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2 mai 2007 3 02 /05 /mai /2007 15:23

 

  
Préambule méchants 2




PREAMBULE


"Plus réussi est le méchant, plus réussi sera le film". Ce sont ces mots, prononcés par Alfred Hitchcock lui-même lors des entretiens qu'il accorda à François Truffaut en 1962, qui m'ont donné envie d'explorer un peu plus profondément ces personnages essentiels et omniprésents tout au long de son œuvre.
Il a prononcé cette fameuse phrase alors qu'il évoquait son film Le Grand alibi et qu'il déplorait le manque de consistance du personnage de Jonathan Cooper interprété par Richard Todd ce qui nuisait gravement à la qualité du suspense et donc du film tout entier.
 
Comme on pourra le voir, cette remarque n'était pas sans fondement et dans bien des films on peut constater que ce principe se vérifie. Dans pratiquement tous les films du Maître en effet, une place de choix est réservée au "vilain". Peu importe en vérité qu'il soit le personnage central de l'intrigue, son rôle n'en est pas moins prépondérant, incontournable et essentiel à l'histoire.
 
Tantôt distingué, tantôt inquiétant, souvent les deux mélangés, il n'est jamais vulgaire et ne se livre lui-même dans pratiquement aucun film, à des agissements ostensiblement répréhensibles. Il est souvent secondé pour ce faire par des hommes de main chargés des basses besognes et arbore quant à lui une respectabilité sans faille. C'est là toute la force et l'intérêt de ce personnage.


Note : le résumé des films est volontairement succinct, il ne s'agit pas d'analyses critiques, de nombreux très bons livres existant sur le sujet. Il est juste destiné à placer les méchants dans le contexte et à comprendre leurs motivations.
Enfin, il faut préciser qu'à l'époque où Hitchcock réalisait ses films et notamment des débuts du 7ème art et jusqu'aux années 70, la violence n'était pas montrée au cinéma comme elle l'est aujourd'hui, les techniques quant à elles, bien que le Maître a toujours su les exploiter au maximum, étaient bien moins développées. Enfin, il a toujours dû composer avec la censure, le terrible "code Hays" (du nom du sénateur qui l'a initié), en vigueur de 1930 à 1966 et qui bridait considérablement la création.

Les films sont présentés par ordre chronologique.

 
 
 
 
 
 
 
Les films de la période anglaise (1927-1939)

Drapeau GB PM
 
1) Les films muets
 
Lodger.jpg
LES CHEVEUX D'OR

(THE LODGER - 1927)



IVOR NOVELLO
Premier rendez-vous manqué.


1927-Ivor-Novello2.jpgQui est ce fameux "Vengeur" qui chaque mardi soir assassine une femme blonde dans les rues de Londres, au point de créer une véritable psychose dans la population ? 
Le personnage du locataire joué par Ivor Novello et qui, par un soir sombre, vient prendre ses quartiers dans une chambre louée par Mme Bunting y ressemble en tous points. Mystérieux à souhaits, inquiétant par bien des aspects, son nom n'est jamais cité dans le film mais tout contribue à le présenter comme LE coupable.
Il se montre volontiers agressif et, comble du mystère, sort chaque mardi soir.
La fille de la maison finit malgré tout par tomber sous le charme et il se révélera finalement innocent en toute fin du film, lorsque sur le point d'être lynché par la foule, le véritable assassin sera arrêté. Le Locataire voulait en fait venger sa sœur, elle-même victime du tueur.
Hitchcock a toujours regretté de ne pouvoir, en raison de l'immense notoriété de son acteur principal, suggérer sinon sa culpabilité du moins laisser le doute dans l'esprit du spectateur.
Il aurait voulu laisser partir le locataire dans la nuit, emportant avec lui son mystère et peut-être son secret. Il a dû, contraint et forcé par les producteurs, renoncer à son idée, une grande vedette ne pouvant à cette époque jouer un rôle négatif et encore moins un meurtrier.
Le jeu d'acteur de Novello est typique de ce qu'était le cinéma au temps du muet, s'il nous paraît suranné aujourd'hui, il faut savoir que l'absence de dialogue était compensée par des attitudes et des mimiques exagérées afin de refléter au mieux les sentiments des personnages.
Malgré les souhaits du réalisateur, Ivor Novello ne sera pas le premier méchant d'un film d'Hitchcock.
En fait, aucun film muet ne comportera de méchant significatif.

Ivor Novello en bref : acteur anglais né en 1893 et mort en 1951, il jouera dans 2 films, The Lodger étant suivi l'année d'après par Downhill, film dans lequel il tient également le rôle principal. Très grande vedette de l'époque du muet, il a mis un terme à sa carrière en 1934. Dans la vie, Novello était un homme très efféminé, homosexuel assumé, ce qui n'était pas sans intriguer mais aussi fasciner l'inexpérimenté Alfred Hitchcock à qui les choses du sexe étaient encore étrangères comme il l'a lui-même reconnu.





2) Les films parlants


 
 
  Chantage.jpg
 CHANTAGE

(BLACKMAIL - 1929)



CYRIL RITCHARD et DONALD CALTHROP
Profondément immoral.


Premier film parlant du jeune Hitchcock, tourné tout d'abord sous forme muette avant que de nouvelles scènes ne soient retournées avec le son, 1929-Chantage-Calthrop-Ritchard-.jpgChantage est le premier film anglais entièrement sonore.
Cette histoire comporte non pas un, mais deux méchants, n'ayant aucun lien entre eux. Ils poursuivent chacun un but bien différent mais leurs destins se mêlent au cœur de l'intrigue.
Alice White (Anny Ondra) se dispute avec son fiancé Frank (John Longden) qui est policier, et fait la rencontre d'un artiste peintre (Cyril Ritchard) qu'elle accepte de suivre dans son atelier. Très vite l'homme se montre très pressant et tente de la violer. Pour lui échapper, Alice se saisit d'un couteau qu'elle trouve à portée de sa main et le plante dans le dos de son agresseur qui meurt sur le coup.
La jeune femme s'enfuit en oubliant un de ses gants sur les lieux du forfait.
Frank Weber, son fiancé est chargé de l'enquête. Il découvre bientôt le gant sur place et le dissimule subrepticement à l'insu de ses collègues, ayant reconnu l'accessoire comme étant celui de son amie.
Un maître chanteur, Tracy (Donald Calthrop), a vu Alice s'enfuir et ramasse le deuxième gant qu'elle a perdu dans sa course. Espérant obtenir rémunération contre son silence, celui-ci se trouve bien vite en position d'accusé, Weber lui faisant comprendre que tout l'accable.
Cherchant à échapper à la police lancée à ses trousses, Tracy meurt en tombant au travers du toit du British Museum, emportant avec lui la vérité que personne d'autre que les deux amoureux ne connaîtra jamais.
Alice veut avouer mais finit par se taire, laissant son meurtre impuni.
Il peut paraître choquant que Frank Weber, policier investi de responsabilités ait permis que ce meurtre perpétré par celle qu'il aime, demeure impuni, privilégiant son amour plutôt que son devoir.
Les deux acteurs interprétant les rôles de méchants ne se connaissent pas dans l'intrigue puisque Tracy (Calthrop) profite de l'opportunité qui lui est offerte par le meurtre de Ritchard. Leur prestation est honnête, le peintre se montrant tour à tour sympathique puis trop entreprenant et le maître chanteur volontiers cynique, a parfois tendance à surjouer son côté mauvais garçon, multipliant les mimiques patibulaires. Il s'enfuira de peur d'être arrêté pour un meurtre qu'il n'a pas commis.
Nul doute que les débuts du parlant, qui allait révolutionner les techniques et le jeu des acteurs, sont pour beaucoup dans ces atermoiements, les comédiens hésitant encore sur la façon de paraître vrai.
La morale est loin de l'emporter dans ce film, alors qu'une première version du scénario voyait Alice punie de son crime, Hitchcock a-t-il voulu lui-même qu'il en soit ainsi ?

Cyrilf  Ritchard en bref : acteur anglais né en 1897 et mort en 1977, Ritchard, l'artiste peintre, n'a pas eu l'occasion de jouer dans un autre film d'Hitchcock. Il interprète lui-même le morceau au piano (Miss Up-To-Date), censé séduire Anny Ondra et la faire succomber à ses charmes. Sa carrière cinématographique fut surtout composée de rôles dans des films de télévision.

Donald Calthrop en bref : acteur anglais né en 1888 et mort en 1940, celui qui interprète ici Tracy, le maître chanteur commence avec ce film une collaboration avec Hitchcock qui comprendra quatre films (Chantage, Meurtre, Junon et le paon, et Numéro 17), bien qu'il ne fût pas crédité au générique pour son rôle dans Junon et le paon.
 



 
 


 
  Meurtre.jpg
 MEURTRE

(MURDER ! - 1930)


ESME PERCY
Audacieux mais pas trop.


1930-Meurtre-Percy2.jpgUn des seuls "whodunit" (textuellement "qui l'a fait", autrement dit film à énigme) de la carrière d'Hitchcock, Meurtre raconte l'histoire d'une actrice Nora Baring (Diana Baring) accusée d'un crime qu'elle n'a pas commis, en l'occurrence celui de sa meilleure amie, et pour ce geste se trouve condamnée à mort. 
Un membre du jury qui a débattu lors du procès, Sir John Menier (Herbert Marshall), également acteur, pris de remords après avoir suivi la majorité lors des délibérations, décide de reprendre l'enquête.
Il finit par prouver l'innocence de la jeune femme et à découvrir le véritable assassin qui n'est autre que le propre petit ami de celle-ci Handell Fane (Esme Percy).
Celui-ci a accompli son geste afin d'empêcher la victime de dévoiler son secret à celle qu'il aime : à savoir qu'il est né de sang mêlé, en clair qu'il est métis et pense que sa bien aimée l'ignore.
Plus que ce fait, il faut décrypter le message et comprendre en voyant les manières outrageusement précieuses de Fane qu'il est en fait homosexuel, sans doute refoulé. Son numéro de trapéziste travesti dans les scènes finales ne laisse cependant que peu de doute.
Les bonnes mœurs de l'époque interdisaient bien évidemment de parler ouvertement de l'homosexualité, et plus encore au cinéma. L'attirance de Fane pour les hommes n'est donc que suggérée et dissimulée sous un prétexte fallacieux. On peut toutefois penser que ce trait du personnage a attiré Hitchcock qui comme on l'a déjà vu avait un rapport torturé avec la sexualité et ce qui au début du XXe siècle était considéré comme une déviance coupable.
On peut regretter qu'Esme Percy ait caricaturé de façon exagérée les gestes et manières de son personnage, en faisant une "précieuse" à la limite du grotesque mais il faut y voir là, sans doute, le souhait de faire comprendre au spectateur, sans jamais l'évoquer par le mot, la réelle motivation de son crime. Les débuts du parlant font encore hésiter les acteurs sur leur manière de jouer, les mots n'ont pas encore totalement pris le pas sur les gestes.

Esme Percy en bref : acteur anglais né en 1887 et mort en 1957, Meurtre constitue le premier film au cinéma pour cet acteur de théâtre. Il a été l'élève de Sarah Bernhardt et a interprété de nombreux rôles du répertoire classique. Il n'aura pas d'autre occasion de jouer pour Hitchcock.

Il convient de noter que la même année Hitchcock a tourné une version allemande de ce même film, sous le titre Mary. Il s'agit du même scénario et des mêmes décors mais le film a été tourné avec des acteurs allemands, le rôle de Fane étant joué par Ekkehard Arendt.
 






Homme-qui-en-savait-trop-1.jpg 
L'HOMME QUI EN SAVAIT TROP (1ère version)
 

(THE MAN WHO KNEW TOO MUCH - 1934)



PETER LORRE
Défiguré et inquiétant.


Signalons en préambule, si besoin, que ce film fera l'objet d'un remake par1934-Homme-Lorre.jpg Hitchcock lui-même et sous le même titre en 1956.
Excellente histoire d'espionnage où l'action et le suspense se mêlent pour faire vibrer le spectateur, ce film connaîtra un grand succès et vaudra à son réalisateur la reconnaissance après laquelle il courait depuis ses débuts. C'est sans aucun doute jusqu'alors le film où il a donné le plus de lui-même. 
Un couple de touristes britanniques en vacances à Saint-Moritz en Suisse, assiste au meurtre d'un Français Louis Bernard (Pierre Fresnay). Ce dernier a toutefois, avant de mourir, le temps de leur révéler un mystérieux secret qu'ils devront s'efforcer de découvrir afin de permettre la libération de leur petite fille enlevée par les espions qui ont choisi ce moyen de pression afin d'obtenir leur silence.
En fait, un diplomate étranger doit être assassiné durant un concert donné au Royal Albert Hall à Londres. Avant la scène finale mémorable, nombre de péripéties viendront ponctuer ce formidable thriller dont Hitchcock dira à Truffaut qu'il était l'œuvre d'un bon amateur alors que le remake de 1956 sera celle d'un professionnel. Si l'histoire est sensiblement la même, de nombreux points et surtout des moyens financiers peu communs rendent les 2 films assez différents, chacun ayant malgré tout un charme bien à lui.
Le principal méchant de cette première version, Peter Lorre dans le rôle de Abbott le chef des bandits, est très convaincant et donne vraiment le sentiment d'être prêt à tout, se montrant volontiers tyrannique même avec les siens.
Il campe un personnage particulièrement antipathique et répugnant, son visage étant barré par une immense cicatrice qui le rend effrayant. Il laisse malgré tout apparaître quelques failles le rendant humain, notamment lors de la mort de sa complice pendant la fusillade finale.
C'est sans aucun doute le méchant le mieux réussi car le plus inquiétant jusqu'à présent dans toute l'œuvre d'Hitchcock.
Frank Vosper qui joue Ramon, n'est que son bras armé, chargé d'abattre le diplomate. Le rôle est moins étoffé.
Le chassé croisé entre le couple d'Anglais et la bande de méchants est très intéressant puisqu'ils sont amis au début du film, Jill Lawrence (Edna Best) l'épouse se livrant à une compétition de tir au pigeon avec Ramon (Frank Vosper), le tireur d'élite.
L'ironie du film veut que bien que battue par celui-ci elle tienne sa revanche de façon éclatante en toute fin du film puisque c'est elle qui, non seulement l'empêche de perpétrer son crime, mais l'abat d'une balle de fusil alors qu'il tente de s'enfuir avec la fillette comme bouclier humain.

Peter Lorre en bref : acteur autrichien né en 1904 et mort en 1964, Lorre, exilé dès la montée du nazisme, a été l'inoubliable tueur d'enfants de M. le Maudit de Fritz Lang en 1931 avant de jouer à nouveau un personnage très négatif dans le film d'Hitchcock. Sa prestation très remarquée, en tant qu'ennemi public n°1 comme l'indiquait l'affiche du film, a fait l'unanimité et est pour beaucoup dans la réussite du film.
Il s'est marié durant le tournage et si l'on en croit Hitchcock, le planning étant serré, il n'aurait pas eu le temps de se démaquiller après la journée de prises de vue et aurait même convolé avec sa fausse cicatrice sur le visage.
Lorre aura l'occasion de tourner une seconde fois pour le réalisateur en 1936 dans Quatre de l'espionnage. Il tiendra alors un rôle sympathique, à l'opposé de celui-ci.
 




 
 
39marches.jpg 
LES 39 MARCHES

(THE 39 STEPS - 1935)



GODFREY TEARLE
Mon petit doigt m'a dit...


1935-39Marches-Tearle.jpgFormidable thriller au travers de l'Angleterre, ce film préfigure merveilleusement ce que sera le chef-d'œuvre américain La Mort aux trousses.
Bien que les moyens, techniques et financiers du réalisateur maintenant confirmé soient moindres, les idées foisonnent et l'efficacité du film reste intacte encore de nos jours.
Il s'agit déjà de l'éternelle histoire de l'innocent accusé à tort d'un crime qu'il n'a pas commis et qui devra, à travers un périple semé d'embûches, résoudre l'énigme lui valant d'être poursuivi et trouver le vrai coupable.
La distribution de ce film est éblouissante, y compris pour ce qui concerne le méchant, en la personne de Godfrey Tearle, qui interprète le rôle du professeur Jordan, notable respecté et au-dessus de tout soupçon.
La scène où il rencontre le héros est particulièrement réussie, Richard Hannay (Robert Donat), recherchant un homme avec l'auriculaire gauche coupé, le professeur levant l'autre main dont le petit doigt est amputé d'une phalange, lui demande : "ne serait-ce pas plutôt la droite ?"
La scène est ponctuée par un coup de revolver de Jordan sur Hannay qui ne devra la vie qu'à une bible se trouvant dans la poche du manteau volé à un fermier rencontré lors de sa fuite.
Elégant et raffiné en notable, meilleur ami du chef de la police, Godfrey Tearle est très convaincant. Il incarne le responsable d'une organisation secrète, les fameuses "39 marches" et n'hésite pas à la fin du film à abattre son complice M. Memory qui permet, grâce à sa mémoire phénoménale, de faire passer à l'ennemi, des secrets technologiques. Sa façon d'être en public et lorsqu'il se trouve seul avec Hannay est sensiblement différente et montre bien les deux aspects de son personnage.

Godfrey Tearle en bref : acteur américain, né en 1884 et mort à Londres en 1953, Tearle interprète ici un méchant comme les aimait Hitchcock : élégant, insoupçonnable, bien établi, il est le premier d'une longue lignée car ce type de rôle sera repris dans de nombreux films.
On n'aura toutefois pas l'occasion de le voir dirigé une seconde fois par le Maître.
 
 





 
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QUATRE DE L'ESPIONNAGE

(SECRET AGENT - 1936)




ROBERT YOUNG
A trois contre un.


Contrairement à L'Homme qui en savait trop, Peter Lorre incarne ici un espion1936-Quatre-Young.jpg sympathique et coureur de jupon, surnommé le Général, mais on peut regretter qu'il force un peu le trait. Il est le comparse d'Ashenden (John Gieglud) et d'Elsa (Madeleine Caroll) qui joue sa fausse épouse.
Le rôle du méchant, Marvin, est tenu par Robert Young qui interprète ici un espion allemand, recherché par les trois autres. L'action se situe pendant la première guerre mondiale.
Elsa finit par tomber sous le charme de l'espion et à le suivre, avant que ses amis la retrouvent dans un train alors qu'elle partait en territoire ennemi. Bombardé par l'aviation anglaise, le train déraille et Marvin blessé parvient, avant de mourir, à abattre le Général.
Séducteur et toujours tiré à quatre épingles, Robert Young incarne un espion très vraisemblable et qui, sous ses airs de gentleman, n'hésite pas à tuer pour arriver à ses fins. Il épargnera toutefois Elsa alors qu'un revolver à la main il découvre qu'elle est une espionne.
Une première fin voyait, au contraire, le Général abattre Marvin mais elle a, semble-t-il été refusée par la censure.

Robert Young en bref : acteur américain, né en 1907 et mort en 1998, ce sera sa seule apparition dans un film d'Hitchcock. Il est employé à contre-emploi puisqu'il jouait principalement dans des comédies jusque là.
 
 
 
 
 
 




 Agent-secret.jpg
AGENT SECRET

(SABOTAGE - 1936)



OSCAR HOMOLKA
La morale à nouveau bafouée.


1936-Agent-secret-Homolka3.jpgDès les premières images, le personnage de Verloc (Oscar Homolka) est campé : il fait partie d'une bande de bandits qui procèdent à des sabotages au cœur de Londres.
Le cinéma dont il est l'exploitant avec sa femme Sylvia (Sylvia Sydney), qui par ailleurs élève son petit frère Stevie (Desmond Tester), n'est qu'une couverture.
La police le surveille de près, par l'intermédiaire d'un agent secret Ted (John Loder), se faisant passer pour un marchand de fruits et légumes de la boutique voisine. Celui-ci ne tarde pas à éprouver des sentiments pour la charmante Mme Verloc.
Le film atteint son apogée dramatique lorsque Verloc confie au jeune Stevie un colis dans lequel se cache une bombe afin qu'il la remette à un complice pour faire sauter Picadilly. Le gamin traînant en route, la bombe finira par exploser dans un bus avant qu'il n'arrive à destination. Bien qu'il n'ait pas souhaité sa mort, le saboteur n'en sera pas excessivement peiné mais lorsque son épouse se rend compte de sa responsabilité, elle venge son jeune frère en poignardant de sang froid son mari dans une scène fameuse.
Le cinéma étant la proie d'une explosion avant la découverte du crime, du fait d'un complice de Verloc se sachant recherché, le forfait restera impuni avec la bénédiction du policier mis dans la confidence et approuvant cette dissimulation.
Oscar Homolka joue ici un méchant au double visage, gentil et même attentionné avec Stevie, ainsi qu'avec son épouse qui ignore tout de ses agissements, et froid et décidé dans son rôle de saboteur, même s'il répugne à tuer, il suit les consignes qui lui sont données sans trop de protestations. La mort accidentelle de son jeune beau-frère, dont il est directement responsable, l'ébranle à peine et il tente de minimiser les faits auprès de son épouse. Son rôle est très développé et bien plus intéressant que celui du fade policier.

Oscar Homolka en bref : acteur autrichien, né en 1898 et mort en 1978, Agent secret lui vaut un de ses plus grands rôles, il ne tournera que ce film avec Hitchcock.








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JEUNE ET INNOCENT

(YOUNG AND INNOCENT - 1937)



GEORGE CURZON
Le batteur bat de l'œil.


 Film léger, basé une nouvelle fois sur le thème de l'innocent accusé à tort, Jeune et innocent raconte l'histoire d'un jeune homme Robert Tsidall (Derrick 1937-Jeune-Curzon.jpgde Marney) poursuivi pour le meurtre d'une de ses amies, actrice. Il est bien entendu étranger à ce forfait et recherche, en compagnie d'une jeune fille d'abord contrainte puis rapidement éprise, Erica (Nova Pilbeam), le vrai meurtrier, aidé en cela par le vieux Will (Edward Rigby). Ce dernier a en effet reçu en cadeau, de la part d'un inconnu affublé de tics nerveux, un imperméable appartenant à Robert mais auquel il manque la ceinture ayant servi à étrangler la jeune femme.
Tout le film sera prétexte à retrouver cet homme, ce qui n'interviendra qu'en toute fin de film, lorsqu'il craquera nerveusement dans une scène d'anthologie.
Le criminel, qui était en fait Guy (George Curzon) le mari de la victime, n'apparaît qu'au tout début du film, dans une scène de ménage où il se fait gifler par son épouse après une dispute et à la fin lorsqu'il est découvert, trahi par son clignement d'yeux alors qu'il est batteur, grimé en Noir, dans un orchestre de bal.
Son rôle repose essentiellement sur ses grimaces faciales, le fait qu'il soit secoué de tics nerveux étant l'élément qui permet de l'identifier. Le personnage est finalement assez peu développé mais l'idée consistant à le grimer en Noir comme cela se faisait beaucoup à l'époque permet d'entretenir le suspense car il est méconnaissable, seul son tic nerveux le trahira.

George Curzon en bref : acteur anglais, né en 1898 et mort en 1976, il était déjà apparu dans L'Homme qui en savait trop, en 1934 et le sera à nouveau dans La Taverne de la Jamaïque en 1939. Il a, à chaque fois, tenu un rôle assez mineur, celui du meurtrier dans Jeune et innocent étant le plus consistant.
 
 
 
 
 
   
 
 
Femme-disparait.jpg
UNE FEMME DISPARAÎT
 
(THE LADY VANISHES - 1938)



 
PAUL LUKAS
Un médecin peu recommandable.


1938-Femme-disparait-Lukas.jpgCe qui restera comme l'un des plus grand succès d'Hitchcock et même du cinéma britannique, est un film enthousiasmant et particulièrement réussi où se mêlent espionnage, dissimulations, humour et légèreté.
L'histoire se passe dans un train dans lequel une vieille femme Miss Froy (Dame May Whitty) disparaît après que la jeune femme qui voyageait avec elle et avait sympathisé (Iris interprétée par Margaret Lockwood) se fût endormie.
Toute l'intrigue repose sur le fait que l'ensemble des passagers du train semble nier la présence de la vieille dame et essait de faire passer Iris pour folle.
Seul un jeune homme, Gilbert (Michael Redgrave) parvient à être convaincu de l'existence de Miss Froy et aide la demoiselle à la rechercher.
Après plusieurs péripéties, la vieille dame, qui est en fait une espionne chargée de véhiculer un secret sous la forme d'une mélodie chantonnée, est retrouvée. Elle était dissimulée sous des bandelettes, un médecin douteux, le Dr Hartz (Paul Lukas) se servant de ce stratagème pour la cacher et faire croire qu'il accompagnait une malade.
Le personnage du Dr Hartz est assez intéressant puisqu'en fait il se sert de sa position sociale pour faire croire qu'il transporte une malade gravement blessée sans éveiller le moindre soupçon. Il arbore évidemment une respectabilité sans faille et est secondé dans sa tâche par une fausse religieuse qui sera à l'origine de sa découverte puisqu'elle portait des talons hauts, ce qui ne va guère avec sa tenue. Ce détail mettra la puce à l'oreille aux deux jeunes gens et la fausse religieuse qui se ralliera à eux subira la vengeance du médecin.
Ce dernier voyant que Miss Froy lui a échappé organise une embuscade qui débouche sur une fusillade en règle mais tout finira bien pour les deux tourtereaux et pour la vieille dame.
On peut également citer, parmi les "méchants secondaires", le rôle de l'illusionniste Doppo (Philip Leaver), complice du Dr Hartz, qui partageait le compartiment de Miss Froy et dont le numéro de magie s'intitule "La femme qui disparaît". La scène durant laquelle il est découvert par les deux jeunes gens est particulièrement savoureuse.
Ce film assoira définitivement la réputation d'Hitchcock avant qu'il ne s'exile aux Etats Unis en 1939.
 
 
 

Paul Lukas en bref : acteur d'origine austro-hongroise, né en 1895 et mort en 1971, il était un acteur de théâtre réputé en Europe avant de venir à Hollywood. Il n'apparaîtra plus dans un film d'Hitchcock mais obtiendra un Oscar pour son rôle dans Quand le jour viendra de Herman Shumlin en 1944.
 
 
 
 
Taverne-Jamaique.jpg  
LA TAVERNE DE LA JAMAÏQUE

(JAMAICA INN - 1939)
 



CHARLES LAUGHTON
Notable maniéré à l'excès.


Dernier film réalisé en Angleterre, suite à la promesse fait à Charles Laughton1939-Taverne-Laughton.jpg de tourner un long métrage avec lui, cela restera un très mauvais souvenir pour Hitchcock.
Déjà peu enthousiasmé par le sujet de ce film en costumes, il connut de très nombreux problèmes avec son acteur principal qui était également producteur associé avec Erich Pommer par le biais de leur société commune "Mayflower".
L'histoire se passe en Cornouailles, une bande de naufrageurs, bénéficiant visiblement d'un soutien haut placé, fait régner la terreur en pillant systématiquement les bateaux s'approchant des côtes après les avoir fait s'échouer. Ils n'hésitent pas à tuer les marins pour s'emparer de leurs cargaisons. Une jeune fille Mary (Maureen O'Hara) vient vivre chez sa tante qui se trouve être l'épouse du tenancier de la Taverne de la Jamaïque qui est également le chef de la bande des pillards. Ces derniers accusant Trehearne (Robert Newton) l'un des leurs, de leur avoir volé de l'argent, ils veulent le pendre, mais Mary parvient à le sauver et s'enfuit avec lui. Ils sont rattrapés et amenés devant le véritable chef des bandits qui n'est autre que le très respectable Sir Humphrey (Charles Laughton), juge de paix de l'île.
Trehearne qui est en fait le nouveau juge de paix parvient à fuir et va chercher du secours, Sir Humphrey s'enfuit également après avoir pris Mary en otage, il finit par se jeter du haut du mât d'un bateau.
Le jeu d'acteur de Charles Laughton dans le rôle du très respectable Sir Humphrey est particulièrement caricatural, il joue à outrance les mimiques et les manières qu'il croit nécessaires pour rendre son personnage original et antipathique. Son attitude lui vaudra de nombreuses tensions avec Hitchcock tout au long du tournage, le réalisateur n'appréciant pas davantage que Laughton s'immisce dans sa façon de travailler. Ce dernier n'hésitait pas, en effet, à interrompre le tournage pendant plusieurs heures pour peaufiner telle ou telle attitude, ce qui avait le don de mettre Hitchcock en rage. Malgré cela, le côté Dr Jekyll et Mister Hyde du personnage plaisait particulièrement au réalisateur et cela l'aida à tenir durant les difficiles semaines de tournage. Il aimait également le côté sadique joué par Laughton dans la scène où il ligote Mary en lui avouant son amour. Il est vrai que le cynisme de l'acteur fait mouche.
Malgré tout, cela restera à jamais un très mauvais souvenir pour Hitchcock qui espérait trouver à Hollywood des conditions de travail et d'indépendance meilleures, hélas David Selznick, producteur omnipotent, ne l'entendait pas ainsi.

Charles Laughton en bref : acteur anglais, né en 1899 et mort en 1962, comme on l'a vu les relations entre les deux hommes n'étaient pas des plus chaleureuses. Hitchcock n'appréciait ni la façon de faire ni l'ingérence de son acteur. Il lui avait pourtant promis au cours d'un banquet pris en commun de faire un film avec lui et avait tenu parole.
Malgré ces désaccords, Laughton tournera à nouveau pour Hitchcock en 1947, il tiendra le rôle du juge dans Le Procès Paradine. Personnage extravagant et assez repoussant dans la vie, il réalisera également un seul et unique film en 1955, un véritable chef-d'œuvre, La Nuit du chasseur avec Robert Mitchum.



 
Les films de la période américaine (1940-1976)


Drapeau USA PM 





Rebecca.jpgREBECCA

(1940)



JUDITH ANDERSON
Premier méchant en jupon.


1940-Rebecca-Anderson.jpgPour son premier opus américain, Hitchcock réalise un film tiré d'une intrigue et avec des acteurs… britanniques.
Adapté d'un roman de Daphné du Maurier, Rebecca raconte l'histoire d'un riche notable veuf, Maxim de Winter (Laurence Olivier) qui s'éprend d'une jeune roturière (Joan Fontaine).
Il l'épouse rapidement et ils viennent tous les deux vivre dans la riche demeure de Manderley tenue d'une main de fer par la gouvernante Mme Danvers (Judith Anderson).
Cette dernière qui vouait un véritable culte à Rebecca, la première Mme de Winter, n'accepte pas qu'une autre prenne sa place. Elle fera tout pour déstabiliser et manipuler la peu expérimentée nouvelle maîtresse de maison et ira même jusqu'à lui suggérer le suicide comme remède à tous ses maux.
Le mystère entourant la disparition de Rebecca laisse à penser que son époux l'a peut-être tuée.
Mme Danvers est prodigieusement interprétée par Judith Anderson. Dès qu'on la voit faire la connaissance de la nouvelle Mme de Winter (dont le prénom n'est jamais cité), on a tout de suite envie de la détester tant elle paraît inquiétante, froide et peu avenante.
Elle est toujours vêtue d'une longue robe noire qui la rend très mince et ajoute encore à son austérité. Son visage reste impassible et ne traduit aucun sentiment, son interprétation est sans nuances. Elle est l'incarnation du mal absolu. Très vite on se rend compte qu'elle entretenait une étrange fascination envers Rebecca, tendant vers l'homosexualité, certes retenue, mais évidente. Elle n'a jamais accepté sa mort et veut tout faire pour que la suivante ne prenne pas sa place et pour qu'elle se sente une étrangère malgré les liens du mariage.
Elle apparaît toujours quand on ne l'attend pas, sans bruit, et Hitchcock a tenu à ce qu'on ne la voit pratiquement jamais marcher mais qu'elle arrive tel un fantôme et se retrouve derrière sa jeune maîtresse par surprise, ceci afin d'augmenter son côté énigmatique.
Elle ira au bout de sa folie diabolique en mettant le feu à Manderley, lorsqu'elle apprend l'innocence de Maxim (innocence toute relative puisqu'il avoue à demi-mot à son ami que Rebecca voulait mourir et qu'il l'a tuée), son geste n'ayant d'autre but que de les empêcher d'être heureux. Elle finira par périr dans l'incendie.
Force est de constater que Judith Anderson réalise une prestation admirable, qui lui valut d'ailleurs une nomination pour le meilleur second rôle féminin aux oscars 1941, mais hélas elle ne l'obtiendra pas alors que le film sera récompensé comme la meilleure production de l'année.
Pour un premier rôle féminin dans un personnage extrêmement négatif, Hitchcock, qui trouvait pourtant l'histoire démodée, réalise un coup de maître.

Judith Anderson en bref : actrice australienne, née en 1897 et morte en 1992, elle tient là son deuxième rôle au cinéma et on peut déplorer qu'elle n'ait pas eu la carrière, certes tardive, mais prometteuse qu'on pouvait espérer après ce film. Hitchcock ne fera plus appel à elle par la suite. Elle finira sa carrière par un rôle récurrent dans la série américaine Santa Barbara.


 
 
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CORRESPONDANT 17

(FOREIGN CORRESPONDENT - 1940)



HERBERT MARSHALL
Caché derrière sa notoriété.


Film d'action sur fond de déclaration de guerre, Correspondant 17 conte l'histoire d'un journaliste Américain, Johnny Jones (Joël Mac Crea) envoyé en1940-Correspondant17-Marshall.jpg reportage en Europe afin d'y rapporter les dernières nouvelles sur l'éventualité d'un conflit. Après bien des péripéties, il assiste à l'assassinat d'un diplomate Hollandais (il s'agit en fait d'un faux assassinat) puis rencontre Carol (Laraine Day), la fille du président d'un mouvement pacifiste, Stephen Fisher (Herbert Marshall). Jones finit par découvrir qu'en fait Fisher se sert de cette couverture pour pactiser avec l'ennemi. Il tente sans succès de faire tuer le journaliste et Jones révèle la véritable identité du traître dans l'avion les ramenant tous trois vers les Etats-Unis.
L'appareil est victime d'une attaque par un bateau allemand et sombre en mer. Les rescapés s'accrochent à une aile de l'avion mais rapidement le surpoids fait craindre le naufrage du radeau de fortune. Pour préserver les survivants, Fisher se sacrifie en se jetant à l'eau, expiant ainsi ses fautes.
Bien qu'il souffre d'une distribution sans relief, au moins pour les deux rôles principaux, Correspondant 17 comprend plusieurs scènes d'anthologie, que ce soit le meurtre sous la pluie, la découverte du moulin ou le crash de l'avion.
Herbert Marshall tient ici un rôle diamétralement opposé de celui qui était le sien dans Meurtre, n'hésitant pas à mettre son image en péril en jouant un traître à la solde de l'ennemi. C'est d'autant plus un rôle de composition qu'il a été blessé durant la Première guerre et avait une jambe de bois, ce qui lui vaut cette légère claudication aisément décelable.
Il interprète un Stephen Fisher qui trompe tout son monde, profitant de son poste à la tête d'une organisation pacifiste pour récolter des informations destinées à l'ennemi. Il est, comme toujours, élégant, sûr de lui mais aussi impitoyable lorsqu'il le faut, n'hésitant pas à commanditer le meurtre de Johnny Jones. Il donnera toutefois un côté humain à son personnage en se sacrifiant pour que sa fille puisse survivre avec celui qu'elle aime.

Herbert Marshall en bref : acteur anglais, né en 1890 et mort en 1966, il retrouve ici Hitchcock après une première participation dans Meurtre. Sa carrière est bien remplie puisqu'il aura tourné avec les plus grands : Lubitsch, Preminger, Wyler…



 
  

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SOUPÇONS
 

(SUSPICION - 1941)



CARY GRANT
Nouveau rendez-vous manqué.


1941-Soupcons-Grant.jpgPersuadée que son mari Johnnie Aysgarth (Cary Grant) veut l'empoisonner avec le verre de lait qu'il lui tend, Lina (Joan Fontaine) le boit, résignée et prête à mourir pour celui qu'elle aime, après lui avoir donné une lettre écrite de sa main en lui demandant de bien vouloir la poster.
Il s'agit en fait de ses aveux concernant les agissements de son époux et destinés à sa mère, que cette dernière recevra comme explication des raisons du décès de sa fille.
C'est de cette façon tragique que devait initialement se terminer Soupçons, première collaboration entre Hitchcock et Cary Grant. C'était sans compter sur la morale et surtout la censure qui sévissait à l'époque. Aussi, pour la seconde fois de sa carrière, après Les Cheveux d'or, Hitchcock doit modifier le scénario initial et après bien des problèmes et des hésitations, allant jusqu'à mettre en péril même la continuation du tournage, la fin est modifiée et finalement le personnage joué par Cary Grant n'est pas aussi noir qu'il n'y paraît. Il est certes coureur, dépensier et un peu malhonnête mais il n'a pas tué son meilleur ami, n'a jamais voulu éliminer sa femme, la morale est donc sauve. Ils pourront tous deux couler des jours heureux.
La remarquable scène durant laquelle il monte l'escalier en portant le verre de lait à son épouse n'a plus la signification de mise à mort initialement prévue, tout le ressenti vu du point de vue de Lina n'est que le fruit de son imagination et de sa paranoïa.
Cary Grant, déjà une très grande vedette à l'époque, ne compromettra pas son image de séducteur irréprochable.

Cary Grant en bref : acteur anglais, né en 1904 et mort en 1986, Cary Grant est avec James Stewart l'un de deux acteurs favoris du Maître. On le retrouvera dans 3 autres longs métrages : Les Enchaînés, La Main au collet et La Mort aux trousses, tous des rôles de héros positif. Acteur de comédies légères à ses débuts, il a pris une nouvelle dimension sous la direction d'Hitchcock.
Il jouissait d'une popularité exceptionnelle et entretenait des rapports très cordiaux et presque amicaux avec le réalisateur. 

 

   
 
 
 
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CINQUIÈME COLONNE

(SABOTEUR - 1942)
 



OTTO KRUGER et NORMAN LLOYD
La vie ne tient qu'à un fil.


De nombreux méchants parcourent ce film puisqu'ils font tous partie du même1942-colonne-Kruger-Lloyd.jpg réseau d'espions qui participe à des sabotages au travers du pays.
Parmi tous ces personnages négatifs, retenons surtout les deux principaux : Charles Tobin (Otto Kruger) et Frank Fry (Norman Lloyd). Le premier est un riche propriétaire de ranch, notable reconnu, le second est un de ses hommes de main, véritable bras armé chargé des actes de sabotage.
Un jeune ouvrier Barry Kane (Robert Cummings) est pourchassé par la police car il est accusé d'avoir saboté l'usine aéronautique dans laquelle il travaille et d'être ainsi responsable de la mort de son meilleur ami. Au cours de sa fuite pour retrouver Fry qu'il soupçonne d'être le saboteur, il rencontre Tobin, le chef du réseau. Parvenant à lui échapper, il fait la connaissance d'une jeune femme Patricia Martin (Priscilla Lane) qui le croit d'abord coupable et veut le livrer avant de découvrir son innocence. Ils ne parviendront pas à empêcher un nouveau sabotage organisé lors du baptême d'un navire mais alors que Tobin prendra la fuite à l'étranger, Fry poursuivi par Kane s'écrasera du haut de la Statue de la Liberté dans une scène d'anthologie, Kane tentant de le retenir par la manche de sa veste, mais la couture de celle-ci céda petit à petit et Fry chuta dans le vide. Le réalisateur a regretté par la suite que ce ne soit pas le héros qui soit en danger, de façon à intensifier le côté dramatique. Malgré tout, la scène fonctionne à merveille.
Otto Kruger en Charles Tobin incarne parfaitement le riche propriétaire d'un ranch cossu, respecté de la bonne société et ami du chef de la police locale. Son visage émacié, ses yeux clairs, son sourire et ses bonnes manières lui permettent de se faire passer pour ce qu'il n'est vraiment pas. Son attitude en privé, bien que toujours parfaitement courtoise, ne laisse aucun doute sur sa détermination à imposer ses idées.
Norman Lloyd a un rôle plus effacé mais tout aussi nuisible puisqu'il est l'homme de main principal de Tobin. C'est lui qui déclenche les attentats et est donc responsable des morts qui s'ensuivent. La scène finale au sommet de la statue de la Liberté, en dehors du symbole que cela représente, lui permet pour essayer de sauver sa peau, d'innocenter Barry Kane, cela ne suffira cependant pas, malgré toute la bonne volonté du héros, sa vie n'a tenu qu'à un fil, celui de la couture de sa veste.

Otto Kruger en bref : acteur américain, né en 1885 et mort le jour de ses 89 ans. Il tient ici un rôle différent de ceux auxquels il était habitué jusqu'alors puisque son physique le cantonnait surtout à des emplois de médecin, d'avocat… Il ne tournera plus avec Hitchcock.

Norman Lloyd en bref  : acteur américain, né en 1914. Ce film fut le début d'une longue collaboration entre les 2 hommes puisque s'il ne jouera qu'une seconde fois pour Hitchcock, un rôle secondaire dans La Maison du Dr Edwardes en 1945, il produira avec Joan Harrison les téléfilms tournés dans les séries Alfred Hitchcock présente et Une heure avec Alfred Hitchcock de 1955 à 1965.




 

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L'OMBRE D'UN DOUTE

(SHADOW OF A DOUBT - 1943)
 



JOSEPH COTTEN
Mon oncle ce héros.
 
1943-Ombre-Cotten.jpgAutant le dire d'emblée, L'Ombre d'un doute fait partie des meilleurs films d'Hitchcock (c'était d'ailleurs son préféré) et la prestation de Joseph Cotten n'est bien sûr pas étrangère à la réussite de ce film en tous points remarquable.
Des liens étroits et presque troublants unissent la jeune Charlie Newton (Teresa Wright) à son oncle Charles Oakley surnommé également Charlie (Joseph Cotten) poursuivi par la police et venu se réfugier de façon inavouée dans sa famille.
L'homme, élégant, charmeur, généreux, se fait rapidement adopter par toute la famille et plus largement par les habitants de la petite ville de Santa Rosa. Il fascine littéralement sa nièce qui le porte aux nues, mais petit à petit des événements troublants se déroulent et de découvertes en découvertes, la jeune Charlie se rend compte que l'oncle tant aimé et qu'elle vénère pourrait bien être ce tueur cynique surnommé "le meurtrier des veuves joyeuses", ainsi appelé car il profite de son charme pour détrousser puis tuer de riches femmes ayant perdu leur mari.
Conscient que Charlie l'a démasqué, l'oncle tente alors de la supprimer à deux reprises, sans succès, s'ensuit alors une impitoyable guerre des nerfs entre les 2 parents. Oakley décide alors de quitter la ville, talonné par la police et au moment où son train démarre, il parvient à faire monter de force sa nièce et essaie de la jeter sur les rails, mais c'est finalement lui qui tombe et meurt écrasé par un train venant en sens inverse.
Film basé sur la dualité, L'Ombre d'un doute est parfaitement réussi et l'oncle Charlie, formidablement campé par Joseph Cotten, nous paraît tour à tour trouble, lorsqu'il échappe aux policiers qui le traquent, dissimulateur lors de son arrivée en gare tel un vieillard aussitôt après requinqué, généreux quand il couvre toute la famille de cadeaux, séducteur envers les femmes de la ville, fascinant pour sa nièce, voyou lorsqu'il se rend dans la banque où travaille son beau-frère puis carrément cynique quand il évoque les riches veuves qu'il compare à des truies, machiavélique lorsqu'il tente de faire croire à des accidents quand il veut tuer sa nièce et enfin impitoyable en voulant la jeter hors du train.
On peut malgré tout lui trouver un petit côté attendrissant lorsque sa sœur évoque ses problèmes lorsqu'il était enfant.
 
Joseph Cotten en bref : acteur américain, né en 1905 et mort en 1994, sa carrière démarre en 1938 et dès 1941 il figure au générique du mythique Citizen Kane. Il retrouvera Hitchcock une première fois en 1949 quand il jouera Sam Flusky, l'époux d'Henrietta (Ingrid Bergman) dans Les Amants du Capricorne, film au succès mitigé, puis une dernière fois en 1955 où il tient le rôle principal de Breakdown, un des premiers téléfilms de la série télévisée Alfred Hitchcock présente.
Pour chacune de ces apparitions, il tient un rôle de rustre parvenu, ancien bagnard reconverti en riche propriétaire terrien dans le film et patron impitoyable victime d'un accident de la route à la télévision.
Il était assez lié avec Hitchcock et était particulièrement apprécié de Patricia, sa fille.



 



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LIFEBOAT

(1944)



WALTER SLEZAK
Un nazi dans le microcosme.
 

 
Défi technique insensé, Lifeboat se situe intégralement dans un espace très réduit puisque à aucun moment la caméra ne quitte l'embarcation de sauvetage à bord de laquelle sont tour à tour montés 9 survivants, victimes1944-Lifeboat-Slezak.jpg du torpillage de leur navire par un sous-marin allemand, durant la dernière guerre. Il se trouve qu'un des passagers Willy (Walter Slezak) est Allemand et après avoir envisagé de le jeter à l'eau, les autres occupants l'acceptent car il est le seul à savoir naviguer. Ils comptent sur lui pour les mener à bon port.
C'est avant tout la gageure de filmer un microcosme confronté en milieu clos aux aléas inhérents à la dérivation en mer de leur embarcation qui attirait Hitchcock. Les caractères de chacun se dévoilent au fur et à mesure des difficultés rencontrées : le suicide d'une passagère dont le bébé est mort, l'amputation de Gus (William Bendix) souffrant de gangrène, la tempête, mais également la faim avec le rationnement et la soif par le manque d'eau potable.
Après avoir fini par adopter le capitaine allemand, les survivants se rendent compte que contrairement à ses dires, il cache une boussole et une flasque d'eau potable dont il est seul à profiter. Il se sert de la boussole pour diriger le canot vers les eaux ennemies alors que les autres pensent qu'il les mène vers les alliés.
Quand ils se rendent compte qu'il s'agit en fait du commandant du sous-marin allemand responsable de leur naufrage, les autres le lynchent et le précipitent à la mer.
Alors qu'ils sont sur le point d'arriver, un torpilleur allemand s'apprête à les bombarder, mais il coule lui-même, abattu par un bateau américain.
Ce film a valu bien des critiques à son metteur en scène car l'Allemand qui représente l'ignoble régime nazi est ici montré comme un être supérieur aux autres puisqu'il est le seul à savoir naviguer et prend rapidement le commandement. C'est sans compter sur son réel caractère puisqu'il est en fait fourbe et hypocrite.
Hitchcock réfutera ces accusations en soulignant qu'au début des années 40, les démocraties symbolisées par les autres passagers étaient en ordre dispersé et que seule l'Allemagne représentée par Slezak savait dans quelle direction elle voulait aller.
Walter Slezak, tout en rondeur a un visage plutôt sympathique, ce qui ne rend pas le personnage de Willy abominable. Il semble même vouloir venir en aide à ses compagnons de galère. C'est lui qui réussit l'amputation de Gus et parvient à maintenir l'embarcation à flot malgré la tempête. Il est volontiers rieur et chante pour détendre l'atmosphère, il semble sincère.
C'est tout le mérite de Slezak, de parvenir à jouer tout en nuance un être au fond très noir mais qui sait se faire accepter par roublardise.

Walter Slezak en bref : acteur austro-hongrois, né en 1902, il s'est suicidé en 1983. Il avait commencé sa carrière en Allemagne avant de se réfugier aux USA durant la guerre et d'y poursuivre ses activités. Le caractère marqué de son interprétation fait qu'Hitchcock n'a pas eu l'occasion de faire appel à lui une seconde fois.
 





 
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LA MAISON DU DR EDWARDES

(SPELLBOUND - 1945)



LEO G. CARROLL
Un fou dans une maison de fous.


1945 Dr Edwardes Carroll Premier film de l'histoire basé sur la psychanalyse, et qui rencontrera un très grand succès, il est l'occasion de la rencontre entre Hitchcock et Ingrid Bergman qui sera une de ses actrices favorites et une véritable amie.
Le Dr Murchison (Leo G. Carroll) doit prendre sa retraite et quitter l'établissement psychiatrique qu'il dirige. Son remplaçant, le Dr Edwardes (Gregory Peck) arrive à la clinique et Constance Petersen (Ingrid Bergman) qui travaille comme brillante analyste dans l'établissement tombe rapidement sous son charme. Très vite, le comportement du Dr Edwardes interpelle sa consœur, il est en effet fréquemment sujet à des malaises ou des phobies et souffre d'amnésie. Elle ne tarde pas à découvrir qu'il n'est pas celui qu'il prétend être. Accusé d'être le meurtrier du véritable Dr Edwardes, John Ballantyne (son vrai nom) fuit la police et recouvre la mémoire en se rendant sur les lieux du crime mais est arrêté. Constance en bonne analyste finit par décrypter son rêve étrange et découvre que le véritable assassin est le Dr Murchison qui ne supportait pas l'idée de son remplacement.
Leo G. Carroll sous les traits de Murchison profite de son physique assez austère pour camper un médecin tout à fait plausible en responsable de cette clinique d'avant garde où la psychanalyse tient une place de choix.
Malgré les apparences, il se révèle être aussi psychopathe que ses patients et, confondu par son excellente assistante, il préfère se suicider plutôt que de la tuer pour la faire taire. Carroll, peu habitué aux rôles de méchant paraît être un collaborateur attentionné et bienveillant envers Constance, presque un second père. La scène finale durant laquelle elle lui dévoile le cheminement de son raisonnement est très intéressante puisqu'en grand professionnel, il décrypte avec elle les méandres du rêve que lui a raconté Ballantyne, même si cela doit mener à dévoiler sa culpabilité.

Leo G. Carroll en bref : acteur anglais, né en 1892, et mort en 1972, il est le comédien le plus utilisé par Hitchcock. Sa carrière sous l'égide du metteur en scène avait démarré avec Rebecca (1940), avant d'enchaîner avec Soupçons (1941). Il tournera encore après ce film dans Le Procès Paradine (1947), L'Inconnu du Nord-Express (1951) et enfin La Mort aux trousses (1959). Ce film est l'occasion de son unique rôle négatif puisque dans tous les autres longs métrages il incarnait des notables tout à fait respectables. Sa longue carrière a surtout été constituée de rôles secondaires qu'il savait rendre particulièrement efficaces.
 

projecteur3  Voir également dans Friand'Hitch l'anecdote "La preuve par 6" sur les collaborations entre Hitchcock et Leo G. Carroll.
 
 
 
 

Enchaines.jpgLES ENCHAÎNÉS

(NOTORIOUS - 1946)
 
 
 



CLAUDE RAINS
 Fou d'amour et sous influence.
 
Quand le devoir prend le dessus sur l'amour, il doit être très difficile de voir celle qu'on aime en épouser un autre, à fortiori lorsque1946-Enchaines-Rains.jpg celui-ci est un ancien nazi. C'est en tout cas la situation difficile que vit Devlin (Cary Grant) qui, après avoir recruté Alicia Huberman (Ingrid Bergman) pour le compte des services secrets américains, la voit être demandée en mariage par celui qu'elle doit démasquer, Alexander Sebastian (Claude Rains).
Elle-même fille d'un nazi, farouchement opposée à cette idéologie, elle accepte la proposition de Sebastian, estimant que sa position lui permettra d'œuvrer plus facilement et qu'elle rachètera ainsi les fautes de son père.
Malheureusement, malgré la fascination qu'il éprouve pour une épouse trop belle pour lui, le traître finira par se rendre compte de la situation, et poussé par une mère possessive à l'extrême (Leopoldine Konstantin) et pressé par des "amis" inquiétants, il entreprendra de l'empoisonner pour la réduire au silence, aidé en cela par sa mère.
Il sera tout près d'arriver à ses fins, mais Devlin viendra la secourir en toute dernière extrémité, et l'emportera loin de son bourreau qui devra s'expliquer auprès de ses amis subitement moins compréhensifs.
Formidable film, avec un non moins formidable Claude Rains, Les Enchaînés est une pure réussite. Le contraste saisissant entre la superbe Ingrid Bergman et Claude Rains au physique très quelconque donne une dimension particulière à son rôle.
Il nous apparaît beaucoup plus petit que son épouse et, de ce fait, on a plus envie de le prendre en pitié que de le haïr, d'autant plus qu'il est tiraillé par son amour immodéré pour sa femme et une mère possessive à l'excès et jalouse. On aurait d'ailleurs pu inclure l'excellente Leopoldine Konstantin à cette analyse tant elle paraît avoir d'emprise sur son fils. Ce sentiment de pitié à l'égard de Sebastian est encore renforcé par le fait qu'il est toujours très prévenant envers celle qu'il aime et qu'à aucun moment nous ne le voyons faire quelque chose de répréhensible. Ses sentiments envers sa femme sont sincères et empreints d'une certaine fascination. Il paraît également plus modéré que ses comparses, répugnant à éliminer un des leurs qui a ostensiblement gaffé. C'est aussi la force d'Hitchcock que de brosser des portraits réalistes sans vraiment se soucier de la motivation des personnages. Le secret, en l'occurrence l'uranium, n'est qu'un prétexte à l'action et au déroulement du film, on n'y attache aucune importance. C'est le parfait MacGuffin.
Bien que l'on ait évidemment envie que Devlin et Alicia se retrouvent pour s'aimer enfin, on finit malgré tout par craindre pour Sebastian lorsqu'ils le laissent seul, à la merci de ses amis, abandonné à son sort. Nul doute qu'un destin funeste l'attend.
Jusqu'au bout, Claude Rains sait rendre son personnage émouvant voire attachant, en cela il est un acteur remarquable et signe une performance inoubliable.

Claude Rains en bref : acteur anglais, né en 1889, et mort en 1967, il monte sur les planches à 11 ans et aura une carrière bien remplie, se spécialisant grâce à son physique dans les rôles de méchant. Il tournera en 1961 dans le téléfilm The Horse Player sous la direction du Maître dans sa série télévisée. Il tient là le rôle d'un drôle de paroissien qui après avoir gagné aux courses incite le curé à en faire de même pour faire réparer la toiture de l'église.





 

undefinedLE PROCÈS PARADINE

(THE PARADINE CASE - 1947)
 
 



ALIDA VALLI
Nymphomane et meurtrière.
 
 
1947-Paradine-Valli.jpg 
La troublante Maddalena Paradine (Alida Valli) a-t-elle empoisonné son mari âgé, aveugle et riche ? C'est en tout cas ce dont on l'accuse. Son avocat Anthony Keane (Gregory Peck) qui va rapidement tomber amoureux d'elle, au grand désespoir de son épouse Gay (Ann Todd), va tenter de faire porter la responsabilité de cet acte au palefrenier André Latour (Louis Jourdan) qui était au service du défunt. Le défenseur va finir par découvrir que ce dernier était l'amant de la belle madame Paradine et après qu'il se soit suicidé, la jolie veuve avouera être la meurtrière et révélera au tribunal qu'elle est coupable, non sans ajouter qu'elle méprise son avocat qu'elle accuse d'être à l'origine de la mort de son amant. Keane abattu quitte la salle mais son épouse lui pardonnera ses écarts.
Alida Valli incarne une madame Paradine tout en beauté glaciale, son visage ne traduit jamais le moindre sentiment, il est presque toujours immobile, insensible aux événements extérieurs. Son élégance naturelle en fait une aristocrate parfaite qui n'hésite toutefois pas à jeter ses bonnes manières aux orties en s'adonnant à son garçon d'écurie pour qui elle éprouve des sentiments si forts que l'annonce de son suicide la fera avouer son meurtre alors qu'elle plaidait non coupable à l'ouverture du procès.

Alida Valli en bref : actrice italienne, née en 1921 et morte en 2006, elle démarre avec ce film une courte carrière américaine. Sa participation est restée incertaine jusqu'aux premiers jours du tournage, car elle n'était pas sûre d'obtenir un visa en raison du passé de son mari, jugé trop proche des autorités fascistes. Plusieurs autres actrices ont été approchées pour pallier son absence, notamment Joan Crawford, Vivien Leigh et Ginger Rogers
Bien qu'elle fût imposée à Hitchcock par le producteur David O. Selznick qui voyait en elle une nouvelle Ingrid Bergman, le réalisateur loua ses facultés d'adaptation dans une langue qui lui était étrangère. C'est sa seule participation dans un film du Maître.
 
 
 
 
 
 
                                                                                                     La suite 
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commentaires

Mme Policar 15/01/2011 19:07


Dans Soupçon Cary Grant n'est pas le méchant on croit effectivement qu'il est méchant mais il aime sa femme et on le voit biens à la fin.