera sera" dans le film, chanson qui sera un très grand succès international.
 
Doris-Day-1956.jpg

Pellicule-Hitch4.jpg


Vera Miles   Vera Miles regard
(née en 1929)

Le Faux coupable (1957) : Rose Balestrero
(The Wrong man)

Psychose (1960) : Leila Crane
(Psycho)

C'est lui (téléfilm 1955 ) : Elsa Spann
(Revenge)

Incident au carrefo
ur (téléfilm 1960) : Jean Medwick
(Incident at the corner)
 
Vera Miles et Hitchcock 
Vera Miles restera sans doute à jamais la plus grosse déception occasionnée à Hitchcock par une de ses actrices. Il misait beaucoup sur elle et voulait en faire une nouvelle Grace Kelly.
Sa beauté le fascinait et il aimait la métamorphoser, essentiellement dans Le Faux coupable, où elle sombre peu à peu dans une profonde dépression la conduisant au bord de la folie. Elle est excellente dans cette interprétation et Hitchcock en fin connaisseur avait vu en elle une future grande actrice.
Il lui réservait le rôle féminin principal de Sueurs froides, mais malheureusement elle tomba enceinte juste avant le tournage, ce qui mit le réalisateur dans une colère noire et le contraignit à la remplacer, à son corps défendant, par Kim Novak. Il lui en tint rigueur jusqu'à la fin de sa vie, même s'il lui donna malgré tout l'occasion de tourner dans Psychose, où elle tient le rôle de Leila Crane, la sœur de Marion assassinée sous la douche, et qui entreprend de la retrouver n'ayant plus de nouvelles. C'était une façon de tenir un rôle féminin important après la disparition de la star principale dès le premier tiers du film et puis Vera Miles étant sous contrat, autant la rémunérer pour quelque chose.
Vera Miles avait travaillé une première fois pour Hitchcock en 1955, en tenant un rôle dans le premier téléfilm de la série Alfred Hitchcock présente : C'est lui. Elle interprétait une femme sortant de dépression et qui est victime d'une attaque par un inconnu alors qu'elle était partie se reposer avec son mari. Elle croit reconnaître son agresseur dans la rue, son époux le tue et en repartant, elle croit de nouveau le voir, sous les traits d'un autre homme, signifiant qu'elle a perdu la tête. Un rôle prémonitoire de ce que sera celui de Rose dans Le Faux coupable.
Dernière apparition de Vera Miles en 1960, dans un téléfilm d'une heure réalisé par Hitchcock pour la série Ford Star Time : Incident au carrefour. Elle joue une fille qui s'emploie à faire innocenter son père, accusé à tort d'être trop familier avec les petites filles et renvoyé. Il s'agit en fait d'une sordide histoire de vengeance montée de toutes pièces.
 
Vera-Miles-1957.jpg

 
 projecteur3  Voir également dans Friand'Hitch le comparatif "Carlotta Miles ou Carlotta Novak ?"

Pellicule-Hitch4.jpg


Kim Novak   Kim Novak regard
(née en 1933)


 
Sueurs froides (1958) : Madeleine Elster et Judy Barton
(Vertigo)
 
Kim Novak et Hitchcock
Jusqu'à la fin de ses jours, Hitchcock a toujours eu la dent dure envers Kim Novak. Il n'a jamais analysé objectivement le travail de son actrice et lui tenait rigueur de leur relation tendue durant le tournage. Actrice par défaut en raison, comme on l'a déjà vu, de la défection de Vera Miles, elle lui a été plus ou moins imposée et il a dû faire avec.
Cette attitude négative, même si les torts ont pu être partagés, ne repose sur rien de tangible car l'actrice Kim Novak était excellente dans Sueurs froides. Le rôle était difficile à tenir car il était double, l'histoire d'une femme se faisant passer pour une autre afin de satisfaire la machination d'un mari avide. Qu'elle incarne la classieuse Madeleine ou la vulgaire Judy, sa prestation sonne juste.
Sublime de beauté mystérieuse, mise en valeur par un cadrage laissant souvent découvrir son profil parfait lorsqu'elle tient le rôle de Madeleine qui fait succomber Scottie (James Stewart) sous son charme, elle sait, une fois redevenue la simple Judy, sans classe et sans prestance, se laisser métamorphoser pour redevenir l'objet des fantasmes morbides de l'amoureux éperdu. On la redécouvre alors telle qu'au début, la chrysalide étant redevenue papillon par amour.
Kim Novak dont la carrière n'a jamais décollé, incarne ici, à 24 ans, à coup sûr LE rôle de sa carrière.
 
Kim-Novak-1958.jpg
 
 
 
Pellicule-Hitch4.jpg


Eva Marie Saint   Eva Marie Saint regard

(née en 1924)

La Mort aux trousses (1959) : Eve Kendall
(North by northwest)
 
Hitchcock et Eva Marie Saint-copie-1
Au tout début du projet, La Mort aux trousses devait être une coproduction italienne et Sophia Loren a été pressentie pour tenir le rôle d'Eve Kendall. Alors que le montage a échoué, les producteurs ont voulu imposer Cyd Charisse pour remplacer l'actrice italienne, mais Hitchcock tenait absolument à confier le rôle à Eva Marie Saint et il a fini, comme souvent, par obtenir gain de cause.
Il la trouvait, en effet, très séduisante et parfaitement conforme à l'idée qu'il se faisait de cette espionne peu farouche et assez sexy. Il savait avec précision quelle attitude elle devait adopter dans telle situation, ou de quelle façon elle devait regarder Roger Thornhill (Cary Grant) selon la scène.
Il faut reconnaître qu'Hitchcock ne s'est pas trompé, le physique d'Eva Marie Saint superbement habillé selon les souhaits du cinéaste, se prête admirablement au personnage. Il l'a façonnée exactement comme il le voulait et était d'ailleurs assez fier de sa réussite, estimant avoir tiré le meilleur de cette actrice dont la carrière, hormis quelques films prestigieux (Sur les quais et Exodus notamment) a été limitée. Comme dans bien des cas, elle doit à Hitchcock un de ses plus grands rôles et sans doute son plus grand succès. Elle avait 34 ans au moment du tournage et Hitchcock avait beaucoup d'affection pour elle mais n'a jamais manifesté, contrairement à beaucoup d'autres de ses actrices, d'attirance physique envers elle.
 
 
Eva-Marie-Saint-1959.jpg
 
Pellicule-Hitch4.jpg


Tippi Hedren   Tippi Hedren regard

(née en 1931)

Les Oiseaux (1963) : Melanie Daniels
(The Birds)

Pas de printemps pour Marnie (1964) : Marnie Edgar
(Marnie)
 
Tippi Hedren et Hitchcock
 
Aperçue par Hitchcock dans une publicité télévisée, Tippi Hedren également mannequin, a tout de suite plu au metteur en scène qui, dès le lendemain a demandé à ses assistants de la convoquer sans rien dévoiler de l'identité de leur mandataire. Semblant être l'actrice parfaite pour ce rôle, Hitchcock lui fit tourner des essais filmés fort coûteux, en costume et dans les décors des personnages féminins apparus dans Rebecca, Les Enchaînés et La Main au collet. Elle a été embauchée sans savoir dans quel film elle allait jouer.
Si elle avait eu idée des conditions particulièrement difficiles du tournage des Oiseaux, peut-être aurait-elle refusé, bien que cela ne soit pas certain, être une héroïne d'Hitchcock pouvant représenter un formidable tremplin pour une actrice qui faisait là sa première apparition au cinéma.
Son personnage de Melanie extrêmement sophistiqué au début, bascule peu à peu dans la simplicité, au fur et à mesure de la dégradation de la situation. Tippi Hedren, qu'une fois encore Hitchcock façonnait comme il le voulait, réalise une performance extraordinaire dont elle ne sortira pas intacte, en raison des conditions dantesques du tournage de la scène d'attaque par les oiseaux dans la chambre, en fin de film. L'emploi d'oiseaux mécaniques, envisagé au départ, s'étant révélé impossible, la pauvre actrice a dû subir durant cinq jours les assauts d'oiseaux vivants jetés sur elle par des assistants sur le plateau. Complètement épuisée et mal en point psychologiquement, elle dut être hospitalisée et a été remplacée par une doublure pour les quelques plans manquants. Malgré ces déboires, le succès du film l'a catapultée sur le devant de la scène et en a fait le symbole de la blonde hitchcockienne.
Son deuxième film, Pas de printemps pour Marnie, dont elle interprète le rôle principal en raison du refus de dernière minute de Grace Kelly, lui vaut encore d'incarner une femme tourmentée, mais cette fois en raison des traumatismes de son enfance. Elle est parfaitement crédible en kleptomane névrosée et frigide, se refusant à celui qu'elle a épousé contre son gré, Mark Rutland (Sean Connery). Sa fragilité qui, dans un style différent, s'apparente un peu à celle de Joan Fontaine, sert merveilleusement son personnage, son visage traduit parfaitement les absences, les doutes ou les craintes qu'elle ressent.
Les relations entre le réalisateur et son actrice pour laquelle il avait visiblement beaucoup de désir refoulé, se sont considérablement dégradées au fil du tournage et ils ont fini, semble-t-il par la faute d'Hitchcock, par ne plus s'adresser la parole que par l'intermédiaire d'une tierce personne. A partir de ce moment Hitchcock rejeta totalement son actrice et n'en parla plus qu'en termes désagréables.
Par dessus tout cela, le film ne fut pas un succès et sonna le déclin du metteur en scène qui, après avoir engagé, métamorphosé et porté au sommet toutes les actrices qu'il a souhaité, rencontré des triomphes avec nombre de ses films, dut se contenter par la suite d'actrices imposées par les producteurs ou faisant partie de second choix.
Tippi Hedren restera à jamais l'ultime actrice hitchcockienne, faisant partie d'une caste reconnue, enviée, adulée, créée de toutes pièces par un réalisateur torturé par des pulsions et des fantasmes refoulés sa vie durant.
Marquée pour toujours comme "la chose" d'Hitchcock, Tippi Hedren n'a pas eu la carrière formidable qu'espérait le réalisateur. Sa fille Melanie (son prénom dans Les Oiseaux) qu'elle a eu avec l'acteur Peter Griffith en 1957 est également actrice sous son vrai nom (Melanie Griffith).
 
Tippi-Hedren-1963.jpg
 
Pellicule-Hitch4.jpg
 
 
mais il y a aussi celles qui ont moins compté mais qu'on aime malgré tout...


 
Anny Ondra 
(1902-1987)

The Manxman (1929) : Kate
 
Chantage (1929) : Alice White
(Blackmail)
 

                                                                            
La charmante Anny Ondra était une grande vedette du cinéma muet et à ce titre Alfred Hitchcock l'a engagée pour deux films successifs.
Tout d'abord dans The Manxman en 1929, elle partageait l'affiche avec Ivor Novello, autre grande star, et tenait le rôle de sa fiancée Kate.
La même année pour Chantage son film suivant, elle incarnait Alice la jeune femme meurtrière de son violeur. Le film a été tourné en version muette mais avant qu'il ne soit finalisé, le son en prise directe est arrivé et a bouleversé l'avenir du cinéma. Hitchcock a donc entrepris de remodeler son film et de retourner certaines scènes en y ajoutant le son. Un gros problème allait toutefois sérieusement compliquer les choses car Anny Ondra était d'origine autrichienne et avait un accent assez prononcé ce qui rendait peu crédible son rôle de jeune fille londonienne. Le réalisateur a donc dû user d'un subterfuge pour contourner la difficulté, Anny Ondra a joué en play-back pendant que hors champs de la caméra une actrice anglaise (Joan Barry qui allait tenir la vedette d'un autre film d'Hitchcock, A l'est de Shanghai en 1932) parlait en direct en suivant le mouvement de ses lèvres. Il faut reconnaître que le procédé fonctionne plutôt bien et qu'il faut vraiment le savoir pour s'en rendre compte.
La carrière anglaise d'Anny Ondra a donc pris fin avec l'arrivée du cinéma parlant mais elle toutefois continué à tourner essentiellement en Allemagne. Sa collaboration avec Hitchcock n'a de ce fait pas eu de suite mais sans ce bouleversement elle aurait peut-être pu devenir une actrice essentielle.
                                                                  
                                                    Anny Ondra                      Hitchcock et Anny Ondra
   
 
Pellicule-Hitch4.jpg
 
Margaret Lockwood 
(1911-1990)


Une Femme disparaît (1938) : Iris Henderson
(The Lady vanishes)
 
 
Actrice pétillante et très gracieuse, son rôle de jeune fille de caractère dans le film à succès Une Femme disparaît a contribué à sa notoriété.
Bien que n'entrant pas dans les canons types de la beauté hitchcockienne, elle a malgré tout beaucoup plu au cinéaste et le tournage s'est déroulé dans la bonne humeur et sans accrocs. Elle est particulièrement à son aise dans ce rôle de jeune femme dynamique qui se mue en enquêtrice pour retrouver une vieille dame disparue dans un train.
 
                                                                                        Margaret Lockwood                                      Hitchcock et Margaret Lockwood
 
 
Pellicule-Hitch4.jpg
 
 
Tallulah Bankhead 
(1902-1968)

 
Lifeboat (1944) : Constance Porter
 
Très grande actrice de théâtre, reconnue et appréciée, Tallulah Bankhead avait une personnalité affirmée et atypique, elle menait une vie libérée et sans tabou.
Le film qui constituera sa seule participation avec Hitchcock, se déroulait entièrement dans un canot de sauvetage et elle a souffert des conditions de tournage très difficiles au point d'être atteinte d'une pneumonie. En effet les scènes étant exclusivement tournées en studio dans un grand bassin, les acteurs travaillaient dans des conditions très humides et alternant la chaleur des projecteurs et le froid provoqué par les immenses ventilateurs en action.
Elle interprète une journaliste sophistiquée et froide victime d'un naufrage, insensible aux malheurs des autres mais qui peu à peu prend conscience de la réalité et devient proche et solidaire de ses compagnons d'infortune. Son apparence physique évoluant au fur et à mesure du déroulement de l'action traduit très bien cette métamorphose. Elle joue juste et Hitchcock a apprécié son travail même si leurs relations sont restées assez distantes.

 
                                                                                        Tallulah Bankhead                                          Hitchcock et Tallulah Bankhead

 
 
Pellicule-Hitch4.jpg
 
 
Marlène Dietrich 
(1901-1992)

 

Le Grand alibi (1950) : Charlotte Inwood
(Stage fright)
 
Grande star reconnue et adulée, Marlène Dietrich suscitait une véritable fascination chez Hitchcock au point que, chose rarissime chez lui, il la laissait décider seule des tenues qu'elle voulait porter pour chaque scène, de son maquillage et même de l'éclairage qu'en grande professionnelle elle savait le meilleur pour mettre en valeur sa beauté et gommer ses petits défauts physiques. Son aura illuminait le plateau au point de froisser l'autre actrice féminine du film, Jane Wyman censée tenir la vedette mais qui souffrait de son manque de reconnaissance.
Le rôle de femme fatale et manipulatrice tenu par Marlène dans Le Grand alibi a permis au réalisateur sous le charme et à sa star d'entretenir des relations amicales et l'humour n'était jamais absent de leurs propos.
 
                                                            Marlene Dietrich                          Hitchcock et Marlene Dietrich

 
Pellicule-Hitch4.jpg
 
 
Anne Baxter 
(1923-1985)
 

La Loi du silence (1953) : Ruth Grandfort
(I confess)
 
Pour incarner le rôle de Ruth Grandfort la vedette féminine du film, Anita Björk, actrice suédoise très en vogue avait été plébiscitée par Hitchcock et engagée par la production mais, en arrivant à Hollywood, elle amenait dans ses bagages un amant et un enfant illégitime... s'en était trop pour le producteur Jack Warner qui ne voulait pas que se reproduisent les ennuis connus avec Ingrid Bergman pour les mêmes raisons et qui la congédia donc à quelques jours du début du tournage.
Le nouveau choix d'Hitchcock se porta sur Anne Baxter, actrice qu'il connaissait et appréciait depuis plusieurs années et qui était également sous contrat.
Elle avait fait partie du dernier carré des prétendantes au rôle féminin de Mme De Winter dans Rebecca en 1940 et elle avait été toute proche de décrocher le gros lot.
Elle joue assez juste et fait bien passer les tourments de cette femme toujours amoureuse du beau jeune homme qu'elle a connu avant qu'il ne devienne prêtre (Montgomery Clift) et qui est injustement accusé de meurtre.
Elle a entretenu sa vie durant des relations amicales avec le cinéaste et ils se sont régulièrement vus en dehors des plateaux, l'estime étant parfaitement réciproque.
 
                                                          Anne Baxter                         Anne Baxter et Hitchcock
 
 
Pellicule-Hitch4.jpg

 
Shirley MacLaine 
(née en 1934)

 
Mais qui a tué Harry ? (1955) : Jennifer Rogers
(The Trouble with Harry)
 
Repérée par les collaborateurs d'Hitchcock dans une pièce de théâtre, la toute jeune Shirley MacLaine (à peine 20 ans lors du tournage) a fait l'unanimité et le réalisateur a apprécié son manque d'expérience lui permettant de la modeler à sa façon comme il aimait à le faire.
Cela n'a pas été sans créer certaines tensions avec le jeune mari de l'actrice, leur mariage a eu lieu peu avant, au point que ce dernier a été interdit de plateau.

Shirley MacLaine joue là son premier rôle pour le cinéma, celui d'une jeune veuve dont le cadavre du mari est bien encombrant dans Mais qui a tué Harry ? Sa frimousse peu commune et son caractère enjoué ont plu au metteur en scène et il est vrai qu'elle est très craquante dans ce rôle même si elle est très éloignée des actrices stéréotypées que l'on a l'habitude de voir dans les films du cinéaste.
 
                                                          Shirley MacLaine                          Shirley MacLaine et Hitchcock
 
 
Pellicule-Hitch4.jpg

 
Janet Leigh 
(1927-2004)

 
Psychose (1960) : Marion Crane
(Psycho)
 
Psychose est décidément un film peu ordinaire. Succès phénoménal bien que tourné avec les moyens et dans les conditions d'un téléfilm, Alfred Hitchcock s'est permis en plus de faire mourir la star en tête d'affiche après un tiers du film, chose jamais vue jusque là.
Il avait réussi à convaincre Janet Leigh que malgré son statut de grande vedette, il était indispensable pour l'histoire qu'elle disparaisse rapidement. Cela ajoutait en effet à la stupeur du spectateur qui n'aurait jamais pu imaginer que la star meure si rapidement. Très désireuse de tourner avec Hitchcock, Janet Leigh a accepté sans problème et n'a pas eu à le regretter, même si finalement Vera Miles est plus présente qu'elle à l'écran.
Son visage apeuré lors de la scène du meurtre sous la douche, l'une des plus célèbres de l'histoire du 7ème Art est resté à jamais gravé dans la mémoire de millions de cinéphiles.
Même s'il n'a jamais ressenti la même fascination pour Janet Leigh que pour bien d'autres actrices qui ont tourné pour lui, Hitchcock la traitait avec tous les égards. Il a notamment suivi avec un soin tout particulier le déroulement du tournage de la très exigeante scène du meurtre sous la douche, faisant bien attention qu'elle ne souffre pas trop d'être sous l'eau pendant les sept jours qu'ont duré les prises de vue. Janet Leigh était remplacée par une doublure lorsque c'était possible.
Malheureusement pour elle et à l'instar de son partenaire Anthony Perkins, ce rôle la desservira au bout du compte tant les autres cinéastes auront du mal à l'imaginer ailleurs que dans une douche... Sa carrière s'en trouvera considérablement freinée.
 
                                                         Janet Leigh                             Janet Leigh et Hitchcock
 
 
Pellicule-Hitch4.jpg
 
 
 
hitchcroquis-gris5.jpg
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

how to stop snoring 09/04/2014 09:22

Alfred Hitchcock had this unique specialty of perfect casting, especially for female actor! If we observe his movies, we can find more than one such perfect female actor. It is not just about beauty! Their acting has played significant role in the success of movies!