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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 08:55

 

        

 

  SOMMAIRE :

 


# 1 -  PRÉSENTATION ET PETITE ACTU HITCHCOCKIENNE
Carton rouge à Universal Vidéo

# 2 -  FILMOGRAPHIE COMPLÈTE
50 ans de films

 
Panorama des films qui ont construit la légende du Maître :
 # Les 39 marches  # Une Femme disparaît # Soupçons # L'Ombre d'un doute # Les Enchaînés
# L'Inconnu du Nord-Express # Le Crime était presque parfait
# Fenêtre sur cour

# 4 - LES FILMS QUI ONT FAIT SA LÉGENDE (2ème partie de 1956 à 1972)     
La suite :
# L'Homme qui en savait trop # Le Faux coupable # Sueurs froides
# La Mort aux trousses # Psychose # Les Oiseaux # Frenzy
 
Gros succès sur petit écran

# 6 -  COUPS DE PROJECTEUR
Mise en lumière de points importants :  
#
Le décor de Fenêtre sur cour
   # La tour virtuelle de Sueurs froides
  # L'attaque de l'avion de La Mort aux trousses  
# Le meurtre sous la douche de Psychose
# François Truffaut et l'histoire des entretiens
  # L'attaque finale dans Les Oiseaux 

         
# 7 - COUPS DE CŒUR  
    
Gros plan sur les choses et les êtres qui ont compté :
  # Bernard Herrmann : le compositeur sur mesure  

# Alma Reville : l'indispensable Mme Hitchcock

 # Grace Kelly : jamais prénom ne fut si bien porté   

# 8 - COUPS DE GRIFFES
Tout n'a pas été parfait :
   # Hitchcock et les oscars : le mépris d'Hollywood 
# Les erreurs dans les films d'Hitchcock
 
   # 9 - EXPOSITION TEMPORAIRE   
Rubrique régulièrement renouvelée
 En travaux 
 

Petite revue des raisons qui font qu'Hitchcock est un réalisateur à part

                
  # 11 -  LES APPARITIONS D'HITCHCOCK EN IMAGES
Tous les cameos qui ont fait sa légende détaillés
 3 nouvelles apparitions surprenantes !!!  
   Et un bonus très original !!!       
                                                                                                                          
# 12 - LES ACTRICES ESSENTIELLES DANS L'ŒUVRE D'HITCHCOCK
De Madeleine Carroll à Tippi Hedren, toutes celles qui l'ont envoûté

# 13 - LES ACTEURS ESSENTIELS DANS L'ŒUVRE D'HITCHCOCK
Gentlemen et bien élevés
 
# 14 - LES ACTEURS ET ACTRICES FRANÇAIS
Plus nombreux que vous ne l'imaginez
 
# 15 - À LA RECHERCHE DU MACGUFFIN
Décodage de ce concept, hitchcockien par excellence
 
# 16 - LES MÈRES ET LEUR INFLUENCE SUR LE HÉROS
Parfois douces, parfois terrifiantes
 
Revue des héros malfaisants de 1927 à 1947
 
Les suivants, de 1948 à 1976
 
# 19 - FRIAND'HITCH (Anecdotes)

                                                                                                             #  Hitchcock dans "Scènes de ménages"       

                                                                                                             #  Hitchcock en chanson dans l'album Héros d'Eddy Mitchell

                                                                                                             #  Hitchcock et Titanic : un projet tombé à l'eau                                                                                       

                                                                                                             #  Vera Miles ou Kim Novak, quelle Carlotta dans Sueurs froides ?

                                                                                                             #  La maison de Psychose

                                                                                                             #  Jessie Royce Landis et Cary Grant, mère et fils dans La Mort aux trousses

                                                                                                             #  Elsie Randolph de A l'est de Shanghai à Frenzy  : 40 ans de patience

                                                                                                             #  Basil Radford et Naunton Wayne dans Une Femme disparaît : un duo prisé

                                                                                                             #  Roy Thinnes, acteur éclair dans Complot de famille

                                                                                                             #  Patricia Hitchcock, actrice et fille de son père

                                                                                                             #  Les 7 rôles du recordman Leo G. Carroll

 

 
 

 

  Hitchcock banner photos

 

 

 

 

 

 

 

 

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 08:54


Titre Hitchcock et les acteurs Le blog de Mike Guffin (2)




 

Sous ce pseudo en forme de clin d'œil (*) se cache un vrai passionné de l'œuvre d'Alfred Hitchcock et rien d'autre.  

Précurseur dans bien des domaines, perfectionniste intransigeant, il a toujours su privilégier le visuel par rapport aux dialogues et il avait une idée si précise de ses films avant de les tourner qu'il gâchait très peu de pellicule. Le hasard n'avait pas sa place.
Il n'a
, bien entendu, pas tourné que des chefs-d'œuvre, mais sa filmographie est si cohérente et ses films si aboutis que 30 ans après sa mort, il est encore vénéré par bien des cinéphiles ou des professionnels du cinéma. Souvent copié ou pillé, mais jamais égalé.
J'enrichis régulièrement ce blog avec de nouveaux sujets, toujours en rapport avec Hitch bien sûr, alors n'hésitez pas à me faire part de vos remarques, critiques ou suggestions.


Mon seul but est de vous faire partager ma passion pour ce Maître incontesté qui a profondément marqué l'histoire du cinéma afin que son œuvre si riche ne tombe jamais dans l'oubli, rien ne serait plus injuste...
 

                                            


(*) Voir le décryptage du MacGuffin  dans la rubrique A la recherche du MacGuffin.

 



Pellicule-Hitch4.jpg                                                

 

 


Titre actualité hitchcockienne rouge
 

 

 

 

9 mars 2017
 


Carton rouge à Universal Vidéo qui vient de rééditer en DVD les 15 films d'Hitchcock figurant à son catalogue.

Si les 4 chefs d'œuvre que sont Fenêtre sur cour, Sueurs froides, Psychose et Les Oiseaux bénéficient, pour le même prix de 10 € maxi, d'une édition double DVD (la même que celle parue en 2011 avec le label " Édition spéciale" mais dans un boîtage moins luxueux), il n'est pas tolérable que trois films majeurs : Pas de printemps pour Marnie, Le Rideau déchiré et L'Étau ne soient toujours pas proposés dans leur format panoramique d'origine (16/9ème), l'image étant tronquée et rongée par des bandes noires de part et d'autre, en raison de sa retranscription en 4/3. C'est faire peu de cas du respect et de l'attente des cinéphiles en droit d'exiger enfin pour ces films une image conforme à celle tournée à l'origine, comme c'est d’ailleurs le cas pour les autres. C'est d'autant moins admissible que les éditions en Blu-ray bénéficient du bon format et que la conversion en DVD ne demandait qu'un minimum d'efforts !

 

 

 

 

Le même visuel qu'en Blu-ray mais n'en espérez pas plus !

 

 

 

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16 février 2015

Marseillais de naissance, l'acteur français Louis Jourdan est décédé à Los Angeles le 14 février à plus de 93 ans. Il a réalisé pratiquement toute sa carrière aux Etats-Unis où il incarnait à merveille le "French lover", très en vogue après la deuxième Guerre Mondiale. Il a joué dans
Le Procès Paradine, tourné pour Hitchcock et sorti en 1947 et y tenait le rôle d'André Latour, amant et complice de la belle et meurtrière Madame Paradine.

Outre ce film, il est également apparu dans de nombreux films ou séries, notamment Gigi de Vincente Minnelli ou Octopussy, un opus de la saga James Bond.


                                                                         
                              

 

 

fleche (10) Pour en savoir plus : Les acteurs français dans les films d'Hitchcock.

 

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10 janvier 2015

Rod Taylor qui a tenu le rôle de Mitch dans Les Oiseaux en 1963 est mort d'une crise cardiaque le 9 janvier 2015 à l'âge de 84 ans. Originaire d'Australie, son côté "homme taillé dans la masse" avait séduit Hitchcock et bien que peu connu du grand public au moment de la sortie du film, sa prestation a été très convaincante et Hitchcock s'en montrait satisfait.



                                                                                                                                                   

 

 

 

 

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17 décembre 2013

Actrice oscarisée pour son rôle de Lina Mac Kinlaw dans Soupçons (1941) mais aussi reconnue pour celui de la nouvelle Mme de Winter dans  Rebecca l'année précédente et dans bien d'autres films, Joan Fontaine, actrice typiquement hitchcockienne est décédée le 15 décembre 2013 à l'âge de 96 ans. Sa fragilité avait retenu l'attention d'Hitchcock qui a su parfaitement la faire passer à l'écran.


                                            
             

 

 

 

 

fleche (10) Pour en savoir plus : Les actrices essentielles dans l'oeuvre d'Hitchcock et Coups de griffes (Hitchcock et les oscars : le mépris d'Hollywood).

 

 

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12 août 2013

Née le 1er juillet 1938, l'actrice américaine Karen Black nous a quittés le 8 août dernier. Elle a joué le rôle de Fran, l'épouse du bijoutier escroc dans le dernier film d'Hitchcock Complot de famille sorti en 1976.


                                            
             

 

 

fleche (10) Pour en savoir plus : Portraits de méchants (2ème partie).

 

 

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27 juin 2013

 

 



HITCHCOCK

 

le film

Sorti en DVD et BLU RAY depuis le 26 juin 2013

                                                                     Hitchcock Le film affiche VF

                                    Hitchcock the movie affiche (2)               Hitchcock the movie affiche (3)               Hitchcock the movie affiche (4)              Hitchcock the movie affiche (7)               Hitchcock the movie affiche (6)

                                      

 


Voici mes impressions (qui bien entendu n'engagent que moi) sur le film "Hitchcock" réalisé par Sacha Gervasi que j'avais vu en VO à sa sortie et qui vient de paraître en DVD. Je ne suis nullement critique de cinéma mais seulement un spectateur lambda qui a une certaine connaissance de l'œuvre et de la vie du cinéaste.

J'attendais ce film avec une certaine impatience mêlée de méfiance mais au final, mon sentiment est globalement positif car la vérité est dans l'ensemble plutôt bien respectée.
Tout d'abord le titre aurait pu laisser croire à un biopic mais le film se contente de retracer la vie d'Hitchcock lors de l'élaboration puis du tournage de Psychose. C’est en effet une période passionnante et riche en événements.
Certains aspects sont bien brossés, notamment la personnalité du metteur en scène ainsi que les doutes et les risques auxquels il était confronté pour parvenir à ses fins. Les problèmes avec la censure sont eux aussi bien réels et les rapports avec les actrices, spécialement Vera Miles sont tout à fait crédibles. Hitchcock avait en effet une façon de fonctionner assez particulière et n'a jamais pardonné à Miles d'être tombée enceinte juste avant le tournage de Sueurs froides.
Il faut noter aussi avec intérêt l’exactitude de la monumentale campagne de publicité mise en place au moment de la sortie du film et parfaitement retranscrite à la fin.
Mes plus grosses réserves sur le film concernent d'une part les scènes où apparaît Ed Gein le tueur psychopathe qui a inspiré le rôle de Norman Bates dans le roman de Robert Bloch. Non seulement elles n'apportent rien au film mais en plus elles sont tout à fait déplacées voire grotesques et on se demande bien ce qui a pu motiver Gervasi.
Enfin, les relations entre Hitch et Alma ne reflètent pas la réalité. Son épouse était en fait beaucoup plus présente à ses côtés tout en restant en retrait, ce que ne traduit pas vraiment le film et en aucun cas elle n’aurait pris le relais de son mari souffrant pour diriger le tournage en son absence. Elle savait parfaitement rester à sa place.
Pour ce qui concerne sa "romance" avec Whitfield Cook si elle a effectivement été évoquée par Patrick McGilligan dans sa biographie du Maître «Alfred Hitchcock - Une vie d'ombres et de lumière», elle était antérieure d’une douzaine d’années au tournage de Psychose et s’ils ont bien travaillé ensemble sur un scénario, la suite n'est pas certaine et il est évident que le réalisateur a saisi l'opportunité d'ajouter un peu de piquant à son histoire.

L'interprétation d’Anthony Hopkins en Hitchcock ventripotent réussit le tour de force de ne pas être caricaturale et on finit par croire qu'il s'agit vraiment du personnage avec ses excentricités, son penchant pour la boisson et ses frustrations vis-à-vis des femmes.
Helen Mirren campe avec beaucoup de justesse une Alma aussi effacée mais moins déterminante que dans la réalité, enfin les acteurs jouant des acteurs sont eux aussi assez bien vus, Scarlett Johansson dans le rôle de Janet Leigh étant la plus convaincante.
Au final, Sacha Gervasi s'en sort plutôt bien, sa réalisation est plaisante, sans être d'une originalité folle et la mémoire du Maître n'est pas trop malmenée. Ce film me laisse une impression positive même si certains défauts auraient pu être évités.

 

Si vous aimez Hitchcock, vous n'aimerez pas forcément "Hitchcock" mais ce n'est après tout pas très grave car comme le répétait souvent le Maître : «It's only a movie…».

Anthony Hopkins Alfred Hitchcock

                                                                                                                 Anthony Hopkins sous les traits d'Alfred Hitchcock




 

 

 

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Le petit monde d'Hitchcock vient de perdre un de ses membres, Jon Finch qui incarnait Richard Blaney dans Frenzy en 1972, est décédé le 28/12/2012. Il était né le 02/03/1941 en Angleterre.


                                            Jon Finch               Hitchcock Jon Finch Freny


         











 

 

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 08:54

  Filmographie Hitchcock




Au début de sa carrière, le jeune Hitchcock s'est aguerri aux différentes fonctions de l'élaboration d'un film. Avant d'aborder sa filmographie en qualité de metteur en scène, voici répertoriés ses premiers travaux ainsi que le rôle qui était le sien :

1920 à 22

A écrit et dessiné les intertitres d'une douzaine de films muets pour la Famous Players-Lasky.

1922

Always tell your wife
Réalisation terminée par Hitchcock, alors assistant, le réalisateur Hugh Croise ayant été limogé ou étant tombé malade selon les versions.


1923

La Danseuse blessée
(Woman to woman)

Assistant réalisateur, décorateur, co-scénariste.
Réalisateur : Graham Cutts.


The White shadow
Assistant réalisateur, décorateur, co-scénariste.
Réalisateur : Graham Cutts.

signalisation (1) Ce film disparu depuis longtemps mais dont 3 bobines (sur les 6 qu'il comprenait à l'origine) ont été retrouvées en Nouvelle Zélande en 2011 et ont fait l'objet d'une projection publique en grandes pompes est souvent présenté abusivement comme un film d'Hitchcock, les médias en faisant volontiers un "chef d'œuvre retrouvé d'Hitchcock". Cette dénomination est toutefois erronée, donnant à ce "petit film" une importance exagérée en créant artificiellement le buzz alors qu'Hitchcock n'a été qu'assistant réalisateur, décorateur et co-scénariste, la réalisation étant signée Graham Cutts. Même si sa participation a sans doute influé sur le résultat final, il ne peut donc être question de dire de ce film qu'il est un "Hitchcock".

1924

Abnégation
(The passionate adventure)

Assistant réalisateur, décorateur, co-scénariste.
Réalisateur : Graham Cutts.


1925

Le Voyou
(The Blackguard)

Assistant réalisateur, décorateur, scénariste.
Réalisateur : Graham Cutts.


The Prude's fall
Assistant réalisateur, décorateur, co-scénariste.
Réalisateur : Graham Cutts.


1929

Harmony heaven
Co-réalisateur avec Thomas Bentley.

1930

Elstree calling
Revue musicale.
Co-réalisateur avec André Charlot, Jack Hulbert et Paul Murray.

 

signalisation (1) Le qualificatif de "film d'Hitchcock" est également couramment employé pour le documentaire Memory of the camps, réalisé en 1945 par Steward McAllister sur la base d'images d'archives relatant la libération des camps de concentration nazis. Il est, là encore tout comme The White shadow, impropre d'attribuer à Hitchcock la paternité de ce film puisqu'il en a juste supervisé le montage. Cette contribution, même si elle a son importance n'est toutefois pas suffisante pour le faire figurer dans sa filmographie en tant que réalisateur.



Voici maintenant la totalité des films réalisés par Alfred Hitchcock présentés par ordre chronologique :



 



GIF Drapeau GB
  Les films de la période anglaise 


Les films muets





1922
Numéro 13 (inachevé)
(Number thirteen ou Mrs Peabody)

avec : Clare Greet et Ernest Thesiger.


signalisation (3) Le tournage de ce premier film a été interrompu faute de moyens et seules 2 bobines, aujourd'hui disparues, ont été tournées.


1922 Numéro 13 film



1925
The Pleasure garden

N & B – 1h03
Production : Michael Balcon (Gainsborough), Erich Pommer (Emelka-G.B.A.)


avec : Virginia Valli (Patsy Brand, la danseuse), Carmelita Geraghty (Jill Cheyne), Miles Mander (Levett), John Stuart (Hugh Fiedling).



 1925 The Pleasure garden affiche              1925 The Pleasure garden




1927
The Mountain eagle

N & B – 57 min.
Production : Gainsborough, Emelka


avec : Bernard Goetzke (Pettigrew), Nita Naldi (Beatrice, l'institutrice), Malcolm Keen (Fear O'God), John Hamilton (Edward Pettigrew).


signalisation (3) Il ne reste plus rien de ce film aujourd'hui, les copies au nitrate s'étant toutes désagrégées.


 1926a The mountain eagle       




Les Cheveux d'or
(The lodger : A Story of the London fog)

N & B – 1h14
Production : Gainsborough 

avec : Ivor Novello (le locataire), June (Daisy Bunting), Marie Ault (Mme Bunting, sa mère), Arthur Chesney, (M. Bunting, son père), Malcolm Keen (Joe Chandler, le policier, fiancé de Daisy).


1926 The Lodger affiche2        1926b The lodger







Downhill

  N & B – 1h20
Production : Gainsborough

avec : Ivor Novello (Roddy Berwick), Ben Webster (Dr Dowson), Robin Irvine (Tim Wakely), Sybil Rhoda (Sybil Wakely), Lillian Braithwaite (lady Berwick), Isabel Jeans (Julia).


1927 Downhill affiche        1927 Downhill






Le Passé ne meurt pas
(Easy virtue)


N & B – 1h00
Production : Gainsborough Pictures

avec : Isabel Jeans (Larita Filton), Franklyn Dyall (M. Filton), Eric Bransby Williams (l'artiste), Ian Hunter (l'avocat), Robin Irvine (John Whittaker), Violet Farebrother (Mme Whittaker, sa mère).


1927 Easy virtue affiche        1927 Easy Virtue






Le Masque de cuir (ou La Piste, L'Arène)
(The Ring)


N & B – 1h50
Production : British International Pictures

avec : Carl Brisson (Jack Sanders "One Round"), Lillian Hall-Davis (Nellie), Ian Hunter (Bob Corby, le champion), Forrester Harvey (Harry, le forain).


1927 The Ring affiche        1927 The Ring






1928
Laquelle des trois ?
(The Farmer's wife)


N & B – 1h34
Production : British International Pictures

avec : Lillian Hall-Davies (Araminta Dench, la jeune servante), Jameson Thomas (Samuel Sweetland), Maud Gill (Thirza Tapper), Gordon Harker (Churdles Ash).


1928 Farmer wife affiche        1928 Laquelle des 3





A l'américaine
(Champagne)


N & B – 1h44
Production : British International Pictures

avec : Betty Balfour (Betty), Gordon Harker (son père), Ferdinand Von Alten (le passager), Jean Bradin (le jeune homme).


1928 Champagne affiche        1928 Champagne




1929
The Manxman
 
N & B – 1h44
Production : British International Pictures

avec : Carl Brisson (Pete), Malcolm Keen (Philip), Anny Ondra (Kate), Randle Ayrton (son père).


1928 The manxman affiche        1929 The Manxman





Les films parlants




1929
Chantage
(Blackmail)
 
N & B – 1h23
Production : British International Pictures

avec : Anny Ondra (Alice White), Sara Allgood (Mme White), John Longden (Frank Weber, le détective), Charles Paton (M. White), Donald Calthrop (Tracy), Cyril Ritchard (l'artiste).

signalisation (3) D'abord entièrement tourné sous forme muette, de nouvelles scènes ont été retournées avec le son et inserées ensuite au montage, faisant de Chantage le premier film parlant anglais.

1929 Chantage affiche        1929 chantage 2





1930
  Junon et le paon
(Juno and the paycock)
    
N & B – 1h25
Production : British International Pictures

avec : Sara Allgood (Junon), Edward Chapman (Capitaine Boyle), Kathleen O'Regan(Mary Boyle), Sidney Morgan (Joxer), Marie O'Neil (Mme Madigan).

 
1930 Junon et le paon affiche        1930 Junon et le paon




An elastic affair
 N & B – 10 min.
 

avec : Aileen Despard et Cyril Butcher.

Court métrage visant à promouvoir 2 jeunes acteurs ayant remporté une bourse d'études décernée par les "Films Weekly". Seules certaines scènes étaient sonorisées.




 
Meurtre
(Murder !)
 
N & B – 1h32
Production : British International Pictures

avec : Herbert Marshall (Sir John Menier), Nora Baring (Diana Baring), Phyllis Konstam (Dulcie Markham), Edward Chapman (Ted Markham), Miles Mander (Gordon Druce), Esme Percy (Handell Fane), Donald Calthrop (Ion Stewart).

 

1930 Meurtre affiche        1930 Meurtre


Mary
(Sir John greift ein !)
(version allemande de "Meurtre")

 N & B – 1h20
Production : Sud Films A.G.
 
avec : Alfred Abel (Sir John Menier), Olga Tschechowa (Mary Baring), Ekkehard Arendt (Handell Fane).

signalisation (3) Les techniques de doublage n'étant pas encore au point, Hitchcock a tourné une seconde version de Meurtre destinée au public allemand. De nombreuses scènes originales étaient réutilisées, seules celles où apparaissent les acteurs ayant des dialogues ont été tournées avec des acteurs Allemands.

1930 Mary




1931
The Skin game
 
N & B – 1h25
Production : British International Pictures

avec : Edmund Gwenn (M. Hornblower), Jill Esmond (Jill Hillcrist), John Longden (Charles Hornblower), C.V. France (M. Hillcrist), Helen Haye (Mme Hillcrist), Phyllis Konstam (Chloe Hornblower).

 
1931 The skin game affiche        1931 The Skin game
 




1932
Numéro 17
 (Number seventeen)

N & B – 1h05
Production : British International Pictures

avec : Léon M. Lion (Ben), Anne Grey (Nora Brant, la jeune fille), John Stuart (le détective), Donald Calthrop (Brant), Barry Jones (Henry Doyle).

 
1932 Numéro 17 affiche        1932 Numéro 17
 






A l'est de Shanghai
 (Rich and strange)

N & B – 1h23
Production : British International Pictures

avec : Henry Kendall (Freddy Hill), Joan Barry (Emily Hill), Betty Amann (La Princesse), Percy Marmont (Gordon), Elsie Randolph (Miss Imery, la vieille demoiselle), Hannah Jones (Mme Porter).

 
1932 A l'est de Shanghai affiche        1932 A l'est de Shanghai film







1933
Le Chant du Danube
 (Waltzes from Vienna)

N & B – 1h20
Production : Gaumont British Pictures

avec : Jessie Matthews (Rasi), Esmond Knight (Johann Strauss fils dit "Shani"), Frank Vosper (le prince), Fay Compton (la comtesse Helga Von Stahl), Edmund Gwenn (Johann Strauss père).

 
1933 Le cha,t du Danube affiche        1933 Chant du Danube





1934
L'Homme qui  en savait trop  (1ère version)
  (The Man who knew too much)

N & B – 1h24
Production : Gaumont British Pictures

avec : Leslie Banks (Bob Lawrence), Edna Best (Jill Lawrence), Peter Lorre (Abbott), Frank Vosper (Ramon Levine), Hugh Wakefield (Clive), Nova Pilbeam (Betty Lawrence), Pierre Fresnay (Louis Bernard).

 
1934 L'homme qui en savait trop affiche        1934 Homme qui en savait trop

 



1935
Les 39 marches
 (The 39 steps)

N & B – 1h21

 fleche (10)  Voir :    Les films qui ont fait sa légende  


1935 Les 39 marches affiche        1935 Les 39 marches

   


1936
Quatre de l'espionnage
 (Secret agent)

N & B – 1h23
Production : Gaumont British Pictures

avec : Madeleine Carroll (Elsa Carrington), John Gieglud (Richard Ashenden), Peter Lorre (Le général), Robert Young (Robert Marvin), Percy Marmont (M. Cayport), Florence Kahn (Mme Cayport).

 
1936 4 de l'espionnage affiche        1936 Quatre de l'espionnage





Agent secret
 (Sabotage)

N & B – 1h16
Production : Shepherd, Gaumont British Pictures

avec : Sylvia Sidney (Sylvia Verloc), Oscar Homolka (Carl Verloc), Desmond Tester (Stevie, le frère de Sylvia), John Loder (Ted Spencer, le détective), Joyce Barbour (Renée), Matthew Boulton (le superintendant Talbot).

 
1936 Agent secret affiche        1936 Agent secret





1937
Jeune et innocent
 (Young and innocent)

N & B – 1h20
Production : Gainsborough, Gaumont British Pictures

avec : Derrick de Marney (Robert Tsidall), Nova Pilbeam (Erica Burgoyne), Percy Marmont (le colonel Burgoyne), Edward Rigby (le vieux Will), Mary Clare (la tante d'Erica), John Longden (l'inspecteur Kent), Basil Radford (l'oncle Basil), George Curzon (Guy, l'assassin).

 
1937 Jeune et innocent affiche        1937 Jeune et innocent





1938
Une Femme disparaît
 (The Lady vanishes)

N & B – 1h37


  fleche (10)  Voir :   Les films qui ont fait sa légende


1938 Une Femme disparait affiche        1938 Femme disparait




1939
La Taverne de la Jamaïque
 (Jamaica inn)

N & B – 1h38
Production : Mayflowers Productions

avec : Charles Laughton (Sir Humphrey Pengallan), Horace Hodges (Chadwick, son maître d'hôtel), Leslie Banks (Joss Merlyn), Marie Ney (Patience, sa femme), Maureen O'Hara (Mary Yelland, leur nièce), Robert Newton (Jem Trehearn).

 
1939 La taverne de la Jamaique affiche        1939 La Taverne de la Jamaique





signalisation (3) Après un accord avec le producteur américain David O. Selznick, Hitchcock quitte l'Angleterre en mars 1939 pour aller travailler à Hollywood. Il y restera jusqu'à la fin de ses jours.






GIF Drapeau USA
  Les films de la période américaine 






1940
Rebecca
 
N & B – 2h10
Production : Selznick International Pictures

avec : Laurence Olivier (Maxime de Winter), Joan Fontaine (Mme de Winter), George Sanders (Jack Fawell), Judith Anderson (Mme Danvers), Nigel Bruce (major Giles Lacey), C. Aubrey-Smith (le colonel Julyan).

 
1940 Rebecca affiche        1940 Rebecca





Correspondant 17
 (Foreign correspondent)

N & B – 2h00
Production : Walter Wanger Productions

avec : Joel McCrea (Johnny Jones), Laraine Day (Carol Fisher), Herbert Marshall (Stephen Fisher, père de Carol), George Sanders (Herbert Ffolliott), Albert Basserman (Van Meer), Robert Benchley (Stebbins), Edmund Gwenn (Rowley).

 
1940 Correspondant 17 affiche        1940 Correspondant 17





1941
Joies matrimoniales
 (Mr and Mrs Smith)

N & B – 1h35
Production : R.K.O.

avec : Carole Lombard (Ann Smith et Ann Kransheimer), Robert Montgomery (David Smith), Gene Raymond (Jeff Custer), Jack Carson (Chuck Benson), Philip Merivale (M. Custer), Lucile Watson (Mme Custer), William Tracy (Sammy).

 
1941 Joies matrimoniales affiche        1941 Joies matrimoniales





Soupçons
 (Suspicion !)

N & B – 1h39

  fleche (10)  Voir :   Les films qui ont fait sa légende


1941 Soupcons affiche 2        1941 Soupcons




1942
Cinquième colonne
 (Saboteur)

N & B – 1h48
Production : Frank Lloyd Productions-Universal

avec : Robert Cummings (Barry Kane), Priscilla Lane (Patricia Martin "Pat"), Otto Kruger (Charles Tobin), Alan Baxter (Freeman), Alma Kruger (Mme Van Sutton), Norman Lloyd (Frank Fry).

 
1942 5e colonne affiche        1942 5e colonne





1943
L'Ombre d'un doute
 (Shadow of a doubt)

N & B – 1h48

fleche (10)  Voir :   Les films qui ont fait sa légende


1943 L'ombre d'un doute affiche        1943 L'ombre d'un doute




1944
Lifeboat
 
N & B – 1h36
Production : 20th Century Fox

avec : Tallulah Bankhead (Constance Porter "Connie"), William Bendix (Gus Smith), Walter Slezak (Willy le capitaine Allemand), Mary Anderson (Alice MacKenzie),John Hodiak (John Kovac), Henry Hill (Charles S. Rittenhouse), Heather Angel (Mme Higgins), Hume Cronyn (Stanley Garett), Canada Lee (George Spencer "Joe" le stewart).

 
1944 Lifeboat affiche        1944 Lifeboat





Bon voyage
 
N & B – 25 min.
Production : British Ministry of Information (Ministère britannique de l'information)

avec : John Blyth (le sergent John Dougall) et The Moliere Players.

 
        1944 Bon voyage

Aventure malgache
 
N & B – 30 min.
Production : British Ministry of Information (Ministère britannique de l'information)

avec : The Moliere Players.

 
        1944 Aventure malgache

signalisation (3) Ces 2 courts métrages ont été réalisés en Angleterre par Hitchcock afin de participer à l'effort de guerre. Il a employé une troupe d'acteurs français réfugiés à Londres qui ont donc tourné ces films avec des dialogues français. Ces courts métrages étaient destinés à être présentés en salles en complément de programme. Seul  Bon voyage a été brièvement projeté,  Aventure malgache a été refusé par les producteurs et n'est jamais sorti.





1945
La Maison du Docteur Edwardes
 (Spellbound)

N & B – 1h51
Production : Selznick International

avec : Ingrid Bergman (Dr Constance Petersen), Gregory Peck (John Ballantyne), Jean Acker (la directrice), Rondha Fleming (Mary Carmichel), Donald Curtis (Harry), Leo G. Carroll (le Dr Murchison), John Emery (le Dr Fleurot), Norman Lloyd (Garmes), Michael Chekhov (le Dr Alex Brulov).

 
1945 La maison du Dr Edwardes affiche        1945 La maison du Dr Edwardes





1946
Les Enchaînés
 (Notorious)

N & B – 1h41

fleche (10)  Voir :   Les films qui ont fait sa légende


1946 Les enchainés affiche (1)        1946 Les enchaines




1947
Le Procès Paradine
 (The Paradine case)

N & B – 1h55
Production : Selznick International

avec : Gregory Peck (Anthony Keane), Ann Todd (Gay Keane), Charles Laughton (Le juge Horfield),Ethel Barrymore (Lady Sophie Horfield), Charles Coburn (Sir Simon Flaquer, l'avocat conseil), Louis Jourdan (André Latour), Alida Valli (Maddalena-Anna Paradine).

 
1947 Le procès Paradine affiche        1947 Le procès Paradine





signalisation (3) Avide de plus de liberté et échaudé après ses relations tendues avec l'omnipotent producteur David O. Selznick, Hitchcock et son ami Sidney Bernstein créent leur propre société de production dénommée Transatlantic Pictures. Elle ne produira que 2 films avant de disparaître faute de rentabilité mais Hitchcock continuera malgré tout à être son propre producteur associé à des grands distributeurs. Cette inestimable liberté lui a permis de réaliser ses plus grands films en limitant les contraintes extérieures.



1948
La Corde
 (Rope)

Couleurs – 1h20
Production : Transatlantic Pictures

avec : James Stewart (Rupert "Robert" Cadell), John Dall (Brandon – "Bernard"), Farley Granger (Philip),
Joan Chandler (Janet Walker), Sir Cedric Hardwicke (M. Kentley, père de David), Constance Collier (Mme Atwater), Dick Hogan (David Kentley).


 
1948 La Corde affiche        1948 La corde 2





1949
Les Amants du Capricorne
 (Under Capricorn)

Couleurs – 1h57
Production : Transatlantic Pictures

avec : Ingrid Bergman (Lady Henrietta Flusky), Joseph Cotten (Sam Flusky), Michael Wilding (Charles Adare), Margaret Leighton (Milly), Jack Watting (Winter, secrétaire de Flusky), Cecil Parker (Sir Richard, gouverneur), Denis O'Dea (Corrigan, procureur général).

 
1949 Les amants du Capricorne affiche        1949 Les amants du Capricorne





1950
Le Grand alibi
 (Stage fright)

N & B – 1h50
Production : Alfred Hitchcock pour Warner Bros.

avec : Marlène Dietrich (Charlotte Inwood), Jane Wyman (Eve Gill), Michael Wilding (l'inspecteur Wilfred Smith), Richard Todd (Jonathan Cooper), Alastair Sim (M. Gill, le père d'Eve), Dame Sybil Thorndike (Mme Gill, sa mère), Patricia Hitchcock (Chubby Bannister), Kay Walsch (Nellie Goode).

 
1950 Le grand alibi affiche        1950 Le grand alibi





1951
L'Inconnu du Nord-Express
 (Strangers on a train)

N & B – 1h41
fleche (10)  Voir :   Les films qui ont fait sa légende


1951 L'inconnu du Nord-Express affiche        1951 L'inconnu du Nord Express




1953
La Loi du silence
 (I confess)

N & B – 1h35
Production : Alfred Hitchcock pour Warner Bros

avec : Montgomery Clift (le père Michael "Marcel" Logan), Anne Baxter (Ruth (Rose) Grandfort), Karl Malden (l'inspecteur Larrue), Brian Aherne (le procureur Willy Robertson), O. E. Hasse (Otto Keller), Dolly Haas (Alma Keller, sa femme), Roger Dann (Pierre Grandfort).

 
1953 La loi du silence affiche        1953 La loi du silence





1954
Le Crime était presque parfait
 (Dial M for murder)

Couleurs – 1h41

fleche (10)  Voir :   Les films qui ont fait sa légende

1954 Le crime était presque parfait affiche        1954 Le crime etait presque parfait 3



Fenêtre sur cour
 (Rear window)

Couleurs – 1h52
fleche (10)  Voir :   Les films qui ont fait sa légende


1954 Fenêtre sur cour affiche        1954 Fenetre sur cour




1955
La Main au collet
 (To catch a thief)

Couleurs – 1h42
Production : Alfred Hitchcock pour Paramount

avec : Cary Grant (John Robie "Georges Robert" – Le Chat), Grace Kelly (Frances "Francine" Stevens), Jessie Royce Landis (Mme Stevens), Charles Vanel (Bertani), Brigitte Auber (Danielle Foussard), René Blancard (le commissaire Lepic), John Williams (H.H. Hugson, l'agent d'assurances).

 
1955 La main au collet affiche        1955 La main au collet





Mais qui a tué Harry ?
 (The Trouble with Harry)

Couleurs – 1h39
Production : Alfred Hitchcock pour Paramount

avec : Edmund Gwenn (capitaine Albert Wiles), John Forsythe (Sam Marlowe, le peintre), Shirley MacLaine (Jennifer, femme de Harry), Mildred Natwick (Miss Gravely), Jerry Mathers (Tony, le fils de Jennifer), Mildred Dunnock (Mme Wiggs).

 
1955 Mais qui a tué Harry affiche        1955 Mais qui a tue Harry





1956
L'Homme qui  en savait trop  (2ème version)
  (The Man who knew too much)

Couleurs – 2h00

fleche (10)  Voir :   Les films qui ont fait sa légende

1956 L'homme qui en savait trop affiche        1956 L'Homme qui en savait trop



Le Faux coupable
  (The Wrong man)

N & B – 1h45

fleche (10)  Voir :   Les films qui ont fait sa légende


1956 Le faux coupable affiche        1956 Le faux coupable




1958
Sueurs froides 
  (Vertigo)

Couleurs – 2h00

fleche (10)  Voir :   Les films qui ont fait sa légende


 
1958 Sueurs froides affiche2        1958 Sueurs froides





1959
La Mort aux trousses
  (North by northwest)

Couleurs – 2h16
 
        fleche (10)  Voir :   Les films qui ont fait sa légende

 
1959 La mort aux trousses affiche (1)        1959 La mort aux trousses



1960
Psychose
  (Psycho)

N & B – 1h49
       
fleche (10)  Voir :   Les films qui ont fait sa légende
 
1960 Psychose affiche        1960 Psychose



1963
Les Oiseaux
  (The Birds)

Couleurs – 2h00
       
fleche (10)  Voir :   Les films qui ont fait sa légende

 
1963 Les oiseaux affiche (3)        1963 Oiseaux 2




1964
Pas de printemps pour Marnie
  (Marnie)

Couleurs – 2h00
Production : Alfred Hitchcock pour Universal

avec : Tippi Hedren (Marnie Edgar), Sean Connery (Mark Rutland), Diane Baker (Lil Mainwaring), Martin Gabel (Sidney Strutt), Louise Latham (Bernice Edgar, mère de Marnie), Alan Napier (M. Rutland, père de Mark).

 
1964 Marnie affiche        1964 Marnie





1966
Le Rideau déchiré
  (Torn curtain)

Couleurs – 2h08
Production : Alfred Hitchcock pour Universal

avec : Paul Newman (Pr. Michael "Michel" Armstrong), Julie Andrews (Sarah Sherman), Lila Kedrova (comtesse Kuchinska), Hansjoerg Felmy (Heinrich Gerhard), Tamara Toumanova (la danseuse), Wolfgang Kieling (Hermann Gromek), Gunter Strack (Pr. Karl Manfred), Ludwig Donath (Pr. Gustav Lindt).

 
1966 Le rideau déchiré affiche        1966 Le Rideau dechire





1969
L'Étau
  (Topaz)

Couleurs – 2h05
Production : Alfred Hitchcock pour Universal

avec : Frederick Stafford (André Devereaux), Dany Robin (Nicole Devereaux), John Vernon (Rico Parra), Karin Dor (Juanita de Cordoba), Michel Piccoli (Jacques Granville), Philippe Noiret (Henri Jarre), Claude Jade (Michèle Picard), Michel Subor (François Picard), John Forsythe (Michael Nordstrom).

 
1969 L'étau affiche        1969 L'etau





1972
Frenzy
 
Couleurs – 1h56
 
        fleche (10)  Voir :  Les films qui ont fait sa légende

 
1972 Frenzy affiche        1972 Frenzy 2




1976
Complot de famille
  (Family plot)
 
Couleurs – 2h00
Production : Alfred Hitchcock pour Universal

avec : Karen Black (Fran), William Devane (Arthur Adamson), Bruce Dern (George Lumley), Barbara Harris (Blanche Tyler), Cathleen Nesbitt (Julia Rainbird), Ed Lauter (Joseph Maloney), Katherine Helmond (Mme Maloney).

1976 Complot de famille affiche      1976 Complot de famille



fleche (10)  Hitchcock a également réalisé 20 téléfilms, retrouvez les en détail :  Hitchcock à la télévision





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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 08:49


                                                       


 

 

                                                                                                                         


Hitchcock est sans doute le metteur en scène le plus célèbre de l'Histoire. Il est à ce jour le seul cinéaste dont le nom a donné lieu à un adjectif entré dans le langage commun et qui évoque à chacun son style cinématographique. Si tout le monde sait désormais ce qu'est un suspense "hitchcockien", ce n'est pas par hasard. C'est uniquement parce qu'il a su tout au long de sa carrière nous entraîner dans ses histoires, nous passionner, nous faire frissonner, nous émouvoir ou nous faire sourire sans jamais tomber dans la facilité ni renier ses principes esthétiques.

Voici donc une sélection des films majeurs de sa carrière, ceux qui ont bâti sa légende et en ont fait ce réalisateur hors norme, ce raconteur d'histoires sans égal et qui a tellement innové.
Je n'ai pas fait de classement style "hit parade", c'était trop compliqué et sans grand intérêt et me suis donc contenté de présenter ces films par ordre chronologique. S'agissant d'une sélection, il demeure forcément une petite part d'arbitraire dans ce choix mais j'ai essayé de ne retenir que le meilleur du meilleur, comme tous les choix il peut être discutable mais chaque amateur d'Hitchcock peut y trouver son compte.









 

GIF Drapeau GB
Les films de la période anglaise


1935-Les 39 marches titre 2

1935
Les 39 marches

(The 39 steps)




                                      1935 Les 39 marches affiche (1)             Les 39 marches Hitchcock tournage            1935 Les 39 marches affiche (2)


1935 Carroll Donat Les 39 marches 0

Production : Gaumont British Pictures
Producteur : Michael Balcon avec Ivor Montagu
Scénario et adaptation : Charles Bennett et Alma Reville (d'après le roman de John Buchan)
Dialogues additionnels : Ian Hay
Décors : Otto Werndorff et Albert Jullion
Musique : Louis Levy
Studios : Lime Grove (Londres)

Durée : 1h21 (N & B)
Date de sortie GB : juin 1935




Distribution : Madeleine Carroll (Pamela), Robert Donat (Richard Hannay), Lucie Mannheim (Annabella Smith), Godfrey Tearle (Professeur Jordan), Peggy Ashcroft (Mme Crofter), Wylie Watson (M. Memory).

L'histoire : Un jeune Canadien Richard Hannay (Robert Donat) fait la connaissance dans un cabaret d'une étrange inconnue Annabella Smith (Lucie Mannheim) qui lui demande si elle peut passer la nuit chez lui. Il accepte volontiers mais au milieu de la nuit la jeune femme vient mourir poignardée sur son lit, non sans lui révéler un secret sur une organisation criminelle internationale appelée Les 39 marches. Rapidement poursuivi par des bras armés de l'organisation, Hannay est obligé de fuir et de partir à la recherche de leur chef (Godfrey Tearle) dont il sait par Annabella qu'il lui manque la dernière phalange du petit doigt d'une main. Flanqué de Pamela (Madeleine Carroll), la fille du chef de la police, tout d'abord convaincue de sa culpabilité, il n'est pas au bout de ses surprises.

           1935-Les 39 marches (1)               1935-Les 39 marches (2)               1935-Les 39 marches (3)



Mon analyse : Les 39 marches est un film fondateur de l'œuvre d'Hitchcock. Dans la lignée de ce qu'il avait déjà pleinement réussi avec L'Homme qui en savait trop en 1934, ce thriller plein d'action est encore plus complet et contient l'essence même de tous les ingrédients présents dans ses plus grands films : une histoire d'amour, une bonne dose d'humour, du suspense, un excellent MacGuffin, un homme accusé à tort, un méchant inquiétant… bref, toute la quintessence de ce qu'il fera des années durant et qui sera sa marque de fabrique.
Le film est une adaptation assez libre (comme toujours chez Hitchcock) du roman éponyme de John Buchan. Ce qui plaisait au cinéaste dans ce roman était l'"understatement", ce mot qui n'a pas d'équivalent en français signifie globalement la "sous-estimation", c'est à dire le traitement léger d'événements très graves. Il s'en servira fréquemment par la suite.



           1935-Les 39 marches (4)               1935-Les 39 marches (5)               1935-Les 39 marches (6)

Les 39 marches qui existent réellement dans le livre puisque ce sont elles qui permettent d'accéder au repaire de l'organisation, restent beaucoup plus floues dans le film, ce nom n'est rien d'autre que celui de l'organisation elle-même. Enfin, le personnage de M. Memory, génial vecteur du MacGuffin est une invention d'Hitchcock qui se souvenait avoir jadis assisté à un spectacle un peu similaire. Il est victime de sa conscience professionnelle, tué par les siens parce qu'il ne peut s'empêcher de répondre à Hanney quand il lui demande ce que sont Les 39 marches.
Servi par des acteurs impeccables, la scène durant laquelle Pamela et Hanney sont menottés et essaient de dormir est pleine d'humour et de sensualité, Les 39 marches est un pur moment de bonheur et on ne s'ennuie pas une seconde. Il n'est autre qu'une première ébauche de ce que sera bien plus tard Cinquième colonne et bien sûr La Mort aux trousses, tourné avec des moyens sans commune mesure.
Le film a obtenu un très bon accueil, y compris auprès de la critique et reste le plus grand succès anglais d'Hitchcock.
Il a permis aux producteurs hollywoodiens de remarquer ce jeune réalisateur britannique au physique ingrat mais dont le talent n'avait rien à envier à ses homologues américains. Ils n'allaient pas tarder à se souvenir de lui…


projecteur3 Liens vers d'autres articles : Les apparitions d'Hitchcock en images, Les actrices essentielles (Madeleine Carroll), Les acteurs essentiels (Robert Donat), A la recherche du MacGuffin, Coups de griffes (Les erreurs dans les films), Portraits de méchants (Godfrey Tearle).




 

1938-Une-femme-disparait_titre_3.jpg

1938
Une Femme disparaît

(The Lady vanishes)




                    1938 Une femme disparait affiche (1)             Une femme disparait Hitchcock tournage (2)            1938 Une femme disparait affiche (2)


1938 Redgrave Lockwood Une femme disparait

Production : Gainsborough Pictures
Producteur : Edward Black
Scénario : Sidney Gilliat et Frank Launder (d'après le roman de Ethel Lina White "The Wheel Spins" [On ne meurt vraiment qu'une fois])
Décors : Alec Vetchinsky, Maurice Cater et Albert Jullion
Musique : Louis Levy
Studios : Lime Grove (Londres)

Durée : 1h37 (N & B)
Date de sortie GB : décembre 1938




Distribution : Margaret Lockwood (Iris Henderson), Michael Redgrave (Gilbert Redman), Paul Lukas (Dr Hartz), Dame May Whitty (Miss Froy), Googie Withers (Blanche), Cecil Parker (Eric Todhunter), Linden Travers (Margaret Todhunter), Mary Clare (la baronne), Basil Radford (Charters), Naunton Wayne (Caldicott).

L'histoire : Un petit village perdu quelque part dans les Balkans. Un train est bloqué par la neige obligeant les voyageurs à s'entasser dans le seul hôtel existant. Iris (Margaret Lockwood) jeune Anglaise qui retourne dans son pays rejoindre son futur mari est importunée par un musicien (Michael Redgrave) qui la réveille en pleine nuit. Le lendemain matin, alors qu'elle est sur le point de monter dans le train, Iris reçoit un pot de fleurs sur la tête qui manque de l'assommer. Durant le voyage, elle fait la connaissance d'une charmante vieille dame Miss Froy (Dame May Whitty), Anglaise comme elle avec qui elle sympathise. S'étant assoupie quelques instants, Iris se rend compte que Miss Froy a disparu et que tout le monde semble nier qu'elle était à bord. Un médecin un peu inquiétant, le Dr Hartz (Paul Lukas) essaie de lui faire croire que le choc à la tête qu'elle a subi aurait des conséquences sur son état mental. Sûre de ce qu'elle a vécu, Iris qui parvient à convaincre Gilbert, le musicien, de l'existence de la vieille dame se lance en sa compagnie à sa recherche dans le train. Ils y font de curieuses rencontres, les passagers étant tous plus inquiétants et singuliers les uns que les autres.

           1938-Une femme disparait (1)               1938-Une femme disparait (2)               1938-Une femme disparait (3)


Mon analyse : Un film plus engagé et plus grave qu'il n'y paraît de prime abord. Sous un style léger se cache en fait un plaidoyer contre l'immobilisme qui mène tout droit à la guerre et la nécessité de prendre les choses en main pour décider de son propre destin. Il est vrai qu'à l'époque du tournage les troubles étaient déjà nombreux et leur intensité ne faisait que croître, ce qui a sans doute incité Hitchcock a faire passer ce message. Malgré tout, l'humour est très présent dans le film.


           1938-Une femme disparait (4)               1938-Une femme disparait (5)               1938-Une femme disparait (6)


En plus du couple formé par Margaret Lockwood et Michael Redgrave, la distribution est excellente. Du duo d'invétérés amateurs de cricket à l'inquiétant médecin en passant par la délicieuse Miss Froy ou la surprenante bonne sœur en talons aiguille, c'est au final un aréopage hétéroclite mais très réussi qui se retrouve enfermé dans ce train. Outre le MacGuffin un peu surréaliste, les situations sont souvent cocasses et drôles. Un bon film qui par son succès scella le sort d'Hitchcock et le propulsa vers les Etats-Unis. Selznick, le producteur le plus influent d'Hollywood l'a en effet convaincu que son talent s'exprimerait plus pleinement en bénéficiant de moyens sans commune mesure avec ceux dont il disposait en Angleterre. Il devait avant cela réaliser un dernier film dans son pays, La Taverne de la Jamaïque qui ne lui laissera pas un souvenir très gai…

projecteur3 Liens vers d'autres articles : Les apparitions d'Hitchcock en images, Les actrices essentielles (Margaret Lockwood), A la recherche du MacGuffin, Portraits de méchants (Paul Lukas), Friand'Hitch (le duo Basil Radford et Naunton Wayne).



GIF Drapeau USA
                                                                                                                                                               Les films de la période américaine

1941-Soupçons titre 2


1941
Soupçons

(Suspicion !)




                                     1941 Soupcons affiche (1)             Soupcons Hitchcock tournage            1941 Soupcons affiche (2)


1941 Cary Grant Joan Fontaine Soupcons 2

Producteur : Caroll Clarck pour RKO
Scénario : Samson Raphaelson, Joan Harrison et Alma Reville (d'après le roman de Francis Iles (Anthony Berkeley) "Before the Fact")
Décors : Van Nest Polglase
Effets spéciaux : Vernon L. Walker
Musique : Franz Waxman
Studios : RKO

Durée : 1h39 (N & B)
Date de sortie USA : novembre 1941




Distribution : Cary Grant (John Aysgarth "Johnnie"), Joan Fontaine (Lina Mac Kinlaw), Sir Cedric Hardwike (général Mac Kinlaw), Nigel Bruce (Beaky), Dame May Whitty (Mme Mac Kinlaw), Isabel Jean (Mme Newsham).

L'histoire : Lina Mac Kinlaw (Joan Fontaine), une jeune fille de bonne famille riche mais coincée rencontre fortuitement un séducteur désargenté Johnny Aysgarth (Cary Grant). Dès leur deuxième rencontre, elle tombe amoureuse de lui malgré la désapprobation de son père qui lui connaît une réputation peu flatteuse. Ils se marient en cachette et font un voyage de noces somptueux. Pour vivre leur amour, Johnny loue une somptueuse maison mais très vite Lina se rend compte que son nouveau mari n'est pas celui qu'elle croit. Il est menteur, joueur et oisif. Lorsque Beaky (Nigel Bruce), le meilleur ami et associé de Johnny meurt dans des circonstances mystérieuses, les doutes de Lina deviennent de plus en plus terribles…

           1941-Soupçons Hitchcock (1)               1941-Soupçons Hitchcock (2)               1941-Soupçons Hitchcock (3)


Mon analyse : Après des débuts américains moins enthousiasmants qu'il ne les avait espérés, Rebecca n'était pas un film pour lui, Correspondant 17 une série B intéressante mais sans éclat et Joies matrimoniales une comédie sans prétention, Hitchcock s'est attelé à l'adaptation d'un roman de Francis Iles. Malheureusement, il n'a pu tourner la fin telle que figurant dans le roman et il l'a regretté, à tel point qu'il ne savait pas très bien comment finir son histoire. Plusieurs fins ont été envisagées et devant la somme de problèmes, l'existence même du film a été compromise. Pour finir, Hitchcock aurait souhaité que Johnny Aysgarth alias Cary Grant soit vraiment un meurtrier qui assassine sa femme en lui faisant boire un verre de lait empoisonné. Le piquant de l'histoire étant que l'épouse juste avant de boire ce verre, lui demande de poster une lettre dans laquelle elle révélait ses agissements ayant compris les funestes intentions de son époux. L'homme partait alors mettre l'enveloppe dans une boîte à lettres en sifflotant, heureux de s'être débarrassé de sa femme mais sans se douter qu'il envoyait sa propre condamnation.
Cette fin peut bien sûr paraître plus intéressante que celle retenue, mais comme je l'ai précisé dans son "Portrait de méchant", il n'était pas possible de faire de Cary Grant un meurtrier compte tenu de son statut de star. Autres temps, autres mœurs…
Les déboires d'Hitchcock n'allaient pas s'arrêter là puisqu'une fois le tournage terminé, il prend des vacances et s'aperçoit à son retour que la censure a sévi avec force et taillé dans le film toutes les scènes pouvant laisser croire que Cary Grant était coupable, de telle sorte que le film ne durait plus que 50 minutes… Heureusement, le cinéaste parviendra à le faire remonter tel qu'il l'avait voulu.


           1941-Soupçons Hitchcock (4)               1941-Soupçons Hitchcock (5)               1941-Soupçons Hitchcock (7)

Soupçons est malgré tout excellent et marque la première collaboration d'Hitchcock avec Cary Grant, un des acteurs qui comptera le plus pour lui. Toute l'histoire nous est contée du point de vue de Joan Fontaine, les errements de son mari, ses propres inquiétudes, la montée de son angoisse… l'art du Maître consiste à entretenir le doute et l'ambiguïté et pour une fois le spectateur ne sait rien de plus que l'héroïne et ne découvre la vérité qu'à la fin. C'est exceptionnel dans l'œuvre d'Hitchcock où généralement le spectateur est mis au courant d'éléments importants bien avant le héros et à son insu. Cette singularité tient au fait que la fin du film a été incertaine jusqu'à la toute dernière extrémité du tournage.
De nombreuses scènes retiennent l'attention, lorsque Johnnie espère toucher la fortune du père de Lina ou quand cette dernière en jouant à l'anagramme forme "murder" (meurtrier) ce qui éveille soudainement chez elle des soupçons envers son époux. Bien entendu, la célèbre scène finale lorsque Cary Grant monte à Lina le fameux verre de lait que l'on soupçonne empoisonné, est un classique du genre, une scène typiquement hitchcockienne. Soupçons est aujourd'hui un film injustement un peu oublié, il porte pourtant incontestablement l'empreinte d'Hitchcock et a connu un beau succès à sa sortie.


projecteur3 Liens vers d'autres articles : Les apparitions d'Hitchcock en images, Les actrices essentielles (Joan Fontaine), Les acteurs essentiels et Portraits de méchants ( Cary Grant).





 

1943_L-ombre-d-un-doute_titre_3.jpg

1943
L'Ombre d'un doute

(Shadow of a doubt)




                                    1943 L'ombre d'un doute affiche (5)             L ombre d un doute Hitchcock tournage            1943 L'ombre d'un doute affiche (4)


1943 Cotten Wright L ombre d un doute

Production : Universal
Producteur : Jack H. Skirball
Scénario : Thornton Wilder, Sally Benson et Alma Reville (d'après un sujet de Gordon Mc Donnell)
Décors : John B. Goodman, Robert Boyle, A. Gausman et L.R. Robinson
Musique : Dimitri Tiomkin dirigée par Charles Previn
Studios : Universal, extérieurs à Santa Rosa (Californie)

Durée : 1h48 (N & B)
Date de sortie USA : janvier 1943




Distribution : Joseph Cotten (Charlie Oakley, l'oncle), Teresa Wright (Charlie Newton), MacDonald Carey (Jack Graham, le détective), Patricia Collinge (Emma Newton, la mère), Henry Travers (Joseph Newton, le père), Edna May Wonacott (Ann, la soeur), Hume Cronyn (Herbie Hawkins), Wallace Ford (Fred Saunders).

L'histoire : Lassée d'une vie morne et sans relief dans sa petite ville de Santa Rosa, Charlie (Teresa Wright), pense que son oncle (Joseph Cotten) à qui elle voue une admiration sans bornes et prénommé Charlie tout comme elle pourra lui redonner la joie de vivre et embellir son quotidien. Lorsqu'elle s'aperçoit qu'il annonce sa venue alors même qu'elle partait lui télégraphier pour lui demander de venir séjourner dans la maison familiale , elle y voit un signe de forte osmose. Sa mère (Patricia Collinge) tout heureuse de retrouver son petit frère est aux anges et très vite toute la famille semble réunie en plein bonheur. L'oncle Charlie en se montrant généreux sait se faire apprécier de tous et sa nièce est sous le charme. Pourtant, au fil des jours, des petits détails troublants et des événements qui posent question sèment le doute dans l'esprit de la jeune Charlie qui se demande si son oncle est vraiment celui qu'il paraît être…

           1943-L'ombre d'un doute (1)               1943-L'ombre d'un doute (2)               1943-L'ombre d'un doute (3)


Mon analyse : L'expérience "Selznick" ayant été assez mitigée, Hitchcock a été "loué" fort cher (c'était pratique courante à cette époque) à un autre studio et c'est donc pour Universal qu'il a réalisé L'Ombre d'un doute. Ce film sombre est resté à jamais son préféré.
Le cinéaste appréciait principalement l'idée d'introduire une menace, personnifiée ici par l'oncle Charlie, au sein d'une paisible petite ville. Il reprendra cette idée sous une forme différente, 20 ans plus tard dans Les Oiseaux. L'arrivée du "diable" pourtant attendu comme le messie est ici figurée par l'imposant nuage de fumée noire craché par la locomotive du train qui amène l'oncle Charlie auprès de sa famille.
L'interprétation de Joseph Cotten qui campe l'un des méchants d'Hitchcock les plus réussis est magistrale (voir son "Portrait de méchant"). Séduisant mais monstrueux, il est impeccable dans le jeu du chat et de la souris qui l'oppose à sa nièce Charlie. On découvre progressivement, au gré des doutes de celle-ci, son côté machiavélique et manipulateur, assassin sans scrupules et sans regrets de vieilles dames fortunées. Le diable est démasqué et ses jours sont comptés.
Ce film nous pose parallèlement une question très difficile : et si l'un de nos proches cachait un terrible et répréhensible secret, si au lieu d'être l'être exquis dont on partage le quotidien c'était en fait un monstre, que ferions-nous ?
La jeune Charlie a tranché elle, ayant découvert la double facette de son oncle et les crimes dont il est l'auteur, elle lui dit clairement que s'il ne part pas, elle le fera disparaître elle-même craignant que la découverte de ses terribles méfaits ne soit fatale à sa mère qui voue à son petit frère un amour sans limite. Il décide donc de quitter les lieux mais les choses ne se passent pas tout à fait comme prévu…



           1943-L'ombre d'un doute (4)                1943-L'ombre d'un doute (5)              1943-L'ombre d'un doute (6)

L'Ombre d'un doute joue sur la dualité entre l'oncle et sa nièce. Les scènes durant lesquelles on comprend que Charlie démasque l'ignoble vérité cachée par son oncle sont particulièrement efficaces, en tout premier lieu celle quand, après avoir échappé par deux fois aux pièges tendus par celui-ci, elle descend l'escalier en montrant ostensiblement sa main portant la bague qu'il lui a offerte glisser le long de la rampe. Le visage de l'oncle Charlie est évocateur du fait qu'il se sent démasqué et il annonce d'ailleurs précipitamment son départ pour le lendemain.
La petite famille est cocasse, typique de celles des villes américaines de province de cette période et nul ne semble se douter du danger qui rôde en la personne du charmant oncle venant couler des jours tranquilles.
La trame de l'histoire est sans failles et c'est bien un chef d'œuvre du film noir et son premier grand (et vrai) film américain dont Hitchcock nous gratifie.



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1946 Les enchainés titre 2

1946
Les Enchaînés

(Notorious)




                                  1946 Les enchainés affiche (3)             Les enchaines Hitchcock tournage 1            1946 Les enchainés affiche (2)


1946 Cary Grant Ingrid Bergmann Les enchaines

Production : Alfred Hitchcock, RKO
Producteur associé : Barbara Keon
Scénario : Ben Hecht (d'après un sujet d'Alfred Hitchcock)
Décors : Albert S. D'Agostino, Carrol Clark, Sivera et Claude Carpenter
Musique : Roy Webb, dirigée par Constantin Bakaleinikoff
Studios : RKO, extérieurs à Miami, Los Angeles et Santa Anita Racetrack

Durée : 1h41 (N & B)
Date de sortie USA : septembre 1946




Distribution : Ingrid Bergman (Alicia Huberman), Cary Grant (Devlin), Claude Rains (Alexander Sebastian), Leopoldine Konstantin (Mme Sebastian, sa mère), Louis Calhern (Paul Prescott), Reinhold Schünzel (Le Dr Anderson).

L'histoire : Alicia Huberman (Ingrid Bergman) est une jeune femme qui mène une vie dissolue. Lorsque son père, ancien nazi, est condamné avant de se suicider, elle est approchée par Devlin (Cary Grant), un agent travaillant pour le gouvernement qui lui demande de collaborer pour infiltrer l'équipe dont faisait partie son père.
Tout est donc organisé pour qu'elle se retrouve en compagnie d'Alex Sebastian (Claude Rains) qui lui a jadis fait la cour et qui connaissait bien son père. Elle se laisse séduire par devoir mais très vite entre elle et Devlin se noue une histoire d'amour.
Elle part vivre à Rio chez Sebastian avec pour mission de récolter le maximum de renseignements sur ses coupables activités et se fait accueillir par la glaciale Mme Sebastian (Leopoldine Konstantin), la mère d'Alex.
Lorsque ce dernier la demande en mariage, elle s'en remet aux autorités qui trouvent là un excellent moyen d'accroître sa collaboration. Devlin qui paraît d'une froideur extrême vis-à-vis de cet événement, ne fait rien pour l'en empêcher.
Très vite ils découvrent les preuves d'agissements suspects de Sebastian qui, lorsqu'il découvre la trahison de son épouse, s'en remet à sa mère pour concocter une terrible vengeance…



           1946-Les enchaines Hitchcock (1)               1946-Les enchaines Hitchcock (2)               1946-Les enchaines Hitchcock (3)


Mon analyse : Les Enchaînés est un des films les plus aboutis d'Hitchcock, sans doute l'un des mieux construit aussi. L'intensité augmente de façon permanente, on se demande jusqu'où Devlin sera prêt à aller pour qu'Alicia mène sa mission à bien et surtout jusqu'à quel point elle acceptera de se sacrifier pour racheter les fautes de son père, ancien nazi. On s'aperçoit que son sacrifice est sans limite et la mène vers une fin certaine, amoureuse de celui qui l'a jetée dans les bras de son bourreau, le piège se referme peu à peu sur elle lorsque Sebastian découvre qui elle est vraiment.
Servi par une distribution sans aucune fausse note car outre le couple de stars Bergman-Grant, ce qui se faisait de mieux à cette époque et qui est comme toujours irréprochable, les rôles tenus par Claude Rains et sa mère tyrannique Leopoldine Konstantin sont formidables. Touchant malgré ses terribles agissements, Rains est excellent en "petit garçon" coincé entre une femme trop belle pour lui et qu'il vénère et une mère qui ne veut pas voir son rejeton lui échapper. Leopoldine Konstantin pour sa part joue avec justesse la terrible mère manichéenne et signe pour son seul film américain, un coup de maître !



           1946-Les enchaines Hitchcock (4)               1946-Les enchaines Hitchcock (5)               1946-Les enchaines Hitchcock (6)

On ne sait vraiment si les ennuis liés à "l'affaire" du MacGuffin et qu'Hitchcock aimait à raconter sont exacts dans les moindres détails mais peu importe. L'astuce est de toute façon bien trouvée mais elle a fait fuir David O. Selznick qui ayant reçu une lettre du FBI a préféré revendre le projet à la R.K.O. le jugeant trop dangereux.
Le film fut un succès et Truffaut avoua lors de ses entretiens qu'il était, avec Fenêtre sur cour, son film préféré d'Hitchcock, représentant par sa construction, la quintessence de son œuvre.



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1951 L'inconnu du Nord-Express titre 3

1951
L'Inconnu du Nord-Express

(Strangers on a train)




                                  1951 L'inconnu du Nord express affiche (1)              1951 L inconnu du Nord Express tournage            1951 L'inconnu du Nord express affiche (2)


1951 Walker Roman Granger L inconnu du Nord Express 2

Producteur : Alfred Hitchcock pour Warner Bros
Scénario : Raymond Chandler et Czenzi Ormonde (d'après le roman de Patricia Highsmith)
Décors : Ted Hawortt et George James Hopkins
Musique : Dimitri Tiomkin, dirigée par Ray Heindorf
Studios : Warner Bros

Durée : 1h37 (N & B)
Date de sortie USA : juin 1951




Distribution : Farley Granger (Guy Haines), Robert Walker (Bruno Anthony), Ruth Roman (Ann Morton), Leo G. Carroll (le sénateur Morton), Patricia Hitchcock (Barbara Morton), Laura Elliot (Miriam Haines), Marion Lorne (Mme Anthony), Jonathan Hale (M. Anthony).

L'histoire : Dans le train qui le transporte vers son épouse avec laquelle il n'est toujours pas divorcé malgré une liaison faisant la une des magazines, Guy Haines (Farley Granger), joueur de tennis professionnel, rencontre par hasard un homme sympathique, Bruno Anthony (Robert Walker), oisif vivant aux crochets de son père. Au cours de la conversation, celui-ci lui propose un marché surprenant : un échange de meurtre. Il tuera son épouse alors que Haines le débarrassera de son père, brouillant ainsi les pistes. Convaincu qu'il s'agit là d'une plaisanterie d'un goût douteux, Haines quitte le train sans croire une seconde au sérieux d'Anthony. Celui-ci va pourtant tuer Miriam (Laura Elliot), l'épouse de Haines et très vite va exiger de ce dernier qu'il exécute également sa part du contrat. Haines découvre alors la vraie personnalité d'Anthony et s'apprête à vivre un véritable cauchemar…


           1951-L'inconnu du Nord Express (1)               1951-L'inconnu du Nord Express (2)               1951-L'inconnu du Nord Express (3)


Mon analyse : Après une série d'échecs assez préoccupante depuis Les Enchaînés, et notamment le fiasco des Amants du Capricorne qui a précipité la fin de sa société de production "Transtlantic Pictures" puis le désaveu du Grand alibi et ce malgré la présence de Marlene Dietrich, Hitchcock n'avait plus le droit à l'erreur. Quel meilleur remède que de revenir à un thriller taillé sur mesure ? L'idée de départ du film, tirée du roman éponyme de Patricia Highsmith, est diaboliquement géniale : deux hommes qui se rencontrent fortuitement dans un train décident (en tout cas l'un d'entre eux le pense) d'échanger leur meurtre afin de brouiller les pistes, aucun des deux ne connaissant sa victime et n'ayant de mobile justifiant son meurtre. Guy Haines traverse un divorce difficile et a toutes les raisons d'en vouloir à son épouse tandis que Bruno Anthony personnage indigent et dérangé déteste son père depuis de longues années et envisage de le supprimer sans toutefois vouloir le faire, sachant très bien qu'il serait le premier suspect. Il considère donc un peu vite que le pacte est scellé et assassine l'épouse de Haines, attendant en retour que celui-ci tue son père. C'est alors le début d'un long face à face terrifiant dont toute la crédibilité et la richesse repose sur l'interprétation de Robert Walker, l'un des méchants les plus réussis de l'œuvre d'Hitchcock (voir son "Portrait de méchant"). Le spectateur s'identifie plus volontiers à lui qu'au personnage pourtant plus positif mais moins charismatique joué par Granger.


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Le film très noir mais très prenant relate une histoire purement hitchcockienne qui sait nous tenir en haleine jusque dans un final échevelé mêlant suspense et action.
Après ce succès qui tombe à pic, va s'ouvrir pour Hitchcock une décennie royale durant laquelle il va enchaîner les succès et bon nombre de chefs-d'œuvre. Il va se propulser au sommet du cinéma mondial pour de longues années et sa notoriété va devenir immense, grâce à des films qui vont rencontrer l'adhésion du public à défaut de celle des critiques américains. Son imagination débordante et sa maîtrise technique vont faire merveille et lui apporter la consécration et la fortune pourtant, jamais il n'a failli à la mission qu'il s'était fixée : envoûter, surprendre et distraire le public. Nul autre que lui ne l'a fait avec une telle constance.



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1954 Le crime était presque parfait titre

1954
Le Crime était presque parfait

(Dial "M" for murder)




                                     1954 Le crime était presque parfait affiche (1)             Le crime etait presque parfait Hitchcock tournage            1954 Le crime était presque parfait affiche (2)


1954 Milland Grace Kelly Le crime etait presque parfait 2

Production : Alfred Hitchcock pour Warner Bros/First National Pictures
Scénario : Frederick Knott (d'après sa pièce)
Décors : Edward Carrière et George James Hopkins
Musique : Dimitri Tiomkin, dirigée par lui-même
Studios : Warner Bros

Durée : 1h28 (couleurs, 3D Naturalvision)
Date de sortie USA : mai 1954




Distribution : Ray Milland (Tom Wendice), Grace Kelly (Margot Wendice), Robert Cummings (Mark Halliday), John Williams (l'inspecteur-chef Hubbard), Anthony Dawson (le capitaine Swan Lesgate).

L'histoire : Tennisman retraité et désargenté, Tom Wendice (Ray Milland) envisage de se débarrasser de Margot (Grace Kelly) son épouse infidèle mais fortunée afin de toucher l'héritage qui lui permettrait de couler des jours heureux. Il use alors de pressions et d'une somme d'argent non négligeable pour convaincre Lesgate (Anthony Dawson) une ancienne connaissance en mal d'argent de tuer son épouse en appliquant le plan diabolique qu'il a échafaudé. Il pensait avoir tout prévu dans les moindres détails mais lorsque son épouse lui annonce au téléphone qu'elle vient de tuer son agresseur en pleine nuit, il envisage un plan B qui consiste à faire retourner l'accusation contre elle…

     1954 Le crime était presque parfait (1)        1954 Le crime était presque parfait (2)        1954 Le crime était presque parfait (3)


Mon analyse : Le Crime était presque parfait est à première vue du théâtre filmé. C'est un peu vrai il faut bien le reconnaître puisqu'il s'agit de l'adaptation d'une pièce de Frederick Knotte et qu'on ne sort pratiquement jamais de l'appartement occupé par Grace Kelly et Ray Milland mais à cela il y a plusieurs raisons.
Tout d'abord, après sa série d'insuccès endiguée depuis L'Inconnu du Nord-Express, (même si La Loi du silence n'a pas obtenu un triomphe absolu, il a tout de même gagné de l'argent), Hitchcock ne voulait pas s'éloigner des fondamentaux, c'est à dire les histoires à suspense, matière qu'il maîtrisait parfaitement. Ensuite, les studios ayant décidé de surfer sur la mode de la 3D, ils imposèrent que ce film soit tourné avec cette nouvelle technique. Les contraintes étaient considérables puisque la taille de la caméra était gigantesque et afin d'obtenir l'effet voulu, l'action devait être limitée au maximum et filmée le plus possible au ras du sol. Hitchcock s'accommoda avec réticence à cet impératif et se désintéressa complètement du tournage pour se projeter déjà dans le suivant qui occupait toutes ses pensées…
Malgré tout, la présence de la délicieuse et encore méconnue Grace Kelly bien qu'inexpérimentée le faisait sortir de sa léthargie et égayait le tournage par ailleurs très contraignant. Il fut immédiatement sous le charme, comme tous ceux qui la côtoyaient d'ailleurs, et il savait déjà, avant même de lui en avoir parlé, qu'elle tiendrait le rôle féminin dans son prochain long métrage en gestation. Grace représentait pour Hitchcock l'exact reflet de la femme telle qu'il l'aimait et sans doute la désirait... Ses qualités d'actrice n'ont rien enlevé, bien sûr, à l'attrait qu'elle exerçait sur son mentor et dès sa première apparition, sa beauté a illuminé l'écran.



     1954 Le crime était presque parfait (4)        1954 Le crime était presque parfait (5)        1954 Le crime était presque parfait (6)

Le résultat de la 3D, en dépit des embûches qui ont jalonné le tournage, fut finalement inexistant puisque la mode de cette technique qui imposait le port de lunettes bicolores donnant des migraines épouvantables était déjà passée lors de la sortie du film en salles et très peu de distributeurs prirent la peine de proposer le film dans cette version.
Il reste malgré tout un film bien ficelé au suspense très efficace. Tout en sobriété, notamment dans la façon de montrer Grace Kelly lors de son procès puisque le fond est neutre et change seulement de couleur lors du déroulement des débats et la teneur des accusations. Cette histoire de ménage à trois nous captive, même si le rôle de Robert Cumming est de loin le moins intéressant, alors que Grace et Ray Milland se livrent un combat acharné, l'une pour sauver sa peau et l'autre pour la lui faire perdre. Le principe du film est celui de l'arroseur arrosé, avec l'assassin assassiné (Anthony Dawson), l'accusateur accusé (Ray Milland) et la condamnée triomphante.
Un film souvent diffusé à la télévision mais que l'on revoit toujours avec bonheur, fondateur du couple mythique Grace Kelly-Alfred Hitchcock qui aujourd'hui encore conserve tout son attrait et une part de mystère.




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1954 Fenetre sur cour titre

1954
Fenêtre sur cour

(Rear window)




                                    1954 Fenetre sur cour affiche (1)             Fenetre sur cour Hitchcock tournage            1954 Fenetre sur cour affiche (2)


1954 James Stewart Grace Kelly Fenetre sur cour 2

Producteur : Alfred Hitchcock pour Paramount
Scénario : John Michael Hayes (d'après une nouvelle de Cornell Woolrich)
Décors : Hal Pereira, Joseph McMillan Johnson, Sam Corner et Ray Mayer
Musique : Franz Waxman
Studios : Paramount

Durée : 1h52 (couleurs)
Date de sortie USA : août 1954




Distribution : James Stewart (L.B. Jeffries "Jeff"), Grace Kelly (Lisa Fremont), Wendell Corey (Thomas J. Doyle, le détective), Thelma Ritter (Stella, l'infirmière), Raymond Burr (Lars Thorwald), Judith Evelyn (Miss Lonelyheart "Mlle Cœur Solitaire"),Ross Bagdasarian (le compositeur), Georgine Darcy (Miss Torso la danseuse).

L'histoire : Jeff (James Stewart), photographe cloué dans une chaise roulante avec une jambe dans le plâtre après un reportage qui a mal tourné, n'a d'autre occupation que de regarder par la fenêtre les faits et gestes de ses voisins. Ses seules distractions sont les visites de Stella (Telma Ritter), son infirmière ou de Lisa (Grace Kelly) sa superbe mais frivole fiancée. Malgré la désapprobation de l'une et de l'autre, il persiste à épier ce qui se passe dans les appartements situés dans l'immeuble d'en face.
Un matin, il découvre que l'épouse d'un locataire qui était alitée depuis longtemps a mystérieusement disparu et très vite il soupçonne son mari (Raymond Burr), dont les agissements semblent suspects de l'avoir éliminée…



     1954-Fenetre sur cour (1)        1954-Fenetre sur cour (2)        1954-Fenetre sur cour (3)


Mon analyse : Les critiques qui n'ont vu en Fenêtre sur cour qu'un film dérangeant sur le voyeurisme n'ont vraiment rien compris à l'esprit du réalisateur. C'est bien plus que ça : une étude profonde sur nos relations aux autres et notre vie en société avec en trame de fond une forte histoire d'amour qui se noue entre Jeff et Lisa. Les aléas de ce microcosme qui joue sa partition sous nos yeux nous captivent et nous renvoient à nos propres existences.
Dès les premiers plans, la technique d'Hitchcock nous éblouis. Il nous montre à quel point il sait, avec seulement quelques images nous raconter une scène qui demanderait des pages de dialogue. On comprend immédiatement ce qui est arrivé au photographe Jeff sans qu'aucun mot ne soit prononcé : un appareil photo en miettes, une série de clichés montrant l'accident et enfin Jeff la jambe plâtrée, allongé dans sa chaise roulante… du grand art !
Un des aspects forts du film est l'évolution des rapports entre Jeff et Lisa. Alors que dès le début elle semble follement éprise, lui paraît beaucoup plus distant et ne semble voir en sa compagne qu'une jeune femme frivole plus préoccupée par ses toilettes et la mode que par le monde qui l'entoure. Lui en revanche est un baroudeur qui prend des risques et mène une vie spartiate et l'accident qui le cloue sur sa chaise roulante en est la preuve. Le coup de foudre de Jeff intervient lorsque Lisa est de retour après avoir risqué sa vie en allant chez Thorwald pour tenter de le confondre. Tout est dans le regard si bien transposé à l'écran par James Stewart. On y lit l'admiration et toutes les certitudes qui en découlent. Il sait que Lisa n'est pas seulement cette femme superficielle qu'il imaginait jusqu'alors mais bel et bien une future épouse au caractère bien trempé et qui vient de lui prouver son amour sans trembler.
Enfin, le film pour finir nous pose une dernière question, la justification de nos actes : lorsque Thorwald arrive dans l'appartement de Jeff et lui demande "que voulez-vous de moi ?", il ne sait que répondre car son attitude n'a pas de réelle justification, il a agi sans raison, seulement par ennui…




     1954-Fenetre sur cour (4)        1954-Fenetre sur cour (5)        1954-Fenetre sur cour (6)

                                        

Fenêtre sur cour est aussi l'occasion pour les deux acteurs principaux d'asseoir leur statut de stars. Grace Kelly est devenue une actrice reconnue et sa beauté éclatante a subjugué les spectateurs et les critiques. Quant à James Stewart, Hitchcock a eu raison de voir en lui autre chose qu'un acteur se cantonnant aux rôles de cow-boy. Il a su percevoir une profonde sensibilité fort bien retranscrite à l'écran et qui sera encore plus patente dans Sueurs froides qu'il tournera un peu plus tard.
Outre les prouesses techniques qui ont permis de construire ce gigantesque décors hyper réaliste (voir le "Coups de projecteur"), tous les personnages, des vedettes aux seconds rôles sont choisis avec soin, tant l'inquiétant Thorwald que la touchante miss "Cœur solitaire",
en passant par le jeune couple d'amoureux, tous jouent une partition sans fausse note.

Fenêtre sur cour reste aujourd'hui un des films préférés des amateurs du cinéma d'Hitchcock.

 

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hitchcroquis-gris5.jpg
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 14:20

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GIF Drapeau USA
Les films de la période américaine
(suite)


 

1956 L homme qui en savait trop titre

1956
L'Homme qui en savait trop (2ème version)

(The Man who knew too much)




                                       1956 L'homme qui en savait trop affiche (1)             L homme qui en savait trop Hitchcock tournage            1956 L'homme qui en savait trop affiche (3)


1956 James Stewart Doris Day L homme qui en savait trop 3

Producteur : Alfred Hitchcock pour Paramount, Filmwite Prod
Producteur associé : Herbert Coleman
Scénario : John Michael Hayes et Angus MacPhail (d'après une histoire de Charles Bennett et D.B. Wyndham-Lewis)
Décors : Hal Pereira, Henry Bumstead, Sam Corner et Arthur Krams
Musique : Bernard Herrmann
Studios : Warner Bros, extérieurs : Maroc (Marrakech)

Durée : 2h00 (couleurs)
Date de sortie USA : juin 1956




Distribution : James Stewart (Dr Ben MacKenna), Doris Day (Dot, sa femme), Daniel Gélin (Louis Bernard), Brenda de Banzie (Mme Drayton), Bernard Miles (M. Drayton), Yves Brainville (l'inspecteur), Christopher Olsen (Hank MacKenna), Reggie Nalder (Rien, l'assassin).

L'histoire : Un couple de touristes américains, Ben et Dot MacKenna (James Stewart et Doris Day), lui médecin et elle chanteuse retraitée, se trouvent en voyage à Marrakech avec leur fils Hank (Christopher Olsen). Ils font la connaissance d'un Français Louis Bernard (Daniel Gélin) dont très vite les agissements vont leur paraître douteux et d'un couple d'autres touristes, les Drayton (Brenda de Banzie et Bernard Miles).
Lorsque Bernard se fait poignarder sous leurs yeux en plein marché, il glisse à l'oreille de Ben, juste avant de mourir, un message mystérieux précisant qu'un diplomate doit être assassiné.
De retour à l'hôtel ils apprennent que les Drayton sont partis précipitamment et que Hank qu'ils leur avaient confié a disparu. Un message téléphonique précise à Ben que s'il dévoile ce qu'il sait, il ne reverra jamais son fils. Il n'a alors d'autre choix que de le rechercher lui-même en s'aidant de ce qu'il sait…

 

 

 

   1956-L'homme qui en savait trop (1)        1956-L'homme qui en savait trop (2)        1956-L'homme qui en savait trop (3)


Mon analyse : Après s'être essayé à des films plus légers (La Main au collet et Mais qui a tué Harry ?) avec un certain succès, Hitchcock a tourné en 1955 un remake de L'Homme qui en savait trop, d'après une histoire dont il avait déjà réalisé lui-même un film en 1934. C'est un fait rarissime dans l'histoire du cinéma, la pratique habituelle étant plutôt de tourner une nouvelle version d'un long métrage réalisé antérieurement par un autre. Le scénario a été réaménagé et de nombreux points modifiés mais l'intrigue est la même.
Il est de bon ton chez certains critiques ou cinéphiles de préférer la version originale de L'Homme qui en savait trop prétendue plus pure et moins "tape à l'œil" que le remake sorti en 1956. Sans minimiser les qualités certaines du premier opus, je ne partage pas cet avis car s'il est vrai que cette nouvelle version est plus grandiose en raison des moyens plus conséquents dont disposait le réalisateur, l'intrigue est aussi plus développée et bénéficie de ramifications et de rebondissements qui la rendent plus palpitante. L'action se déroule d'abord au Maroc puis en Angleterre et la partie initiale qui dans la première version se situe à St Moritz en Suisse, est bien plus dense et plus intéressante. Les extérieurs tournés à Marrakech rendent superbement à l'écran et la couleur est sublimée par le procédé Vistavision. Le personnage de l'espion Louis Bernard est plus étoffé et son attitude plus ambiguë que le même rôle tenu à l'origine par Pierre Fresnay. La scène de son assassinat est infiniment plus recherchée et spectaculaire. J'ajoute pour finir que les situations comiques, notamment la scène au restaurant, permettent à l'action de faire une pause et rendent le film moins oppressant, c'est exactement ce qu'Hitchcock a toujours cherché à faire dans ses longs métrages les plus angoissants.



   1956-L'homme qui en savait trop (4)        1956-L'homme qui en savait trop (5)        1956-L'homme qui en savait trop (6)

                                        

Pour ce qui concerne toute la seconde partie du film se situant à Londres lorsque les MacKenna cherchent à retrouver leur fils kidnappé, le suspense ne cesse d'aller croissant, ponctué une fois encore de scènes drôles comme la méprise sur l'identité d'Ambrose Chappel lorsqu'un bien innocent taxidermiste est pris à tort pour le ravisseur. Le point culminant du film, la longue scène se déroulant au Royal Albert Hall est un bijou de réalisation et de suspense allant crescendo. Parfaitement accompagnée par la musique de Bernard Herrmann, réorchestrée pour l'occasion, cette scène est une des meilleures réalisées par Hitchcock. Un des grands mérites du réalisateur étant comme toujours de nous donner des informations que Dot ne connaît pas. Le spectateur est ainsi averti du moment exact où le coup de feu doit intervenir, cela lui permet d'être au cœur de l'action et de vivre la montée de l'angoisse alors que l'héroïne ne connaît pas le moment fatidique mais a aperçu le tireur.
Ce final est différent de la première version, moins violent tout en étant plus dramatique et c'est un tour de force.
Pour conclure, et comme Hitchcock l'a parfaitement défini lui-même avec Truffaut, la première version est l'oeuvre d'un amateur de talent alors que la seconde est celle d'un professionnel aguerri.




projecteur3 Liens vers d'autres articles : Les apparitions d'Hitchcock en images, Les acteurs essentiels (James Stewart), Les actrices essentielles (Doris Day), Les acteurs français (Daniel Gélin, Yves Brainville et Louis Mercier), A la recherche du MacGuffin, Coups de griffes (Les erreurs dans les films), Portraits de méchants (Brenda de Banzie, Bernard Miles et Reggie Nalder).




 

 

 

 

1956-Le faux coupable titre

1956
Le Faux coupable 

(The Wrong man)




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1956 Vera Miles Henry Fonda Le faux coupable
Producteur : Alfred Hitchcock pour Warner Bros
Producteur associé : Herbert Coleman
Scénario : Maxwell Anderson et Angus MacPhail (d'après le livre de Maxwell Anderson "L'histoire véritable de Christopher Emmanuel Balestrero")
Décors : Paul Sylbert
Musique : Bernard Herrmann
Studios : Warner Bros, extérieurs : New-York

Durée : 1h45 (N &t B)
Date de sortie USA : décembre 1956




Distribution : Henry Fonda (Christopher Emmanuel "Manny" Balestrero), Vera Miles (Rose, sa femme), Anthony Quayle (O'Connor, l'avocat), Harold J. Stone (le lieutenant Bowers), Charles Cooper (Matthews, un détective), Richard Robbins (Daniell, le coupable), John Heldabrant (Tomasini, l'avocat général).

L'histoire : Christopher Emmanuel Ballestrero dit Many (Henry Fonda), contrebassiste dans une boîte de jazz, mène une vie heureuse avec son épouse Rose (Vera Miles) en dépit de quelques difficultés financières. Alors qu'il rentre chez lui après sa nuit de travail, deux policiers l'attendent devant la maison et lui demandent de les suivre. Lorsqu'une femme puis d'autres personnes prétendent le reconnaître, il prend conscience que les mâchoires de la justice vont se refermer sur lui sans comprendre ce qui lui est reproché. Il apprendra bien vite qu'il est accusé d'avoir commis une série d'attaques à main armée. Après sa libération sous caution, il n'a qu'une solution, prouver son innocence en cherchant des témoins qui pourront le disculper…


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Mon analyse : Hitchcock a toujours étrangement minimisé les qualités du Faux coupable. Il s'agit pourtant d'un sujet taillé à sa mesure puisque la majorité de ses films est basée sur ce concept de l'homme accusé à tort. Il regrettait son côté trop documentaire qui l'a empêché de nous conduire dans d'autres directions que celle de l'histoire proprement dite. C'est pourtant lui-même qui avait voulu coller au plus près de la réalité puisqu'il s'était inspiré d'un fait réel et qu'il ne voulait pas extrapoler l'histoire ni y intégrer des événements inventés. Le noir et blanc de retour pour ce long métrage n'a d'autre but que de souligner la noirceur de l'histoire. Hitchcock reprochait aussi au film de manquer d'humour, ingrédient essentiel à tout bon film à ses yeux, mais il est vrai que le sujet s'y prêtait peu…
Si on se sent concerné par l'histoire c'est parce qu'elle nous renvoie à nos propres peurs, chacun de nous pouvant se retrouver dans la peau d'un citoyen accusé à tort de faits qu'il n'a pas commis.



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Parallèlement aux déboires vécus par Many Ballestrero, on assiste à la descente aux enfers de son épouse Rose profondément traumatisée par cette histoire et qui sombre dans une dépression dont elle ne se relèvera jamais totalement. Le film est ponctué par une scène finale d'anthologie, géniale trouvaille du metteur en scène, lorsque les visages du vrai et du faux coupables se superposent pour ne plus faire qu'un.
Si le film est une réussite, c'est bien sûr en raison de l'intensité de l'intrigue et de son caractère dramatique efficacement rendu à l'écran amplifié par le noir et blanc, mais aussi grâce à l'interprétation tout en nuances d'Henry Fonda, magistral de sobriété et sachant parfaitement traduire les émotions et les tourments ressentis par son personnage. On peut également apprécier la façon dont Vera Miles nous fait partager sa lente déchéance et dont elle s'emmure dans le silence. Plus encore que sur son époux qui finalement arrivera à surmonter l'épreuve, c'est sur elle que cette tragique histoire a occasionné des dégâts irréversibles.



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1958 Sueurs froides titre 2

1958
Sueurs froides 

(Vertigo)




                                       1958 Sueurs froides affiche (1)             Sueurs froides Hitchcock tournage            1958 Sueurs froides affiche (2)


1958 James Stewart Kim Nowak Vertigo 2

Producteur : Alfred Hitchcock pour Paramount
Producteur associé : Herbert Coleman
Scénario : Alec Coppel et Samuel Taylor (d'après le roman de Pierre Boileau et Thomas Narcejac "D'entre les morts")
Décors : Hal Pereira, Henry Bumstead, Sam Corner et Frank McKelvey
Musique : Bernard Herrmann, dirigée par Muir Mathieson
Studios : Paramount, extérieurs : San Francisco

Durée : 2h00 (couleurs)
Date de sortie USA : mai 1958




Distribution : James Stewart (John "Scottie" Ferguson), Kim Novak (Madeleine Elster et Judy Barton), Barbara Bel Geddes (Midges), Tom Helmore (Gavin Elster), Henry Jones (le coroner), Raymond Bailey (le médecin de Scottie).

L'histoire : Scottie Ferguson (James Stewart) est réformé de la police en raison d'un gros problème d'acrophobie (peur du vide). Paralysé par ce handicap, il n'a pu sauver un collègue avec qui il poursuivait un malfaiteur s'enfuyant par les toits. Un de ses anciens amis Galvin Ester (Tom Helmore) lui demande de bien vouloir suivre son épouse, Madeleine (Kim Novak) qui présente des troubles lui faisant craindre le pire, elle est fascinée et tente de s'identifier à une de ses ancêtres qui s'est donné la mort. Scottie la suit donc partout et la sauve de la noyage après qu'elle se soit jetée dans la baie de San Fransisco. Il la ramène chez lui et tombe sous le charme de cette fragile et mystérieuse femme. Une histoire d'amour se noue et lors d'une de leurs rencontres, Madeleine se jette du haut d'une tour sans que Scottie, paralysé par sa peur du vide, ne parvienne à la suivre et à l'en empêcher.
Très affecté par la perte de son amour, Scottie mène une vie sans plaisir jusqu'au jour où il rencontre par hasard une femme qui bien que plus vulgaire, ressemble fortement à Madeleine…
 


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Mon analyse : Sueurs froides (dont on peut regretter que les distributeurs français n'ont pas conservé le titre original de Vertigo, bien plus explicite) est un film troublant, dérangeant et d'un esthétisme fascinant.
Sur un sujet très délicat puisque l'attitude de Scottie s'apparente à s'y méprendre à de la nécrophilie, Hitchcock a su ne jamais sombrer dans le mauvais goût ou le morbide.
Basé sur un roman écrit tout spécialement pour lui par le duo d'écrivains français Boileau et Narcejac, le film raconte l'histoire d'un homme qui n'a qu'une idée en tête : "reconstruire" trait pour trait la femme qu'il a aimée éperdument et qui s'est suicidée sans qu'il ait pu l'en empêcher. Le film contient deux parties ; la première nous raconte l'histoire d'amour qui se lie entre Scottie, ancien policier réformé à cause de sa peur du vide et Madeleine, qu'il imagine être une femme torturée mentalement, jusqu'au suicide de cette dernière en se jetant du haut d'une tour. Scottie paralysé par le vertige n'a pu la suivre pour la sauver, la voyant impuissant tomber sous ses yeux.
La seconde partie du film nous fait suivre Scottie rencontrant par hasard une femme ayant les traits mais pas l'apparence de Madeleine et réussissant peu à peu à la convaincre de se métamorphoser pour devenir physiquement celle-ci. La longue quête de cet homme en proie à un terrible sentiment de culpabilité et au désir effréné de retrouver celle qu'il a tant aimée nous emporte et nous fascine. L'esthétisme du film est sans doute le plus abouti de tous les films d'Hitchcock, en plus d'une belle promenade dans le décor si particulier de San Fransisco, l'utilisation des couleurs et des filtres ajoute à l'intrigue et rend le film particulièrement beau et envoûtant. On suit la transformation méthodique de Judy en Madeleine et tout comme Scottie, on finit par espérer qu'il parviendra à ses fins.


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Lorsque la "nouvelle" Madeleine apparaît tel un fantôme dans un halo de lumière et qu'on lit la satisfaction sur le visage de Scottie, on ne peut qu'éprouver le même bonheur que lui. Nos sentiments répréhensibles passent au second plan.
Une des forces d'Hitchcock a été une fois encore de nous en dire plus que ce que sait le héros, on connaît donc la vérité avant Scottie qui ne découvre que dans les dernières minutes du film qu'il a été victime d'une odieuse machination.
Les deux interprètes principaux sont irréprochables et les tenues de Kim Novak que l'on doit bien sûr à Edith Head sont magnifiques. Malgré les problèmes avec son actrice dont Hitchcock n'a cessé de faire état, il faut lui rendre justice et souligner la qualité de son interprétation pourtant pleine d'embûches et à multiples facettes.
Le succès critique et public a été bien en deçà des espoirs du metteur en scène, mais au fil des années le film a été reconnu et apprécié à sa juste valeur et figure désormais comme une pièce maîtresse de sa filmographie. Il est aujourd'hui encensé à juste titre et a très bien traversé le temps ce qui est l'apanage des vrais chefs-d'
œuvre.


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1959 La mort aux trousses titre 3

1959
  La Mort aux trousses 

(North by northwest)




                                      1959 La mort aux trousses affiche (3)             La mort aux trousses Hitchcock tournage            1959 La mort aux trousses affiche (2)


1959 Cary Grant Eva Marie Saint La mort aux trousses

Producteur : Alfred Hitchcock pour Metro Goldwyn Mayer
Producteur associé : Herbert Coleman
Scénario : Ernest Lehman
Décors : Robert Boyle, William A. Horning, Merril Pyle, Henry Grace et Frank McKevley
Musique : Bernard Herrmann
Studios : Metro Goldwyn Mayer, extérieurs : New York (Long Island), Chicago, Rapid City (Mont Rushmore), Dakota du Sud (National Memorial)

Durée : 2h15 (couleurs)
Date de sortie USA : juillet 1959




Distribution : Cary Grant (Roger Thornhill), Eva Marie Saint (Eve Kendall), James Mason (Philip Vandamm), Jessie Royce Landis (Clara Thornhill), Leo G. Carroll (le professeur), Philip Ober (Lester Townsend), Joséphine Hutchinson (Mme Townsend, la femme de ménage), Martin Landau (Léonard).

L'histoire : Un publiciste sans histoire Roger Thornhill (Cary Grant) est par méprise pris pour un autre par une bande de dangereux espions aux motivations troubles. Après avoir échappé de peu à la mort une première fois, il se retrouve accusé du meurtre d'un diplomate des Nations-Unies et doit fuir la police tout en essayant de prouver son innocence. Il fait la connaissance d'une charmante et peu farouche jeune femme Eve Kendall (Eva Marie Saint) dans un train et une liaison prend rapidement corps. Alors qu'il manque à nouveau d'être tué après avoir été envoyé en plein désert à la rencontre du vrai Kaplan sur les directives d'Eve, il se met à douter fortement de la sincérité de cette dernière…
 


  1959-La mort aux trousses (1)        1959-La mort aux trousses (2)        1959-La mort aux trousses (3)


Mon analyse : La Mort aux trousses est un film d'aventures palpitant. Le scénario nous mène de rebondissement en rebondissement sans jamais perdre de sa force ni relâcher notre attention un seul instant. Nous suivons les péripéties de ce pauvre Roger Thornhill pris pour un autre et qui risque sa vie pourchassé par de dangereux espions, avec un réel plaisir. Le point d'orgue du film est bien entendu la célébrissime scène de l'attaque par l'avion sulfateur. Malgré sa longueur inhabituelle, on ne s'ennuie pas une seconde. Cette scène légendaire est vraiment du Hitchcock pur jus, une trouvaille dont il avait le secret.

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Le film qui, dans sa structure et son intrigue, ressemble beaucoup aux 39 marches mais avec des moyens bien plus importants et donc un rendu plus fastueux, contient tous les éléments dont Hitchcock s'est toujours imprégné et qui lui ont permis de réaliser cette formidable carrière. Il est en quelque sorte un condensé de son œuvre tout en restant un divertissement familial.

Il y a bien d'autres choses passionnantes dans le film, dont notamment la relation qui se noue entre Roger et Eve qui semble jouer un jeu bien trouble.
Le final sur le mont Rushmore est également une scène d'anthologie. Malheureusement, les autorités ont empêché le réalisateur de filmer la progression des acteurs comme il le souhaitait, jugeant le blasphème un peu trop gros, il n'a pu utiliser les décors réels car il n'était pas possible de "piétiner" les visages des présidents disparus. Hitchcock a alors dû reconstituer les lieux, tout du moins en partie, en studio. Il aurait pourtant aimé avec facétie faire entrer Thornhill dans le nez de Lincoln et se mettre alors à éternuer très violement… cet Alfred quel farceur !



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1960 Psychose titre 4

1960
Psychose

(Psycho)




                                      1960 Psychose affiche (1)             Psychose Hitchcock tournage            1960 Psychose affiche (2)



1960 Anthony Perkins Psychose. 2 Producteur : Alfred Hitchcock pour Paramount
Scénario : Joseph Stefano (d'après le roman de Robert Bloch)
Décors : Joseph Hurley, Robert Claworthy et George Milo
Musique : Bernard Herrmann
Effets spéciaux : Clarence Champagne
Studios : Paramount, extérieurs : Arizona et Californie
Générique : Saul Bass

Durée : 1h50 (N &t B)
Date de sortie USA : juin 1960




Distribution : Anthony Perkins (Norman Bates), Vera Miles (Leila Crane, sœur de Marion), John Gavin (Sam Loomis), Martin Balsam (Milton Arbogast, le détective), Janet Leigh (Marion Crane), John McIntire (Chambers, le shérif), Patricia Hitchcock (Caroline).

L'histoire : Marion Crane (Viviane Leigh) rêve de mener une vie moins morne avec son amant Sam (John Gavin) mais celui-ci est couvert de dettes. Lorsque son patron, un agent d'assurance, lui confie une somme de 40 000 $ à aller porter à la banque, elle décide de saisir l'opportunité et prend la fuite avec l'argent. En cours de route elle s'égare et fait escale dans un motel situé à l'écart de la route principale, vide de client. Elle est accueillie par le propriétaire des lieux (Anthony Perkins) et très vite sympathise avec lui, il lui apprend qu'il vit seul sous l'emprise de sa mère impotente. Après cette journée éprouvante, Marion prend conscience de la gravité de son geste et décide de rebrousser chemin le lendemain matin et de rendre l'argent. Avant de se coucher, elle prend une douche mais est sauvagement poignardée sans avoir pu faire le moindre geste. Sa sœur Leila (Vera Miles) et Sam sont contactés par un détective envoyé par la compagnie d'assurance désireuse de récupérer l'argent. Très vite celui-ci se rend au motel mais ne donne plus de nouvelles. Inquiets de savoir ce qu'il est advenu de Marion, Leila et Sam décident de partir à sa recherche…


   1960-Psychose (1)       1960-Psychose (2)        1960-Psychose (3)

Après une grande série de succès et le triomphe de La Mort aux trousses, Hitchcock voulait frapper encore plus fort. Son projet d'adapter le roman "Psychose" de Robert Bloch n'a pourtant pas soulevé l'enthousiasme des producteurs qui jugeaient le sujet trop scabreux.
Il a donc dû se résoudre à le tourner avec un budget restreint, dans un délai très court (42 jours au total, au lieu des 30 initialement prévus) et en se contentant des moyens techniques qu'il utilisait pour les téléfilms de sa série "Alfred Hitchcock présente". Il a seulement exigé de conserver George Tomasini son monteur attitré.
Aujourd'hui pourtant, on ne peut parler de Psychose sans évoquer un film phénomène : c'est le plus grand succès d'Hitchcock, s
ans doute aussi le plus célèbre et son film le plus rentable. Il a couté 800 000 $ et a rapporté plus de 20 millions.
Il est assurément devenu un des chefs-d'œuvre de l'angoisse, c'est un film étudié dans de nombreuses écoles de cinéma et beaucoup de cinéastes s'en sont inspiré ou ont tenté d'en copier des passages.
La scène du meurtre sous la douche est peut-être la plus connue de toute l'histoire du 7ème art tant elle a marqué les esprits. Le pari risqué de faire mourir la star du film dans le premier tiers de celui-ci s'est révélé très efficace, la soudaineté du meurtre et sa violence, plus suggérée que montrée, ont cloué sur leur siège des milliers de spectateurs, sidérés d'une issue si tragique pour l'héroïne.
Cette scène et le film dans son ensemble ont valu à Hitchcock bien des tourments avec la censure mais en vieux singe rompu aux joutes de ce genre, il a finalement réussi à parvenir à ses fins, ne cédant pas sur l'essentiel.
Tourné en noir et blanc par choix délibéré et non par soucis économique, il est évident que le côté dramatique s'en trouve renforcé, encore accentué par le climat pesant tout au long du film.


    1960-Psychose (4)        1960-Psychose (5)        1960-Psychose (6)  
                                 
La haute et sinistre maison, le côté juvénile de Norman Bates, la "présence" étouffante de sa mère, le piège dans lequel le détective Arbogast puis Leila la sœur de Marion ainsi que son compagnon se jettent en espérant la retrouver, tout concourre à créer un climat où l'angoisse est palpable à chaque instant.
Un des choix judicieux d'Hitchcock a été de rendre les personnages plus sympathiques dans le film qu'ils ne le sont dans le roman. Force est de constater que ce choix a été payant. Norman Bates est, dans le roman, gros et frustre, fortement antipathique mais sa transposition à l'identique dans le film n'aurait pas permis au spectateur de le suivre avec bienveillance. Anthony Perkins a parfaitement su le rendre doux et attachant et son interprétation est restée dans toutes les mémoires.
Le secret qui a entouré le tournage et le mystère entretenu sur le contenu du film ont aiguisé l'appétit des spectateurs et la sortie en salles a été boostée par une campagne de publicité géniale générant des fils d'attente gigantesques à l'entrée des cinémas.
Le but de cette campagne était de préserver le mystère en incitant les spectateurs à ne rien révéler de l'intrigue et interdisant toute entrée dans la salle une fois que le film est commencé. Hitchcock avait enregistré personnellement un message audio diffusé dans les halls d'entrée et les files d'attente insistant sur l'importance de ne rie dévoiler quant au déroulement du film.
Psychose a mystifié et terrorisé des générations de spectateurs et ensuite de téléspectateurs. Il est très certainement sur le podium des films les plus célèbres de toute l'histoire cinématographique.



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1963 Les oiseaux titre 4

1963
  Les Oiseaux

(The Birds)




                                      1963 Les oiseaux affiche (1)             Les oiseaux Hitchcock tournage            1963 Les oiseaux affiche (2)


1963 Tippi Hedren Les oiseaux
Producteur : Alfred Hitchcock pour Universal
Scénario : Evan Hunter (d'après l'œuvre de Daphné du Maurier)
Conception graphique : Albert Whitlock
Décors : Robert Boyle et George Milo
Effets spéciaux : Lawrence A. Hampton
Conseiller pour le son : Bernard Herrmann
Studios : Universal, extérieurs : Baie de Bodega, Californie, San Francisco
Dresseur d'oiseaux : Ray Berwick

Durée : 2h00 (couleurs)
Date de sortie USA : mars 1963




Distribution : Rod Taylor (Mitch Brenner), Tippi Hedren (Melanie Daniels), Jessica Tandy (Lydia Brenner, la mère de Mitch), Suzanne Pleshette (Annie Hayworth), Véronica Cartwright (Cathy Brenner, la sœur de Mitch), Ethel Griffies (Mme Bundy).

L'histoire : Melanie Daniels (Tippi Hedren) jolie jeune femme un peu frivole, fait la connaissance d'un bel inconnu Mitch Brenner (Rod Taylor) dans une oisellerie. Il est venu acheter un couple d'inséparables pour l'anniversaire de Cathy (Veronica Carthwright) sa petite sœur. Intriguée par cette rencontre, elle décide de se rendre chez lui pour lui apporter la cage contenant les 2 oiseaux mais elle apprend par un voisin qu'il se trouve chez sa mère qui habite Bodega Bay, une petite ville côtière. Elle s'y rend donc aussitôt et une fois arrivée sur place, pour rejoindre plus discrètement la maison située sur la rive opposée, elle loue un bateau à moteur et dépose la cage puis repart. Lors de son retour, elle est mystérieusement attaquée par une mouette qui la blesse à la tête. Elle est secourue par Mitch qui a vu la scène et lui propose de venir le soir dîner afin qu'elle fasse connaissance de sa petite sœur et de sa mère (Jessica Tandy). La première rencontre est glaciale et les événements qui vont suivre n'arrangeront pas les choses…
 


  1963-Les oiseaux (1)        1963-Les oiseaux (2)        1963-Les oiseaux (3)


Mon analyse : Au début des années soixante, la carrière d'Alfred Hitchcock est à son apogée. Chacun des films qu'il a réalisés au cours des douze dernières années a été un succès, grâce à ses téléfilms, sa silhouette est devenue familière à bien des téléspectateurs et sa popularité est immense. Il est connu dans le monde entier et son nom est devenu un véritable label symbolisant le suspense et l'angoisse. Après le triomphe de Psychose, les producteurs n'ont donc pas hésité à lui laisser le champs libre pour élaborer son film suivant, lui donnant si besoin les moyens financiers nécessaires. Compte-tenu de ses succès passés, le risque était très limité.
Il s'est donc attelé à un projet d'envergure. En partant de deux faits divers concernant une attaque inexpliquée d'oiseaux rapportés dans la presse, il eut l'idée d'en faire un film. C'est essentiellement ce côté inexpliqué qui lui a plu et lui a donné l'envie de ce film.
Intéressé par l'idée de faire régner une menace permanente et irrationnelle sur une paisible petite ville côtière, Hitchcock et Evan Hunter ont donc concocté cette histoire à laquelle finalement on ne demande qu'à croire. Le spectateur est rapidement happé par l'histoire et attend à tout moment avec une angoisse certaine, une attaque de volatiles devenus subitement de dangereux tueurs.
Les défis concernant les effets spéciaux étaient considérables car les moyens de l'époque n'avaient aucune commune mesure avec ceux que l'on connaît aujourd'hui. Les techniques étaient encore très artisanales. C'est ainsi que toutes les scènes comportant des attaques étaient tournées en mimant la présence des oiseaux et ceux-ci étaient ajoutés ensuite sur la pellicule. Cela représentait un travail assez considérable mais les mouvements des comédiens ne trahissent nullement cette technique et on y croit vraiment.


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La scène se situant à la fin du film, lorsque Melanie est attaquée dans la chambre à l'étage n'a elle rien de factice et ce sont de vrais oiseaux qui étaient projetés sur elle. Elle a beaucoup souffert des suites de cette scène, mentalement et dans sa chair.
Parallèlement à ce côté "film d'action", les rapports entre les personnages sont particulièrement travaillés, entre Melanie et Mitch mais aussi et peut-être surtout, entre Melanie et la mère de Mitch. Beaucoup des habitants de Bodega Bay dont Mme Brenner en tout premier lieu ne sont pas loin de croire qu'elle est l'incarnation du diable car tous les malheurs qui s'abattent sur la petite ville surviennent juste après son arrivée.

Premier film de la nouvelle pépite dénichée par Hitchcock, Tippi Hedren, blonde répondant parfaitement aux critères de la beauté hitchcockienne, le rôle masculin est lui tenu par Rod Taylor, acteur au physique taillé à la serpe qui, malgré une prestation assez intéressante, ne restera pas comme un acteur majeur dans la filmographie du Maître.
Après plusieurs fins envisagées, celle finalement retenue nous laisse dans le mystère le plus total quant aux raisons de ces attaques. Hitchcock tenait au manque d'explication et de justification, laissant l'imagination du spectateur prendre le relais.
Si Les Oiseaux est aujourd'hui un de ses films les plus célèbres et les plus appréciés, ce ne fut pas le cas à sa sortie. L'adhésion de la critique et du public ne fut pas au rendez-vous autant qu'espéré par le metteur en scène et ses producteurs et cette désaffection sonna le glas des années royales de la carrière d'Hitchcock. Les échecs cinglants des films suivants Pas de printemps pour Marnie, Le Rideau déchiré et L'Etau allaient précipiter le déclin inexorable du cinéaste vieillissant, en proie aux doutes et dépassé par les jeunes réalisateurs dont la façon de filmer n'avait plus rien de semblable.
Un seul rayon de soleil allait le faire revenir dans la lumière le temps de tourner Frenzy dans son pays natal mais le Grand Hitchcock avait sombré pour de bon. La vieillesse a, pour lui aussi, été un naufrage…



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1972-Frenzy titre 4

1972
  Frenzy 



                                      1972 Frenzy affiche (1)             Frenzy Hitchcock tournage            1972 Frenzy affiche (2)


1972 Barry Foster Frenzy
Producteur : Alfred Hitchcock pour Universal
Producteur associé : Bill Hill
Scénario : Anthony Shaffer (d'après le roman d'Arthur La Bern "Goodbye Piccadilly, Farewell Leicester Square")
Décors : Sydney Cain et Robert Laing
Musique : Ron Goodwin
Studios : Pinewood (Londres), extérieurs : Londres

Durée : 1h55 (couleurs)
Date de sortie USA : juin 1972




Distribution : Jon Finch (Richard Blaney), Alec McCowen (l'inspecteur Oxford), Barry Foster (Bob Rusk), Barbara Leigh-Hunt (Brenda Blaney), Bernard Cribbins (Forsythe), Anna Massey (Barbara Milligan), Vivien Merchant (Mme Oxford), Ritta Webb (Mme Rusk).

L'histoire : Une série de meurtres de femmes perpétrés par un maniaque qui les étrangle avec une cravate secoue Londres. Richard Blaney (Jon Finch) un ancien pilote de l'armée un peu looser, renvoyé par son patron du bar où il travaillait rend visite à Brenda (Barbara Leigh-Hunt) son ex-épouse qui tient une agence matrimoniale. Une violente dispute éclate dans le bureau de Brenda dont la secrétaire, présente dans le bureau à côté est le témoin involontaire. Blaney rencontre en sortant Bob Rusk (Barry Foster) une connaissance qui tient une boutique de fruits et légumes à Covent Garden et lui confie ses déboires. Lorsque la femme de Richard est assassinée selon le mode opératoire habituel, très vite les soupçons convergent vers son ancien mari…

  1972-Frenzy (1)        1972-Frenzy (2)        1972-Frenzy (3)


Mon analyse : En 1971, Hitchcock était de retour à Londres, la ville qui l'a vu naître et sur les lieux même de son enfance. Après s'être égaré dans des thèmes qui ne lui convenaient pas, il a pris un bain de jouvence et est revenu à ses fondamentaux avec le sujet de Frenzy.
Il voulait prouver au public et aux réalisateurs de la "Nouvelle vague" qu'il savait lui aussi s'adapter aux attentes du plus grand nombre et réaliser des films modernes. Il devait, de plus, prouver qu'il n'était pas fini, malgré les échecs cuisants de ses trois films précédents.
Il s'agit de l'histoire d'un meurtrier psychopathe, version moderne de Jack l'éventreur qui malgré une distribution sans stars, est tout à fait convaincante. L'action se déroule dans le quartier de Covent Garden où se trouve le marché de fruits et légumes, là même où enfant il accompagnait son père qui tenait une boutique de primeurs. Le meurtrier joué par Barry Foster est particulièrement réussi et son physique atypique le rend inquiétant.
Hitchcock nous prouve qu'il n'a rien perdu de sa virtuosité ni de son imagination et de nombreux plans du film n'ont rien à envier à ceux de ses plus grands longs métrages. La recherche éperdue par Rusk de sa pince à cravate, preuve accablante, dans les sacs de pommes de terre où est enfermé le cadavre de sa victime est un petit bijou. La scène du meurtre de l'ex-épouse de Blaney est une vraie réussite, alternant les gros plans de la victime et de son agresseur, même si on peut regretter le plan final sur la femme assassinée, bouche ouverte et la langue pendante. Malheureusement malgré bien des détracteurs parmi son entourage, le cinéaste n'a pas voulu y renoncer et c'est dommage tant cette vision est inesthétique et nous met un peu mal à l'aise.
Malgré ce détail, tous les ingrédients qui ont fait son succès sont encore réunis, du suspense, un homme accusé à tort, un méchant réussi, de l'angoisse… il ne manquait que des stars pour croire à un film qui aurait pu être réalisé 20 ans plus tôt…
 

   1972-Frenzy (4)        1972-Frenzy (5)        1972-Frenzy (6)

Le personnage de Blaney est peu sympathique et nous fait presque préférer l'odieux Rusk malgré un physique et des agissements peu amènes…
Les rôles féminins manquent singulièrement de charme, à croire qu'Hitchcock presque devenu un vieillard ne s'intéressait plus que de très loin aux atouts du beau sexe dont il s'est toujours contenté, volontairement ou non, d'admirer la beauté en voyeur.
Au rayon des seconds rôles succulents, retenons celui de l'inspecteur qui sert de cobaye à son épouse qui teste sur lui ses recettes pas très ragoûtantes mais qui, au fond, par ses réflexions pleines de bon sens l'aide à se mettre sur la piste du meurtrier.
Alors que Les cheveux d'or, qui racontait déjà l'histoire d'un tueur en série dans les rues de Londres, était selon ses dires, le premier "Hitchcock pictures", Frenzy sera le dernier, bouclant la boucle de plus de 45 ans de thrillers qui auront marqué à jamais l'histoire du cinéma. Son anecdotique dernier film, Complot de famille sorti en 1976 n'apportera rien à sa carrière et le fera sortir sur la pointe des pieds mais avant cela le vieux lion a rugi une dernière fois, laissant son immense carrière à la postérité.

                     

 
projecteur3 Liens vers d'autres articles : Les apparitions d'Hitchcock en imagesPortraits de méchants (Barry Foster), Coups de griffes (Les erreurs dans les films).

 

 

 

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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 14:42

 


                                                                     





Au milieu des années 50, Alfred Hitchcock est un réalisateur comblé, aimé du public à défaut d'être apprécié à sa juste valeur par la critique, il enchaîne les succès et alors qu'il vient de tourner Fenêtre sur cour, son ami et producteur Lew Wasserman lui propose de créer une émission de télévision hebdomadaire composée de petits films d'une demi-heure qu'il présenterait et clôturerait lui-même par un petit sketch drôle écrit par un auteur.
Tout d'abord réticent, il s'est finalement laissé convaincre, comprenant très vite tous les bénéfices pas seulement financiers qu'il pourrait en retirer.
Cette émission intitulée logiquement Alfred Hitchcock présente (Alfred Hitchcock presents) s'est vite imposée et a remporté un succès toujours croissant durant 7 saisons. Elle a reçu le "Golden Globe Award" de la meilleure série télévisée en 1958.
Son format a été élargi à une heure en 1962 à la demande de NBC, la chaîne qui avait les droits de diffusion, prenant alors le nom de Une heure avec Alfred Hitchcock (The Alfred Hitchcock hour). Son succès a été constant jusqu'en 1965 date à laquelle l'émission a été retirée de l'écran.

Hitchcock a personnellement réalisé 20 téléfilms, dont un pour une série qu'il a produite par l'intermédiaire de sa société de production "Shamley Productions" :
Soupçon (Suspicion) et un pour une série avec laquelle il n'avait aucun lien : Ford Startime.

 
Le décompte s'établit ainsi :

                                                        17 pour sa série "Alfred Hitchcock présente"
                                                        1 pour sa série "Une heure avec Alfred Hitchcock"
                                                        1 pour la série "Soupçon"
                                                        1 pour la série "Ford Startime"

Hitchcock prenait un malin plaisir à apparaître dans les petits films de présentation très bien écrits, souvent drôles et à l'humour typiquement anglais, il n'hésitait pas à user de l'autodérision.
L'intérêt de la majorité des téléfilms reposait sur la chute, inattendue et surprenante.

 
De nombreux acteurs ou actrices ont déjà tourné ou tourneront un ou plusieurs longs métrages sous la direction d'Hitchcock, parfois dans des films majeurs (Vera Miles, Joseph Cotten, Claude Rains, John Williams...)





  Alfred Hitchcock presente (1)     Alfred Hitchcock presente (2)     Alfred Hitchcock presente (3)     Alfred Hitchcock presente (4)

Quelques apparitions d'Hitchcock dans la présentation de sa série.
 





Les épisodes sont présentés ci-dessous dans l'ordre de leur première diffusion à la télévision.



 
RIE "ALFRED HITCHCOCK PRÉSENTE" (1955-62)

(ALFRED HITCHCOCK PRESENTS)

Alfred Hitchcock presente titre

1ère SAISON



1) C'EST LUI

(REVENGE)

 
1 C est lui Revenge Hitchcock presente     Réalisé du 15 au 17/09/55, diffusé le 02/10/55 sur CBS (1er épisode de la série sur 270).
    Scénario : Francis Cockrell et A.I. Bezzerides (d'après un sujet original de Samuel Blas).
    Interprètes : Ralph Meeker, Vera Miles.


Un jeune couple dont l'épouse se remet d'une grave dépression vient vivre quelques mois dans une caravane au bord de la mer sur la côte californienne.
Alors que l'homme est parti au travail, son épouse est victime d'une agression commise par un inconnu. Bien décidé à venger sa femme traumatisée, l'homme décide de l'emmener et de partir à la recherche de l'agresseur. Lorsque son épouse croit le reconnaître marchant sur le trottoir, il n'hésite pas et le suit afin de le tuer. Remontant dans sa voiture et reprenant la route, après quelques secondes, la femme dit à nouveau "c'est lui" en désignant un autre homme marchant sur le trottoir...


 
2) ACCIDENT

(BREAKDOWN)

 
2 Accident Breakdown Hitchcock presente     Réalisé du 7 au 10/09/55, diffusé le 13/11/55 sur CBS (7ème épisode de la série).
    Scénario : Francis Cockrell et Louis Pollock (sur une idée originale de Louis Pollock).
    Interprètes : Joseph Cotten, Raymond Bailey.




Homme d'affaire puissant et sans scrupule, William Calley vient de licencier sans ménagement un employé de longue date et ne supporte pas ses pleurs au téléphone... Peu après il se trouve incarcéré dans sa voiture suite à un violent accident. Dépouillé par des individus le croyant mort, il est en fait conscient mais totalement paralysé. Il ne devra la vie qu'à la petite larme de désespoir qui coule de son oeil juste avant qu'il ne soit officiellement déclaré mort. Une morale sur la précarité des choses et le respect que l'on doit à chacun...





 
3) LE CAS DE M. PELHAM

(THE CASE OF MR PELHAM)

 
3 Le cas de M Pelham Hitchcock presente     Réalisé du 7 au 10/10/55, diffusé le 04/12/55 sur CBS (10ème épisode de la série).
    Scénario : Francis Cockrell (d'après un sujet original d'Anthony Armstrong).
    Interprètes : Tom Ewell, Raymond Bailey.




L'histoire surréaliste d'un homme qui découvre qu'il a un double parfaitement conforme. Peu à peu celui-ci prend sa place dans la vie quotidienne au point que plus personne ne sache qui est le vrai et qui est le faux M. Pelham...
Un sujet qu'Hitchcock a visiblement pris grand plaisir à tourner tant il aimait en parfait Britannique, les situations absurdes et sans vraisemblance...





4) DE RETOUR A NOËL

(BACK FOR CHRISTMAS)

 
4 De retour a Noel Back for Xmas Hitchcock presente     Réalisé du 13 au 16/01/56, diffusé le 04/03/56 sur CBS (23ème épisode de la série).
    Scénario : Francis Cockrell (d'après une nouvelle de John Collier).
    Interprètes : John Williams, Isobel Elsom, A.E. Gould-Porter.




Faisant croire à son épouse qu'il creuse un rangement à vin au fond de sa cave, Herbert Carpenter, y prépare en fait une "sépulture" afin de la déposer après l'avoir tuée juste avant leur départ pour un long séjour aux Etats-Unis. Il part seul et découvre les joies du bonheur sans contraintes lorsqu'il reçoit une facture concernant la réalisation d'une cave à vin commandée à l'endroit même où son épouse est enterrée. Elle lui en avait fait la surprise...



 
 
2ème SAISON
 


5) JOUR DE PLUIE

(WET SATURDAY)

 
5 Jour de pluie Wet saturday Hitchcock presente     Réalisé du 22 au 24/08/56, diffusé le 30/09/56 sur CBS (40ème épisode de la série).
    Scénario : Marian Cockrell (d'après une nouvelle de John Collier).
    Interprètes : Sir Cedric Hardwicke, John Williams, Tita Purdom.



La fille à moitié folle d'une famille bourgeoise tue à coup de maillet celui dont elle est amoureuse alors qu'il vient lui annoncer qu'il en aime une autre.
Afin de préserver l'honneur de la famille, le père met au point un scénario destiné à faire accuser un de ses amis venu leur rendre visite.
C'est Alfred Hitchcock lui-même qui dans son traditionnel épilogue clôturant l'épisode donne le dénouement et comme toujours dans cette série la morale est sauve.





6) LE SECRET DE M. BLANCHARD

(MR BLANCHARD'S SECRET)


6 Secret M Blanchard Hitchcock presente     Réalisé du 18 au 22/10/56, diffusé le 23/12/56 sur CBS (52ème épisode de la série).
    Scénario : Sarett Rudley (d'après une nouvelle d'Emily Neff).
    Interprètes : Mary Scott, Robert Horton, Meg Mundy, Dayton Lummis.




Dans le même esprit que Fenêtre sur cour, cet épisode raconte l'histoire d'une jeune femme auteur de romans policiers persuadée que son voisin s'est débarrassé de son épouse. Ses doutes sont dissipés lorsque la femme vient frapper à sa porte mais reprennent bien vite la nuit suivante lorsque le mari quitte la maison en traînant un gros sac. Finalement tout n'était que le fruit de son imagination, la chute venant là encore révéler la vérité.







7) INCIDENT DE PARCOURS

(ONE MORE MILE TO GO)


7 Incident de parcours One more mile to go Hitchcock presen     Réalisé du 9 au 11/01/57, diffusé le 07/04/57 sur CBS (67ème épisode de la série).
    Scénario : James Cavanagh (d'après une nouvelle F.J. Smith).
    Interprètes : David Wayne, Steve Brodie.

Un soir de scène de ménage plus violente qu'à l'habitude, un homme tue sa femme et la met dans le coffre de sa voiture pour se débarrasser du corps. En chemin il est arrêté par un motard de la police qui lui signale qu'il a un feu arrière défectueux et le somme de se rendre à la station-service la plus proche pour faire remplacer l'ampoule. Celle-ci n'étant pas en cause, il faut ouvrir le coffre pour détecter un éventuel faux contact. Se sentant pris au piège, l'homme prétend avoir oublié la clé mais alors que le policier demande au mécanicien de forcer celui-ci le feu se remet à fonctionner comme par miracle. Ce n'est pourtant pas la fin des péripéties, alors qu'il a repris la route, il est à nouveau rattrapé par le motard venu lui rendre sa monnaie oubliée, et lui signaler que son feu est à nouveau hors d'usage...






                                                                                                                                                     3ème SAISON



8) CRIME PARFAIT

(THE PERFECT CRIME)

 
8 Crime parfait Perfect crime Hitchcock presente     Réalisé du 17 au 19/07/57, diffusé le 20/10/57 sur CBS (81ème épisode de la série).

    Scénario : Stirling Siliphant (d'après une nouvelle de Ben Redman).

    Interprètes : Vincent Price, James Gregory.


Un détective immodeste raconte à un avocat venu lui rendre visite comment il a réussi à confondre différents meurtriers et exhibe comme des trophées les souvenirs liés à ses enquêtes. Se sentant pris au piège, l'avocat lui démontrant sa terrible méprise dans une affaire de meurtre, le détective se transforme en assassin pour sauvegarder sa réputation. Une fois encore la chute est un élément déterminant de l'histoire somme toute assez banale...






9) L'INSPECTEUR SE MET A TABLE


(LAMB TO THE SLAUGHTER)

 
9 L inspecteur se met a table Lamb to the slaughter Hitchco

    Réalisé du 18 au 19/02/58, diffusé le 13/04/58 sur CBS (106ème épisode de la série).

    Scénario : Roald Dahl (d'après sa nouvelle).

    Interprètes : Barbara Bel Geddes, Harold J. Stone, Allan Lane.


Ne supportant pas l'idée que son policier de mari la quitte pour une autre, son épouse l'assassine en lui fracassant le crâne avec le gigot qu'elle vient se sortir du congélateur. Elle prépare le repas comme d'habitude et prévient la police. Lorsque les collègues du défunt viennent enquêter sur ce que la femme sous le choc leur décrit comme un crime crapuleux, ils ne parviennent pas à mettre la main sur l'arme du crime et pour cause, ils sont en train de la déguster ! Un petit chef-d'oeuvre d'humour à la Hitchcock, peut-être le meilleur épisode.






 

10) LE PLONGEON


(A DIP IN THE POOL)

 
10 Plongeon Deep in the pool Hitchcock presente    Réalisé du 15 au 16/04/58, diffusé le 14/09/58 sur CBS (113ème épisode de la série).
    Scénario : Robert C. Dennis et Francis Cockrell (d'après une nouvelle de Roald Dahl).
    Interprètes : Keenan Wynn, Louise Platt, Fay Wray, Doreen Lang.


Afin de gagner la forte somme d'argent mise en jeu chaque jour au cours d'une croisière, un homme parie que le bateau va parcourir une distance inférieure à celle prévue avant une heure donnée. Hélas, les conditions météo étant redevenues très favorables, le bateau a réussi à rattraper son retard et le parieur est en passe de perdre tout son argent. Il ne trouve pas d'autre solution que de se jeter à l'eau afin d'obliger le commandant à stopper le navire pour lui porter secours, prenant bien soin d'effectuer son geste sous l'oeil d'une femme dont il avait fait la connaissance et qui devait lui servir de témoin et donner l'alerte. C'était sans compter sur le caractère dérangé de la jeune femme que sa mère a refusé de croire lorsqu'elle lui a fait part des faits...


A noter : dans cet épisode Hitchcock fait une apparition de façon subreptice. C'est la seule dans un téléfilm (voir dans Les apparitions en images).





4ème SAISON


 

 


11) POISON

 
 
11 Poison Hitchcock presente       Réalisé du 21 au 22/04/58, diffusé le 05/10/58 sur CBS (118ème épisode de la série).
     Scénario : Casey Robinson (d'après une nouvelle de Roald Dahl).
     Interprètes : Wendell Corey, James Donald, Arnold Moss, Weaver Levy.

Allongé sur son lit et suant de peur à grosses gouttes, un homme prétend qu'un aspic s'est endormi sur son ventre et qu'en esquissant un mouvement il risque de le réveiller et de se faire mordre mortellement. Son ami et associé venu lui rendre visite fait appel au médecin local qui injecte un sérum préventif au malheureux et tente d'anesthésier le serpent avec du chloroforme. Lorsqu'il soulève le drap pour se saisir de l'animal, il constate qu'il n'y a pas la moindre trace d'un serpent et que ce n'était sans doute qu'une invention due à l'état d'ébriété dont l'homme est coutumier. Mettant en doute ses propos, son ami s'allonge sur le lit et se fait mordre par le serpent sans que l'autre ne fasse le moindre geste pour le sauver...







12) LE FANTÔME DE BLACKHEATH

(BANQUO'S CHAIR)
 
 
12 Fantome de Blackheat Banquo s chair Hitchcock presente       Réalisé du 25 au 26/03/59, diffusé le 03/05/59 sur CBS (146ème épisode de la série).
     Scénario : Francis Cockrell (d'après une nouvelle de Rupert Croft-Cooke).
     Interprètes : John Williams, Kenneth Haigh, Reginald Gardiner, Max Adrian.



Bien décidé à confondre le neveu d'une riche londonienne disparue deux ans plus tôt et qu'il soupçonne d'en être l'assassin, l'ancien inspecteur Brent monte une mise en scène destinée à confondre celui qu'il considère comme le meurtrier. Pour ce faire il engage une comédienne qui doit jouer le rôle du fantôme de la défunte, afin de faire craquer le neveu indélicat. Tout se passe comme prévu, mais là encore, la chute surprenante et surréaliste ponctue cet épisode dans le plus pur style d'humour hitchckockien...
 




                                                                                                                                                          5ème SAISON



13) ARTHUR

 
13 Arthur Hitchcock presente         Réalisé du 7 au 9/07/59, diffusé le 27/09/59 sur CBS (154ème épisode de la série).
      Scénario : James Cavanagh (d'après une nouvelle d'Arthur Williams).
      Interprètes : Laurence Harvey, Hazel Court.


Arthur gère seul un élevage de poulets très moderne et doté des dernières machines à la pointe du progrès. Il les chérit comme ses enfants mais peut aussi se montrer cruel. Un beau jour sa fiancée lui annonce qu'elle le quitte pour vivre avec un autre. Quelques mois plus tard, elle revient et reprend sa place comme si rien ne s'était passé, se métamorphosant en épouse modèle et attentionnée. Peu enclin à partager sa vie, Arthur l'étrangle et c'est un de ses amis, policier de son état, qui est chargé de mener l'enquête. Le corps de la jeune femme n'a jamais été retrouvé et ne le sera jamais puisqu'il a fini broyé dans une des machines de l'éleveur et a servi de nourriture aux poulets. Humour noir garanti, du pur Hitchcock !





14) LA TRANCHÉE DE CRISTAL

(THE CRYSTAL TRENCH)
 
 
 
14 Tranchee de cristal Crystal trench Hitchcock presente         Réalisé du 25 au 27/08/59, diffusé le 04/10/59 sur CBS (155ème épisode de la série).
      Scénario : Stirling Silliphant (d'après une nouvelle de Alfred Edward Woodley Mason).
      Interprètes : James Donald, Patricia Owens.


Un alpiniste en vacances dans le massif du Schwarzhorn avec sa jeune épouse trouve la mort lors d'une expédition avec deux compagnons. Un compatriote, à la demande de l'épouse va tenter de récupérer le corps du malheureux mais hélas, ce dernier chute dans une crevasse inaccessible. De retour à Londres, très épris de la jeune veuve, l'homme lui avoue son amour mais cette dernière le repousse, bien décidée à rester fidèle pour toujours a celui qui est disparu trop vite. Selon les calculs d'un spécialiste, la montagne lui rendra le corps de son mari quarante ans plus tard et elle est bien décidée à l'attendre pour pouvoir faire son deuil. Comme prévu le corps est récupéré et sorti des glaces intact après toutes ces années. Elle retrouve donc celui qu'elle n'a cessé d'aimer mais à son grand désespoir, elle découvre qu'il portait à son cou un médaillon avec la photo d'une autre... Tant d'années d'attente et de sacrifices pour rien...






 
6ème SAISON
 


15) LE MANTEAU

(MRS BIXBY AND THE COLONEL'S COAT)


15 Le manteau Mrs Bixby and colonel coast Hitchcock present    Réalisé du 17 au 19/08/60, diffusé le 27/09/60 sur NBC (192ème épisode de la série).
    Scénario : Halsted Welles (d'après une nouvelle de Roald Dahl).

 
   Interprètes : Audrey Meadows, Lee Tremayne.

L'épouse attentionnée d'un dentiste part passer un week-end chez son riche amant en prétextant rendre visite à sa vielle tante. L'homme ayant décidé de mettre fin à leur relation, il offre à sa maîtresse un superbe manteau de vison en guise de cadeau d'adieu.
Afin de justifier auprès de son mari cet embarrassant nouveau vêtement et ne pouvant rentrer en l'ayant sur les épaules, elle décide de déposer le manteau chez un prêteur sur gages et de faire comme si elle avait trouvé le ticket qui lui permettra de récupérer son bien. Son mari lui propose d'aller le chercher pour elle mais quelle n'est pas la surprise de l'épouse infidèle lorsqu'elle découvre ce qu'il lui présente comme étant la contrepartie du ticket… L'épouse est prisonnière de son mensonge et sa surprise sera encore plus cruelle lorsqu'elle reverra son manteau… Une fois de plus, toute la qualité de l'épisode repose sur sa chute, drôle et surprenante.






16) CARACOLADE

(THE HORSPLAYER)



16 Caracolade Horseplayer Hitchcock presente   Réalisé du 4 au 6/01/61, diffusé le 14/03/61 sur NBC (213ème épisode de la série).
   Scénario : Henry Slesar (d'après sa nouvelle).
   Interprètes : Claude Rains, Ed Gardner.


Le curé d'une paroisse sans le sou a besoin d'argent pour faire réparer le toit de son église qui fuit dangereusement.
Découvrant deux semaines de suite un billet de 10 $ déposé par un généreux et anonyme donateur, le curé décide de le rencontrer pour le remercier. Le  paroissien lui déclare alors qu'il ne fait que rendre une petite partie des gains qu'il a acquis en pariant aux courses de chevaux, persuadé que ses prières ont aidé à sa réussite. Il propose d'ailleurs ses services au curé en l'incitant à parier à son tour afin d'obtenir des fonds pour réparer le toit de son église. D'abord réticent, le curé cède finalement avant de regretter bien vite son geste et de prier pour que son cheval n'arrive pas en tête. Le parieur revient des courses la mine défaite car son cheval n'a pas gagné et il ne peut donc remettre au curé la forte somme espérée. Malgré tout, une surprise attend l'homme d'église…




 
7ème SAISON
 


17) HAUT LES MAINS !

(BANG ! YOU'RE DEAD)



17 Haut les mains Bang you r dead Hitchcock presente    Réalisé du 25 au 27/07/61, diffusé le 17/10/61 sur NBC (231ème épisode de la série).
    Scénario : Harold Swanton (d'après une nouvelle de Margery Vosper).
    Interprètes : Billy Mumy, Biff Elliott, Lucy Prentiss.

Pour clore en beauté sa participation à sa propre série télévisée, Hitchcock réalise un petit bijou de suspense qui tient le téléspectateur en haleine malgré la légèreté du ton avec lequel cet épisode est filmé.
Un jeune garçon se méprend sur le cadeau que lui fait son oncle de retour d'Afrique et prend dans sa valise un pistolet et une boîte de cartouches bien réels imaginant que ce n'est qu'un jouet qui lui est destiné.
Il s'en va donc jouer au cow-boy, faisant tourner les balles dans le barillet comme dans un jeu de roulette russe et menaçant les passants, ses amis et la caissière du supermarché tout proche. Là encore le suspense est mené de mains de maître et le téléspectateur est absorbé par l'intrigue, le gamin va-t-il faire un carnage involontaire ?






 
RIE "SOUPÇON" (1957-58)

(SUSPICION)
 
Alfred Hitchcock suspicion titre



18) PRIS AU PIÈGE

(FOUR O'CLOCK)



18 Pris au piege Four o clock Hitchcock Suspicion    Réalisé du 29/07 au 02/08/57, diffusé le 30/09/57 sur NBC (1er épisode de la série sur 41, 1 saison).
    Scénario : Francis Cockrell (d'après une nouvelle de Cornell Woolrich).
    Interprètes : E.G. Marshall, Nancy Kelly, Richard Long.


Persuadé que son épouse le trompe pendant qu'il travaille dans sa boutique, un horloger prépare une bombe artisanale reliée à un système d'horlogerie et la place dans sa cave. Elle doit exploser à 4 heures surprenant les amants pendant leur adultère. Malheureusement pour lui, il se retrouve nez à nez avec deux cambrioleurs
qui le ligotent et l'abandonnent dans sa cave alors que le compte à rebours est déjà enclenché. L'homme parviendra t'il à s'en sortir vivant ?
Pour inaugurer cette nouvelle série qu'il produit lui-même dans la foulée de l'immense succès connu par sa propre série, Hitchcock réalise personnellement cet épisode inaugural, bien dans la lignée de ce qu'il a toujours aimé.





 
 
RIE "FORD-STARTIME" (1959-60)

 Alfred Hitchcock Incident at a corner titre




19) INCIDENT AU CARREFOUR

(INCIDENT AT THE CORNER)



19 Incident au carrefour Incident at the corner Hitchcock Star Time    Réalisé du 8 au 17/02/60 (couleurs), diffusé le 05/04/60 sur NBC (27ème épisode de la série sur 33, 1 saison).
    Scénario : Charlotte Armstrong (d'après sa nouvelle).
    Interprètes : Paul Hartman, Vera Miles, George Peppard.



Un vieil homme chargé de régler la circulation à un carrefour
se retrouve accusé de s'intéresser d'un peu trop près aux petites filles qui passent à sa portée. Ces faits occasionnent son licenciement mais sa petite fille et son fiancé sont bien décidés à prouver son innocence et à rétablir son honneur et mènent l'enquête. Ils réussiront à confondre le vrai coupable, il s'agissait en fait d'une sombre histoire de vengeance...




 
RIE "UNE HEURE AVEC ALFRED HITCHCOCK" (1962-65)

(THE ALFRED HITCHCOCK HOUR)

Alfred Hitchcock hour titre



20) J'AI TOUT VU

(I SAW THE WHOLE THING)

 

 
20 J ai tout vu I saw the whole thing Hitchcock Hour     Réalisé du 23 au 27/07/62, diffusé le 11/10/62 sur NBC (4ème épisode de la série sur 93, 3 saisons).
    Scénario : Henry Slesar (d'après une nouvelle de Henry Cecil).
    Interprètes : John Forsythe, Kent Smith, Evans Evans, John Fiedler, Philip Ober.


Une voiture renverse une moto et prend la fuite. Cinq témoins sont présents sur les lieux et le lendemain, un homme, écrivain et dont l'épouse est enceinte vient se constituer prisonnier. Après la mort du motocycliste, les choses se compliquent pour lui mais malgré tout il se défend tout seul. Les versions des témoins différent et pour finir le conducteur parvient à démontrer les incohérences et à prouver son innocence. Disculpé, il fait à un ami avocat une surprenante révélation...
Cet épisode est le dernier réalisé par Hitchcock pour la télévision.




 
 
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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 14:54

                                                                                                                           

  Hitchcock Coups de projecteur titre 2


Mise en lumière de certains points particulièrement intéressants et typiquement hitchcockiens.

 

 

          LES OISEAUX (1963) : L'ATTAQUE FINALE c'est pas du cinéma !        

 


fleche (10) Pour en savoir plus sur chacun de ces films : Les films qui ont fait sa légende (2ème partie).

 

 


1954
FENÊTRE SUR COUR tout est dans le décor. 

 
Pour construire le gigantesque décor de Fenêtre sur cour qui reconstitue un immeuble de Greenwich Village à New York, le statut de réalisateur reconnu d'Hitchcock a su convaincre Paramount de le suivre dans cette coûteuse aventure. Le plus grand plateau des studios a été utilisé mais n'a pas suffi pour implanter cet énorme décor de 56 mètres de long, 11,5 mètres de large, et 12 mètres de haut.
L'appartement de James Stewart étant censé se situer au 2ème étage, alors qu'en réalité il se trouvait au niveau du sol (voir croquis ci-dessous), il a fallu creuser une immense fosse sous les caves pour y loger la cour et l'immeuble d'en face afin de donner la profondeur et le décalage des étages inférieurs. Le trou était si profond qu'il a atteint la nappe phréatique, ce qui a généré des problèmes d'infiltration d'eau qu'il fallait pomper régulièrement.

Fenêtre sur cour croquis

L'immeuble qui se trouve en face de celui de Stewart comprend 30 appartements dont 12 entièrement meublés, on peut également voir un coin de rue sur la gauche ainsi que des gratte-ciel en arrière plan et bien sûr la cour.
L'action se situant de jour comme de nuit, il a fallu mobiliser tous les dispositifs d'éclairage disponibles aux studios : 1000 lampes à arc dont de nombreuses fixées sur un énorme portique, ainsi que 2000 autres lampes moins puissantes restituant les différentes atmosphères. Robert Burks le chef-opérateur a fait des merveilles pour restituer à la perfection la lumière qui évolue au fil des heures, que ce soit de jour, au crépuscule ou de nuit.

                                                                                                                                         

                    1954- Fenêtre sur cour décor (1)            1954-Fenêtre sur cour décor (2)

Le budget alloué en 1953 à la construction de ce décor phénoménal est de 100 000 $ (soit environ 635 000 € actuels tout de même !) mais cela a débouché sur un des films les plus aboutis d'Hitchcock, le scénario est sans faille et le rendu à l'écran irréprochable dans les moindres détails.
La décennie des années cinquante constitue le sommet de sa carrière et durant cette période son inventivité et son énergie étaient à leur maximum il a réalisé ses films les plus remarquables.
Malgré des critiques assez partagées lors de sa sortie, en raison notamment du côté "voyeur" qui était reproché au sujet du film, le succès s'est installé et les bénéfices ont finalement été conséquents, asseyant plus encore la réputation d'Hitchcock. Ce film est aujourd'hui l'un des plus connus et des plus appréciés de sa filmographie et après de nombreuses rediffusions, il fait toujours le bonheur de ses fans...

Plateau Fenêtre sur cour Hitchcock                                                   Cette photo donne une idée exacte de l'ampleur du décor de Fenêtre sur cour.
                                                   On peut voir notamment que l'appartement de Stewart se trouve effectivement au niveau du sol
                                                   (on l'aperçoit en bas à gauche dirigé par Hitchcock qui se trouve sous la caméra), alors que la cour
                                                   est en contrebas surplombée par l'immeuble de 4 étages avec rez-de-chaussée.
                                                   On peut également voir les énormes portiques soutenant les innombrables projecteurs.



                                                A voir absolument :

 

 

                                                                                                                         

 

Timelaps de Fenêtre sur cour par Jeff Desom

 





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1958

SUEURS FROIDES une tour imaginaire. 

 
Herbert Coleman, producteur associé du nouveau film d'Hitchcock : Sueurs froides, et qui a été chargé d'effectuer les repérages extérieurs, a su immédiatement en voyant la mission San Juan Bautista proche de San Francisco qu'elle correspondait exactement à ce que recherchait Hitchcock. Seul bémol de taille, la tour abritant le clocher avait été détruite et c'était un élément essentiel de l'histoire puisque la phobie du héros qui l’empêche de grimper l’escalier de cette tour conduit à la mort de celle qu’il aime. Ce n'était nullement le genre de problème qui pouvait faire renoncer Hitchcock lorsqu'il avait un projet en tête. Les contraintes techniques ne l'ont que très rarement fait reculer.

Pourtant à l'époque du tournage, en 1957, les images de synthèse qui nous paraissent si habituelles aujourd'hui n'existaient pas, bien évidemment et les effets spéciaux étaient réalisés de façon très artisanale. Il a donc fallu réaliser un cache peint représentant la tour vers laquelle Madeleine est irrésistiblement attirée, de façon à faire croire à l'écran lors des prises extérieures qu'elle existe bel et bien. C'est ainsi que, à vitesse normale, l'illusion est parfaite, comme on peut le voir sur l'image  .

 

                        

 

Pour le plan filmé de haut et dans lequel on voit Scottie sortir en courant après le "suicide" de Madeleine, il a fallu placer la caméra sur une plateforme située très en hauteur puis ajouter ensuite un cache représentant la tour   2 On peut voir que sur le même plan se mêlent le réel (Scottie et les bâtiments de la mission) et le virtuel (la tour).

Toutes les scènes se situant à l'intérieur de la tour ont été tournées en studio autour de l'escalier qui a été entièrement construit pour l'occasion.

L'effet de vertige si célèbre  3 et  4 a cependant posé pas mal de problèmes à Hitchcock. Afin de donner l'illusion du mouvement de l'escalier tel que le voit Scottie, le cinéaste souhaitait que la caméra fasse un rapide zoom avant combiné à un travelling arrière (brusque recul de la caméra). Après de nombreux essais, cela se révéla techniquement impossible compte tenu de la configuration.

 

 

Qu'à cela ne tienne, une maquette de l'escalier à l'échelle ½ a été construite mais cette fois posée horizontalement au sol  ce qui facilita grandement la manœuvre de la caméra.

 

 

Une fois encore, Hitchcock prouva que sa volonté permettait de vaincre les contraintes techniques. Sueurs froides est aujourd'hui reconnu par la majorité des critiques comme un des meilleurs films de l'Histoire du cinéma.

 

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1959
LA MORT AUX TROUSSES une attaque millimétrée par un avion fantôme.    

Presque aussi célèbre que la scène du meurtre sous la douche de Psychose(voir ci-dessous), l'attaque de Roger Thornhill par un avion sulfateur est un modèle de ce qu'Hitchcock a toujours aimé faire : nous emmener là où il a décidé, sans se soucier de la vraisemblance.
Car il faut bien reconnaître qu'il est difficilement envisageable et même pratiquement impossible de tuer un homme de cette façon et c'est chercher singulièrement la complication… il aurait été si simple d'envisager un guet-apens suivi d'un canardage en règle de Thornhill, mais alors qu'aurions nous perdu !
Hitchcock a justement souhaité prendre le contre-pied de ce qui se pratiquait habituellement pour ce type de scène.
En effet comme il l'a confié à François Truffaut dans ses entretiens, généralement lorsqu'un homme en danger attend sur un trottoir, la scène se passe de nuit, sous la pluie et juste à la lumière d'un réverbère ; une voiture noire arrive lentement dans une petite rue sombre et un passager tire des coups de feu sur la victime qui ne peut s'échapper. Rien de tout cela dans La Mort aux trousses puisque Thornhill se retrouve au bord d'une route en plein soleil, au milieu d'une immensité de champs déserts et en fait de voiture noire, se fait attaquer par un avion surgi de nulle part qui arrose de pesticide des champs sans culture. Il peut courir à toutes jambes et se réfugier dans un champs de maïs proche. Clin d'œil d'Hitchcock aux clichés du genre, avant cette attaque, une voiture noire passe lentement devant Thornhill, le faisant frémir à l'idée de se faire tirer dessus. Malgré sa longueur inhabituelle, on ne s'ennuie pas une seconde et cette scène légendaire est vraiment du Hitchcock pur jus, une trouvaille dont il avait le secret.



Le déroulé de la scène : Sur les indications d’Eve, Roger Thornhill est envoyé en plein désert à un mystérieux rendez-vous avec le fameux Georges Kaplan. Il est déposé par un bus au milieu de nulle part en plein soleil. Thornhill aperçoit dans le lointain un avion qui traite des récoltes. Deux voitures passent successivement sur la route et le font légèrement tressauter… Finalement une voiture dépose son passager à proximité. Les deux hommes sont face à face comme dans un duel et Thornhill prend la décision d’aller lui demander s’il est Kaplan. L’inconnu répond par la négative et alors qu’il monte dans son bus, il attire l’attention de son acolyte en lui précisant que curieusement l’avion traite des récoltes là où il n’y en a pas… A peine le bus a-t-il démarré que l’avion change brusquement de direction, se dirige vers Thornhill et très vite se met à piquer sur lui. Le pauvre homme se met à courir pour se protéger dans un champ de maïs proche mais se fait tirer dessus par le pilote de l’avion. Apercevant un camion citerne qui arrive, il court en sa direction et le force à s’arrêter mais manque de se faire rouler dessus. L’avion déséquilibré s’encastre dans la remorque du camion qui explose aussitôt. Thornhill peut s’extraire puis dans la confusion vole un pick-up et prend la fuite.



                                                                                                                                            (cliquez sur les images pour les agrandir)
La mort aux trousses attaque avion (1)La mort aux trousses attaque avion (2)La mort aux trousses attaque avion (3)La-mort-aux-trousses_attaque-avion--4-.jpg

Bien que durant presque 10 minutes et tournée sans musique et pratiquement sans dialogues, cette scène est un bijou de suspense et d’action.
Il y a bien eu quelques petits accrocs avec Cary Grant qui avait des prétentions de star et se plaignait de ne rien comprendre à la trame de l’histoire mais rien qui ne pouvait entacher la bonne marche de l’entreprise.
Malgré sa complexité et les nombreux angles de prise de vue, le tournage bien qu’effectué sous une chaleur accablante (40° à l’ombre), s'est déroulé sans problème et tout s'est enchaîné comme prévu. Hitchcock savait toujours exactement ce qu'il voulait et le soin avec lequel il préparait ses films n'est pas une légende. Tout était parfaitement clair dans son esprit et grâce à un gros travail de préparation en compagnie du scénariste Ernest Lehman, tout était prévu et planifié.

La mort aux trousses schéma scène avion

Une fois le lieu de l'action trouvé, la production a dû le louer, planter le champ de maïs puis une fois celui-ci poussé, louer l'avion et le pilote pour procéder au tournage.
Ce dernier s'est déroulé, pour certains plans, avec l’aide d’une grue sur laquelle était fixée la caméra mais une ville étant visible tout au fond, il a été nécessaire d'ajouter des caches après le tournage.
Les scènes avec l'avion était bien sûr tournées sans Cary Grant, les plans sur lesquels il se faisait poursuivre et tirer dessus étant tournés en studio après coup, avec des transparences projetées en arrière plan. Une doublure était utilisée lorsque c'était nécessaire, notamment lorsqu'il se retrouve sous le camion à la fin.
Malgré une longueur exceptionnelle et de nombreux temps morts, à aucun moment le spectateur ne s’ennuie, persuadé que tout peut basculer d‘une seconde à l’autre. Tout l’art du suspense est contenu dans cette scène mythique.

      
1959 La mort aux trousses tournage (2)        1959 La mort aux trousses tournage (1)      1959 La mort aux trousses tournage (3)
Plusieurs aspects de la fameuse scène de l'attaque de Roger Thornhill par l'avion sulfateur. A gauche, le tournage du survol de l'avion seul, au centre, Cary Grant en studio avec l'image de l'avion projetée en arrière plan sur un écran et à droite Alfred Hitchcock et Cary Grant discutent sous la chaleur pendant les prises en extérieur.



signalisation (1) Trop beau pour être vrai…
Comme on l'a vu, le tournage de cette scène s'est très bien passé et le calendrier a été respecté. Habituellement Hitchcock aimait travailler à partir de story-boards avec lesquels il pouvait avoir une idée exacte du rendu à l'écran en fonction de la position de la caméra. Mais le travail a été si rapide que le dessinateur n'a pas eu le temps de les réaliser et il a fallu procéder au tournage sans l'aide de ces dessins.
La production consciente que ces fameux story-boards faisaient, eux aussi, partie de la marque de fabrique du metteur en scène et participaient à la promotion du film, a décidé d'en commander après le tournage afin d'entretenir la légende. Pour peu qu'on les regarde avec attention, ils paraissent bien trop fidèles à la scène réellement tournée et exagérément détaillés pour n'être que de simples dessins de travail croqués à la hâte. On peut les comparer à de véritables dessins de production bien moins détaillés.


                                    La mort aux trousses story-board promo                          La mort aux trousses story-board





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1960
PSYCHOSE : LE MEURTRE SOUS LA DOUCHE de la haute couture. 

 
Dans l'inconscient collectif, le nom d'Hitchcock est très souvent indissociable de la scène du meurtre sous la douche de Psychose. Cette scène très marquante est une des plus célèbres du cinéma mondial.
Elle a tout d'abord fait l'objet d'un story-board très précis et détaillé, que l'on doit au dessinateur Saul Bass qui a également signé le générique.
Hitchcock en était très content et l'a respecté point par point comme on peut le constater en le mettant en parallèle avec la séquence réellement tournée.


                                                                                        (cliquez sur les images pour les agrandir)

Psychose storyboard                                                         

Le déroulé de la scène : après avoir pris conscience de son erreur, Marion décide de prendre une douche délassante avant la courte nuit précédant son retour. Soudain, une silhouette surgit dans son dos, écarte vivement le rideau de la douche et la poignarde avec violence sans qu'elle ait pu esquisser le moindre geste. Marion dans un geste désespéré semble vouloir s'accrocher au spectateur, elle entraîne le rideau dans sa chute, son sang s'écoule dans la bonde de la baignoire, son oeil se fige, Marion n'est plus...
                                                                                                                                    1960 Psychose meurtre douche (1)
1960 Psychose meurtre douche (2)1960 Psychose meurtre douche (3)

Le cinéaste a toutefois supprimé du story-board le plan final sur lequel Marion devait apparaître allongée sur le dos et les jambes écartées. Il l'a jugé trop indécent et impossible à faire accepter par la censure.
D'une durée totale d'un peu plus de deux minutes, cette scène a nécessité 78 plans de coupe et son tournage mobilisa l'équipe pendant 7 jours.
Une doublure remplaçait Janet Leigh chaque fois que c'était possible, généralement quand on ne voyait pas son visage. Les conditions de tournage étaient difficiles pour l'actrice qui, entre les répétitions et le tournage proprement dit, était sous l'eau une bonne partie de la journée.
Tout d'abord voulue par Hitchcock sans musique, cette scène ne devait comporter que le bruit de l'eau qui coule et les cris de Marion. C'était sans compter sur la détermination de Bernard Herrmann, le musicien attitré du réalisateur, qui a son insu a composé une partition tout spécialement et a demandé à Hitchcock de bien vouloir regarder la scène accompagnée de sa musique. Le cinéaste a convenu qu'effectivement celle-ci renforçait le caractère angoissant et collait parfaitement à l'action. On a du mal, aujourd'hui, à imaginer la violence de ce meurtre sans les violons stridents qui le rythment tellement cette musique nous est devenue familière et il faut bien reconnaître qu'Herrmann avait vu juste, l'association des deux est très convaincante.
Le rôle de "l'assassin" de Marion que l'on ne voit que dans l'obscurité n'a pas été tenu par Anthony Perkins mais par Margo Epper, une cascadeuse, qui faisait office de doublure.
Pour conclure, après bien des négociations douloureuses avec la censure, notamment au sujet de la nudité (le "code Hayes" était toujours applicable), et si cette scène a demandé pas mal de travail de préparation et de nombreuses contraintes de tournage, elle a finalement grandement contribué au succès du film et lui a permis d'entrer dans l'histoire du 7ème art. Chef d'œuvre de découpage (on peut apprécier le talent de George Tomasini) pour appuyer la violence suggérée plus que montrée, la soudaineté et le caractère complètement inattendu du meurtre avaient conquis Hitchcock et une fois encore il a fait mouche…

                 Psychose tournage Hitchcock Janet Leigh               Psychose story-board supprimé              Psychose tournage Hitchcock


signalisation (1) Petite énigme concernant la bande annonce de Psychose : de façon inexpliquée ce n'est pas Janet Leigh mais Vera Miles qui, dans cette bande annonce, tient le rôle de Marion poussant son cri d'angoisse sous la douche. Cette "substitution" n'a, à ma connaissance, jamais été éclaircie.
S'agit t'il simplement d'une facétie d'Hitchcock ou d'une volonté délibérée du cinéaste de brouiller les pistes ?
Si l'on s'en tient à l'esprit du réalisateur qui voulait par tous les moyens garder le secret sur le contenu du film, cette seconde solution semble crédible afin que les spectateurs qui avaient vu la bande annonce ne s'attendent pas à l'assassinat de Janet Leigh en la voyant entrer dans la douche. Cette hypothèse se justifierait par le fait qu'aucune relation ne peut être faite avec Vera Miles au moment du meurtre, le personnage de Leila qu'elle interprète n'apparaissant dans le film qu'après la mort de sa sœur Marion.


                                                                                                                                   
Psychose Vera Miles vs Janet Leigh



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1962
FRANÇOIS TRUFFAUT l'histoire des entretiens.   

L'équipe des "Cahiers du cinéma" la célèbre revue destinée aux cinéphiles, avec notamment François Truffaut, Claude Chabrol et André Bazin, a toujours apprécié et défendu le travail d'Hitchcock. Truffaut en chef de fil alors qu'il n'était pas encore réalisateur, admirait particulièrement le travail d'Hitchcock.
Alors qu'il était aux Etats-Unis pour la promotion de son film Jules et Jim, François Truffaut a été très étonné de voir à quel point Hitchcock était mal considéré par les critiques américains qui faisaient preuve d'une grande condescendance.
Il rencontrait pourtant un grand succès public, mais était seulement vu par ceux-ci comme un réalisateur commercial et était systématiquement sous-estimé et victime parfois de mauvaise foi.

Au début des années soixante, Truffaut a donc espéré rencontrer son cinéaste fétiche pour retracer chronologiquement sa carrière en vue d'en faire un livre qui sortirait conjointement en France et aux Etats-Unis et qui viserait à lui rendre justice.
Hitchcock accepta avec enthousiasme et ils ont donc convenu de se rencontrer du 13 au 18 août 1962 dans les bureaux d'Universal à Hollywood. A cette époque, Hitchcock terminait le montage de son film Les Oiseaux. Ils ont été secondés par Helen Scott, traductrice Américaine employée au French Film Office et amie de Truffaut, qui avait le double avantage de parler parfaitement les deux langues et de maîtriser les termes techniques du cinéma. C'était en effet une condition essentielle à une bonne compréhension mutuelle.

Durant une semaine les deux hommes ont donc conversé à bâton rompu reprenant un à un les films d'Hitchcock, la parfaite préparation réalisée par Truffaut ne laissant pas de place aux approximations. Il avait revu beaucoup de ses films et avait de plus travaillé et pris des notes sur chacun d'eux. Il avait déjà à cette époque réalisé quatre films et connaissait donc les techniques et contraintes de la préparation ou du tournage d'un film. Cela se ressent dans la pertinence et la justesse de ses questions ou de ses propos.
Une cinquantaine d'heures ont été enregistrées sur magnétophone, à charge ensuite pour Helen Scott de retranscrire le tout en neutralisant les "hors sujet" afin de permettre à Truffaut d'en faire un livre. Le travail fut plus long et fastidieux que prévu et le livre ne parut pas aussi rapidement qu'espéré. Intitulé "Le cinéma selon Hitchcock", la première édition n'est sortie qu'en octobre 1966 en France et en novembre 1967 aux U.S.A. Le succès public ne fut pas immédiat, en raison notamment d'un prix de vente élevé justifié par l'imposante iconographie réunie par Truffaut et figurant dans le livre.

                                   Truffaut Hitchcock                                        Truffaut Hitchcock Helen Scott

Après la mort d'Hitchcock, Truffaut a actualisé l'ouvrage en y analysant les derniers films du réalisateur, la nouvelle édition est sortie en 1983 sous le titre "Hitchcock-Truffaut, édition définitive"
mais est plus communément appelé le "Hitch-book", surnom qui résume parfaitement le livre.
Près de cinquante ans après sa sortie, il est devenu aujourd'hui un classique et sans doute le livre le plus célèbre sur le thème du cinéma.
L'ouvrage est passionnant de bout en bout, on devine en filigrane l'admiration qu'Hitchcock suscitait à Truffaut, malgré tout, ses questions sont toujours pertinentes et sa connaissance de l'univers cinématographique transparaît très souvent. On peut seulement regretter qu'Hitchcock avait la fâcheuse tendance à tirer la couverture à lui et à minimiser systématiquement le rôle de ses différents collaborateurs.

                        Hitchcock Truffaut edition originale 1                     Hitchcock Truffaut edition définitive                  Hitchcock Truffaut edition poche

Les bobines enregistrées ont été retrouvées dans les locaux de la société de production de Truffaut "Les films du Carrosse" il y a quelques années et on peut les écouter via de nombreux sites Internet.
François Truffaut, membre de "La nouvelle vague" qui a bousculé le cinéma français, a eu une carrière de réalisateur très honorable rencontrant la consécration avec son film Le Dernier métro qui a obtenu le césar du meilleur film de l'année 1980, lui-même étant sacré meilleur réalisateur.

 

Il nous a quittés prématurément à l'âge de 52 ans, le 21 octobre 1984 des suites d'une douloureuse maladie.

 

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1963
LES OISEAUX : L'ATTAQUE FINALE c'est pas du cinéma !  


 

Pour son 1er film, Tippi Hedren, actrice débutante repérée par Hitchcock dans une publicité télévisée ne se doutait pas des conditions de tournage qui l'attendaient pour la scène finale d'attaque des oiseaux.

Il lui avait été affirmé que cette scène serait réalisée avec des oiseaux mécaniques et était donc sans danger. Malheureusement, cela n'a pas été possible car le résultat n'était pas assez réaliste.

Au matin du début de tournage de cette scène clé, Hitchcock qui comme toujours a reculé devant un affrontement direct, a laissé le soin à l'un de ses assistants d'aller annoncer la nouvelle à Tippi.

Le cauchemar a commencé dès le début, l'actrice étant enfermée dans une sorte de grande cage dans laquelle se trouvaient de nombreux oiseaux, principalement des corbeaux et des mouettes qui étaient jetés sur elle par les techniciens sous le regard attentif de représentants de la cause animale.

Cette scène de 2 minutes à l'écran a nécessité 5 jours de tournage durant lesquels la pauvre Tippi a reçu un véritable bombardement d'oiseaux lui occasionnant un nombre considérable de coups de becs ou de griffes qui l'ont profondément meurtrie.

Pour les plans rapprochés, certains oiseaux étaient même retenus par un fil cousu à ses vêtements afin qu'ils ne puissent pas s'envoler.

L'un d'eux lui provoqua une blessure juste au-dessus de l'œil manquant de peu de lui causer une grave blessure.

Seul le holà des représentants de la SPA, qui jugeaient chaque soir lorsque les oiseaux étaient fatigués, mettait un terme à son calvaire.

A l'issue des 5 jours, Tippi était complétement exténuée et son corps lardé de plaies plus ou moins profondes.

Cary Grant de passage sur le plateau, loua son courage auprès d'Hitchcock.

Elle n'a aucun souvenir du week-end qui a suivi mais le lundi matin, alors qu'elle se trouvait dans sa loge prête à finir le tournage, elle a été retrouvée si profondément endormie qu'il a été impossible de la réveiller.

Elle a donc été raccompagnée chez elle et durant une semaine a été sous contrôle médical en raison de son épuisement physique et des conséquences psychologiques de ce tournage si traumatisant.

Une doublure a d'ailleurs dû être employée pour le tournage des dernières scènes, lorsque Mitch la porte dans les escaliers et que sa mère la soigne sur le canapé.

 

 

                                                                              

 

 

Le déroulé de la scène : alors qu tout le monde se repose au salon, Melanie, intriguée par un bruit venant de la chambre située à l'étage, s'y rend seule pour savoir ce qui s'y passe. Alors qu'elle ouvre la porte et pointe sa lampe torche, elle aperçoit un trou béant dans le toiture et un grand nombre d'oiseaux posés sur le lit. Apeurés par sa présence, ceux-ci l'attaquent et lui donnent de nombreux coups de bec et de griffes sur tout le corps. Ne pouvant lutter, Melanie s'effondre au sol mais la violence des oiseaux ne cesse de croître. Mitch vient à son secours mais Melanie, étendue inanimée au sol empêche l'ouverture de la porte. Ce n'est qu'après des efforts que Mitch, attaqué à son tour, parvient à l'extraire de la chambre et l'amène inconsciente au salon, suivi par sa mère qui va la soigner.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 14:53

  Hitchcock Coups de coeur titre

Zoom sur les personnes qui ont accompagné Hitchcock et qui ont influencé sa carrière.

 

 

 

 

 

BERNARD HERRMANN le compositeur sur mesure
 

Très longtemps, Hitchcock a cherché à s'attacher la collaboration d'un musicien à l'identité affirmée, une sorte d'alter ego capable de coller musicalement à ce qu'il montrait à l'écran.
Il avait voulu travailler une première fois avec Bernard Herrmann lors du tournage en 1944 de
La Maison du Docteur Edwardes mais le musicien était déjà pris par ailleurs et leur collaboration fut ajournée.
Herrmann avait une flatteuse réputation, malgré un caractère très difficile, il possédait une solide expérience de la musique de films et c'est tout naturellement que les deux hommes se sont finalement trouvés pour fonder ce qui allait devenir la collaboration la plus prolifique et la plus réussie de l'histoire du 7ème art.
Hitchcock l'a engagé en 1954 pour écrire la musique de Mais qui a tué Harry ? et Herrmann a ensuite composé la bande originale des 7 films suivants du cinéaste. Pour être tout à fait exact, Herrmann a été uniquement conseiller pour le son sur le film
Les Oiseaux qui ne contient pas de bande musicale mais uniquement des sons électroniques.
Bernard Herrmann a toujours su admirablement faire passer les émotions qu'Hitchcock voulait susciter en nous, que ce soit l'humour (
Mais qui a tué Harry ?), la peur (Psychose, Les Oiseaux) l'angoisse (Sueurs froides), le suspense (Le Faux coupable), l'action (La Mort aux trousses) ou les tourments (L'Homme qui en savait trop et Pas de printemps pour Marnie)…
Pour chacun de ces films, la musique fait partie intégrante de l'intrigue, douce ou saccadée, envoûtante ou hypnotique.
Hitchcock avait laissé carte blanche à Herrmann pour le remake de L'Homme qui en savait trop, libre à lui de composer un nouvel opus symphonique pour la scène se déroulant à l'Albert Hall. Le compositeur estima que la musique originale écrite par Arthur Benjamin était excellente et souhaita donc la garder, se contentant de la réorchestrer. Il interpréta son propre rôle à la tête de l'orchestre et on peut donc le voir diriger ses musiciens dans le film. Il avait vu juste car cette musique dont le coup de cymbales est au cœur de l'intrigue, colle admirablement au tempo crescendo de la scène.
Tout naturellement, Herrmann qui collaborait toujours avec Hitchcock, composa en 1966 la musique du film Le Rideau déchiré. Toutefois, Hitchcock affaibli par l'échec cuisant de son précédent film Pas de printemps pour Marnie, subissait la pression des producteurs qui exigeaient une musique collant plus à l'air du temps et portée par une chanson populaire qui favoriserait l'attrait des spectateurs. Ils estimaient qu'Herrmann était un peu dépassé et sa musique pas assez moderne pour espérer attirer un public plus jeune. C'est ainsi que lorsque le compositeur fit entendre la musique écrite tout spécialement pour ce nouveau film à Hitchcock, celui-ci se montra très déçu et le fit savoir à Herrmann, lui déclarant que sa musique n'était pas assez "pop" ! Herrmann très surpris rétorqua qu'il ne savait pas faire dans ce genre là et qu'Hitchcock le savait parfaitement après toutes ces années de collaboration. La musique fut refusée et les deux hommes restèrent fâchés jusqu'à la fin de leurs jours.
Triste fin pour une si brillante collaboration dont il convient de ne retenir que les bons côtés.
Une nouvelle musique a donc été écrite par John Addison, celle-ci n'était pas vraiment plus "pop" mais fut cette fois retenue. Elle n'empêcha pas le naufrage du film et ne resta pas dans les mémoires… l'honneur de Bernard Herrmann était sauf !

 

                                                          

 

 

 

 

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ALMA REVILLE l'indispensable Mme Hitchcock ! 

 
Il est indéniable que la carrière d'Alfred Hitchcock n'aurait pas été la même sans la présence assidue à ses côtés de son épouse Alma Reville.
Elle a toujours été sa première supportrice, son bras droit, son aiguillon… Aucun projet ne voyait le jour sans son approbation pleine et entière, c'était une chose impensable aux yeux d'Hitchcock.

Hitchcock et Alma RevilleElle a sans cesse œuvré dans l'ombre de son illustre mari mais son influence était bien réelle. Derrière sa frêle silhouette se cachait une femme discrète mais déterminée, connaissant parfaitement l'univers cinématographique et sûre de ses choix.

Alma Reville qui, sa vie durant a continué à se faire appeler ainsi est née le 14 août 1899, un jour après celui qui allait devenir son mari et ils se sont rencontrés en 1923 aux studios de la Famous Players-Lasky à Londres où elle travaillait comme monteuse alors qu'Alfred dessinait des intertitres de films muets avant de gravir les échelons jusqu'à devenir réalisateur.
Ils se sont mariés le 2 décembre 1926 et ont eu une fille unique, Patricia née le 7 juillet 1928.
Leurs centres d'intérêts à Hitch et Alma se rejoignaient sur bien des points et ils partageaient la même vision de l'art cinématographique.
Alma avait un regard critique mais juste et son intuition la trompait rarement.
Il était inconcevable pour Hitchcock de passer outre l'avis éclairé Hitchcock et Alma Reville (3)de son épouse et il savait qu'il pouvait se fier sans réserve à son opinion pour le choix d'un sujet ou d'un scénario. Malgré tout, elle savait rester à sa place et ne faisait pas preuve d'ingérence, notamment dans le domaine technique où le Maître excellait. Lorsque Hitchcock disait à un scénariste qu'Alma avait beaucoup aimé son travail, c'était une forme de reconnaissance suprême et l'aval sans réserve du projet.

Après avoir collaboré à une douzaine de films de son époux, au fil des années le rôle d'Alma s'est fait progressivement moins prépondérant. Au début des années 50, elle a pris du recul et en tout cas n'apparaissait plus officiellement au générique mais nul doute qu'en privé elle avait encore son mot à dire.
Hitchcock a d'ailleurs tenu à la mettre en lumière lors du "Life Achievement Award", hommage de l'American Film Institute qui lui était consacré en mars 1979. Il a déclaré son amour aux 4 personnes qui lui ont donné le plus d'affection, d'estime et d'encouragement. La première est une monteuse de films, la deuxième est une scénariste, la troisième est la mère de sa fille Pat et la quatrième est une remarquable cuisinière, leur nom est Alma Reville !
Quel plus bel hommage pouvait-il lui rendre devant tout le gratin d'Hollywood ?
Alma est décédée le 6 juillet 1982, 2 ans après son époux et on peut affirmer que sans elle la carrière d'Hitchcock n'aurait pas eu le même éclat.



Hitchcock et Alma Reville (5)                                                                 Alma et Hitch sur le tournage de son dernier film Complot de famille en 1975.
                                                                                     Elle aura été à ses côtés jusqu'aux derniers instants.



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GRACE KELLY jamais prénom ne fut si bien porté... Grace3




Grace Kelly

Elle était l'actrice préférée d'Hitchcock et on le comprend... Au delà de sa beauté lumineuse, il aimait la femme attentive aux autres, charmante et qui avait un réel talent de comédienne. Elle était dotée d'une grâce innée et son visage resplendissait à l'écran. Hitchcock ne s'est jamais vraiment remis de l'abandon prématuré de sa carrière d'actrice pour embrasser celle de Princesse et pendant très longtemps il a espéré son retour, en vain... Après le come-back avorté de Grace pour tenir le rôle de Marnie en 1963, il s'est rendu à l'évidence et a compris que plus jamais son actrice fétiche ne jouerait sous sa direction, à son grand regret.
Grace Kelly devenue Princesse Grace de Monaco nous a quittés tragiquement il y a 30 ans, le 14 septembre 1982 mais ne cesse de subjuguer les amoureux de sa fascinante beauté.

Alfred Hitchcock et Grace Kelly



  projecteur3 Voir sa carrière pour Hitchcock en détail dans la rubrique Les actrices essentielles.

 

 

 

 

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 15:27

                                                                                                                           

  Hitchcock Coups de griffes titre

 

                                                                 Petite revue des aspects moins glorieux ou plus sombres.



HITCHCOCK ET LES OSCARS  le mépris d'Hollywood. oscar2 

Si on se réfère à sa longue carrière, aux chefs d'œuvre qu'il a laissés à la postérité et à son immense succès public, il est difficile aujourd'hui d'imaginer qu'Alfred Hitchcock n'a jamais reçu la moindre récompense digne de ce nom.
Il n'a même, qu'à de très rares occasions, été nommé aux oscars dans la catégorie des meilleurs réalisateurs, reconnaissance ultime d'un metteur en scène aux Etats-Unis. Il faut dire que ses films ont toujours été considérés par ses pairs comme des œuvres mineures essentiellement commerciales. Avec notre regard d'aujourd'hui, il faut bien reconnaître que c'est totalement faux et il suffit de voir combien il est toujours un réalisateur étudié et imité pour s'en convaincre.
Hitchcock n'a jamais été reconnu par le microcosme hollywoodien en raison vraisemblablement de son grand succès dont il lui était fait rigueur et qui semblait incompatible avec un vrai talent de cinéaste. Sa mise sur la touche bien loin des flonflons de la grand'messe d'Hollywood n'a jamais ému personne dans la profession. Fort heureusement, sa perception en France était bien différente. Sous l'impulsion de la Nouvelle Vague, François Truffaut en tête, il était jugé à sa juste valeur et encensé le cas échéant (voir Coups de projecteur sur François Truffaut - histoire des entretiens).
Même s'il semblait prendre l'indifférence du milieu cinématographique américain avec un certain détachement, Hitchcock a sans doute regretté au fond de lui de ne pas avoir la reconnaissance qu'il était en droit d'attendre. Combien de réalisateurs bien moins chevronnés que lui ont été bien plus honorés ?
En tout et pour tout, en 50 ans de carrière dont 36 aux USA ponctués de 30 films, il n'a été en compétition que 5 fois pour l'Oscar du meilleur réalisateur et n'a bien entendu jamais été récompensé. Ses nominations étaient pour Rebecca (1940), Lifeboat (1944), La Maison du Dr Edwardes (1945), Fenêtre sur cour (1954) et Psychose (1960).
Si Rebecca a bien reçu un oscar, c'est celui du meilleur film et la statuette est donc revenue à David O. Selznick le producteur. Le meilleur réalisateur désigné cette année là a été John Ford pour Les Raisins de la colère.

                  Selznick Fontaine Hitchcock Anderson Rebecca oscar        oscar         Selznick Fontaine Hitchcock Rebecca oscar

D'autres de ses films ont bien sûr été nommés dans diverses Joan Fontaine Soupcons oscarcatégories, mais de façon limitée et récompensant essentiellement des aspects techniques ou artistiques n'ayant pas la même importance que les catégories principales. On peut juste relever l'Oscar de la meilleure actrice décerné à Joan Fontaine pour son rôle dans Soupçons en 1941.
Maigre bilan qui nous paraît bien mal représenter l'impact qu'Hitchcock a eu sur le cinéma mondial et tout ce que les réalisateurs des générations suivantes lui doivent.
Sur le plan international, la reconnaissance dans les grands festivals n'a pas non plus été à la hauteur de son talent. On notera juste 3 participations en compétition au Festival de Cannes pour Les Enchaînés, La Loi du silence et la deuxième version de L'Homme qui en savait trop ainsi qu'une participation au Festival de Venise pour La Main au collet sans le moindre succès.
Il est paradoxal de voir qu'il doit sa plus grande récompense, un Golden Globe en 1958, à sa série télévisée Alfred Hitchcock présente… Pour un homme à qui le cinéma doit tant, c'est un tantinet mesquin !
Les quelques distinctions honorifiques qu'il a reçues à la fin de sa vie et qui avaient surtout le goût d'un hommage pré-funèbre ne sauraient racheter le sentiment d'injustice qui, sur ce point, caractérise la carrière de cet immense cinéaste.



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LES ERREURS DANS LES FILMS D'HITCHCOCK  personne n'est parfait.

 

Le tournage d'un film demande beaucoup de rigueur car énormément de paramètres peuvent influer sur son rendu à l'écran. Aucun long métrage n'est sans défaut, y compris ceux tournés de nos jours et tous comportent des erreurs en nombre plus ou moins grand.
Certaines sont assez grossières, d'autres demandent un peu plus d'attention car elles sont plus difficilement décelables. Les films d'Hitchcock n'échappent pas à la règle comme le prouve cette petite sélection des erreurs parmi les plus intéressantes. Certaines rendent mieux à l'écran que sur une simple photo et d'autres ne peuvent pas être montrées autrement qu'en mouvement.

J'ai classé ces exemples en 3 catégories :

              1) les erreurs matérielles (un accessoire qui se trouve dans le champ, une lumière de projecteur qui se reflète…)
              2) les invraisemblances (des situations irréelles compte tenu des circonstances ou impossibles dans la réalité…)
              3) les erreurs de continuité (une position de l'acteur différente en fonction du plan, un décor qui varie…). Ce sont les plus fréquentes car beaucoup de situations demandent une grande attention pour que tous les plans soient parfaitement "raccords".





1) les erreurs matérielles




                                         Erreur film Hitchcock Meurtre       Erreur film Hitchcock Sueurs froides        Erreur film Hitchcock Psychose       Erreur film Hitchcock Marnie



   Meurtre (1930) : Que fait ce projecteur ou ce micro en plein dans le champ de la caméra lorsque Hitchcock fait son apparition (59e) ? Sans doute une erreur d'inattention.
 2  Sueurs froides (1958) : juste après la chute de Madeleine/Judy du haut de la tour à la toute fin du film, la religieuse sonne le tocsin et alors que la caméra se recule rapidement, on peut apercevoir l'ombre du caméraman se projeter furtivement sur le mur. Malgré ce que peut laisser croire l'image, il ne s'agit pas de l'ombre de la religieuse.
Enfin, la majorité des erreurs viennent du fait que les projecteurs peuvent se refléter sur un élément du décor comme dans 
   Psychose (24e) ou encore  - Pas de printemps pour Marnie (43e).





2) les invraisemblances




                                        Erreur film Hitchcock La maison du Dr Edwardes                  Erreur film Hitchcock Les Enchainés



 

  La Maison du Dr Edwardes (1945) : on voit très bien l'inscription "Library" sur la porte lorsque Constance Petersen entre dans la bibliothèque. Lorsqu'elle en sort (21e), elle n'y figure plus.
  Les Enchaînés (1946) : quand Alicia et Devlin sont dans la voiture poursuivis par un motard (8e), l'image projetée dans le rétro n'est pas inversée.


                          Erreur film Hitchcock Mais qui a tué Harry 1      Erreur film Hitchcock Mais qui a tué Harry 2                Erreur film Hitchcock La main au collet




 
 3  Mais qui a tué Harry ? (1955) : lorsque le Capitaine Wiles tire le cadavre d'Harry (7e), celui-ci ne peut avoir les bras collés au corps, ils devraient partir en arrière.
 4  Idem : lorsqu'il a fini d'enterrer Harry avec Sam (49e), qu'est donc devenue la terre en surplus ?
    La Main au collet (1955) : lors de la soirée organisée pour démasquer "Le chat", l'action se situant en France, l'inscription Bertani's figurant sur la camionnette (87e) est impropre puisque cette contraction indiquant le possessif existe en anglais mais pas en français.            




                                  Erreur film Hitchcock L'homme qui en savait trop                                  Erreur film Hitchcock Le faux coupable



 6  L'Homme qui en savait trop (1956) : lorsque Louis Bernard se fait poignarder, l'assassin lui plante le couteau au niveau de l'omoplate droite (28e). Quand il s'avance vers la place du marché, le couteau est planté au milieu du dos (voir aussi une erreur de continuité concernant cette scène).
 7  Le Faux coupable (1956) : quand Balestrero est incarcéré, le gardien lui demande de retirer sa cravate avant d'entrer dans la cellule, ce qu'il fait (41e). Lorsqu'il sort de la cellule le lendemain, il a sa cravate autour du cou.





      Erreur film Hitchcock Sueurs froides             Erreur film Hitchcock La mort aux trousses



 8  Sueurs froides (1958) : Scottie et Madeleine partent en voiture vers la mission (68e). Sur les plans pris de l'intérieur de la voiture, ils roulent à gauche, sur les plans aériens ils roulent à droite de la route.
 9  La Mort aux trousses (1959) : lorsque dans la cafétéria Eve menace Roger avec son revolver (101e), le garçon en arrière plan se bouche les oreilles avant que le coups de feu ne soit tiré.





 Erreur film Hitchcock Psychose                Erreur film Hitchcock Les oiseaux            Erreur film Hitchcock Le rideau déchiré



 10  Psychose (1960) : Marion vient de se faire assassiner dans sa douche. Comme elle est morte, ses pupilles devraient être dilatées. De plus, sur le plan plus large, on voit battre son pouls au niveau du cou.
 11  Les Oiseaux (1963) : dans toutes les scènes d'attaque des oiseaux, on ne voit pas leur ombre se projeter au sol malgré le soleil. Il s'agit en fait de plans incrustés au montage.
 12  Le Rideau déchiré (1966) : lorsque Armstrong et Sarah fuient en bus (88e), l'image en arrière plan est projetée à l'envers, ce qui est particulièrement visible sur toutes les enseignes dont l'écriture est inversée.


                                       Erreur film Hitchcock Le rideau déchiré 2                            Erreur film Hitchcock Frenzy



 13  Toujours dans Le Rideau déchiré : quand le bus se fait arrêter par les militaires (93e), on voit un de ceux-ci parler au chauffeur par la fenêtre avant mais elle ne peut pas s'ouvrir.
 14  Frenzy (1972) : le gardien de l'hôpital est retrouvé endormi mais les somnifères qui ont été mis dans son café sont toujours visibles dans la tasse (105e). N'ayant pas fondu, ils n'auraient pas dû agir.




3) les erreurs de continuité




               Erreur film Hitchcock Les 39 marches                       Erreur film Hitchcock Joies matrimoniales


 1  Les 39 marches (1935) : le professeur Jordan tient son revolver de la main gauche lorsqu'il parle à sa femme (43e), sur le plan de face, il le tient de la main droite.
 2  Joies matrimoniales (1941) : Ann lance une carafe pleine d'eau qui se brise contre le mur et on voit très bien celle-ci couler (84e). Sur le plan suivant, il n'y a plus aucune trace.


Erreur film Hitchcock La corde  Erreur film Hitchcock Le crime était presque parfait 2



 3  La Corde (1948) : Cadell ouvre le coffre où se trouve le cadavre. Sur le plan durant lequel il soulève le couvercle, on ne voit aucune trace sur le pansement qu'il a fait avec son mouchoir suite au coup de revolver (72e). Dans la seconde suivante, on voit très bien que le pansement est rouge.
 4  Le Crime était presque parfait (1954) : Tony décroche le cadre du mur pour le montrer à l'inspecteur (56e). On voit très bien ensuite qu'il n'est plus à sa place puisqu'il ne l'a pas raccroché. Il réapparait comme par magie peu après (59e)



                                   Erreur film Hitchcock Fenetre sur cour                                   Erreur film Hitchcock La main au collet



 5  Fenêtre sur cour (1954) : Lisa montre à Jeff ses affaires contenues dans une petite valise (67e) puis les bourre dans celle-ci sans les ranger. Lorsque Doyle arrive et regarde la valise (69e), on voit les chaussons parfaitement alignés sur le dessus.
 6  La Main au collet (1955) : Robbie marche avec l'inspecteur des assurances au marché. Une femme en robe rose les croise (24e), Robbie se retourne et voit les policiers puis la femme en rose les croise une deuxième fois.


Erreur film Hitchcock L'homme qui en savait trop 1

 7  L'Homme qui en savait trop (1956) : Les MacKenna sont assis dans le bus. Les places devant eux sont occupées par une femme en blanc et une autre avec un voile rose (3e). Lorsque le fils se lève, les sièges sont vides puis à nouveau occupés juste après.


             Erreur film Hitchcock L'homme qui en savait trop           Erreur film Hitchcock L'homme qui en savait trop 3


 8  Toujours dans L'Homme qui en savait trop (1956), Louis Bernard vient de se faire poignarder. Quand il essaie de retirer le couteau, on voit très bien qu'il a un pansement au pouce gauche (28e). Après s'être écroulé, quand il tend sa main gauche vers MacKenna, il n'a plus de pansement.
 9  MacKenna se rend chez Ambrose Chappell (58e). Lorsqu'il entre dans la rue, le trottoir est complétement dans l'ombre. Juste après quand il est suivi, il est en plein soleil.


Erreur film Hitchcock Sueurs froides         Erreur film Hitchcock La mort aux trousses 1b


 10  Sueurs froides (1958) : Scottie et Gavin discutent autour d'un verre (37e). Les glaçons que l'on voit parfaitement sur un plan ont disparu sur le plan suivant.
 11  La Mort aux trousses (1959) : 2 erreurs pour le prix d'une sur ce plan que l'on peut voir au début du film, lorsque Roger arrive au Plazza (4e). On peut remarquer tout d'abord que lorsque son taxi arrive, un autre taxi de couleur rouge se trouve derrière lui et le trottoir est désert. Lorsqu'il sort, le taxi derrière n'est plus le même (il est vert et crème) et le trottoir est rempli de passants.


                Erreur film Hitchcock La mort aux trousses              Erreur film Hitchcock Psychose




 12  Toujours dans  La Mort aux trousses , lorsque Townsend se fait assassiner (36e), Roger prend le couteau en tenant la lame vers le bas. Sur le plan suivant, il le tient différemment, la lame est orientée vers le haut.
 13   Psychose (1960) : le détective Arbogast se fait assassiner en haut des escaliers (77e). Lorsqu'il descend les marches en reculant, sa veste est fermée. Quand il s'écroule en bas, elle est grande ouverte.


                          Erreur film Hitchcock Les oiseaux 1                Erreur film Hitchcock Les oiseaux 2


 14    Les Oiseaux (1963) : Mélanie est dans le canot lorsqu'elle se fait attaquer par une mouette (24e). Elle pose sa main droite à plat sur son crâne à l'endroit où elle est blessée mais sur son gant, on voit que le sang se trouve au bout de son index et non au milieu du gant.
 15    Toujours dans Les Oiseaux, une mouette vient s'écraser contre la porte d'Annie (45e). Lorsqu'elle ouvre la porte, on voit une maison avec 2 fenêtres allumées en arrière plan, juste après cette maison a disparu.


              Erreur film Hitchcock Marnie 1          Erreur film Hitchcock Marnie 2



 16    Pas de printemps pour Marnie (1964) : Marnie et Mark sont assis à une table au champ de courses (35e). Ils ont chacun un verre posé devant eux. Sur le plan suivant, lorsqu'ils se lèvent, il n'y a plus de verre.
 17    Toujours dans Pas de printemps pour Marnie, Mark plonge dans la piscine en peignoir pour sauver Marnie (76e). Son peignoir est trempé quand il remonte. On voit furtivement, lorsqu'il soigne Marnie que seul le haut du peignoir est mouillé.




                          Erreur film Hitchcock L'étau                      Erreur film Hitchcock Frenzy


 18    L'Étau (1969) : Nordstrom donne l'enveloppe contenant l'argent à Devereaux (32e). Celui-ci la met dans la poche intérieure gauche de sa veste. Lorsqu'il la sort pour la donner au fleuriste espion (34'), elle est dans la poche droite.
 19    Frenzy (1972) : Le cadavre tombe du camion (81e). Il n'a pas la même position quand la voiture de police qui suit s'arrête devant lui.



Cette liste est bien sûr loin d'être complète, à titre d'exemple, j'ai dénombré une quarantaine d'erreurs dans La Mort aux trousses, il y en a notamment de nombreuses dans l'attaque de l'avion, et il est fort possible que certaines m'aient échappé.
Désormais lorsque vous regarderez un film d'Hitchcock, ouvrez bien les yeux, il en reste de nombreuses à découvrir.


Pour continuer, la page très intéressante d'un chasseur de gaffes : Cameos et gaffes des films d'Alfred Hitchcock.
 









 

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 14:55

 

 

 

 

 

 

 

Cette rubrique  n'a, comme son nom l'indique, qu'une durée limitée et sera régulièrement renouvelée.

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